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L’intervention communautaire au Chili

Les gens furent nombreux à participer au festival des arts de la rue, projet ultime de notre stage à Santiago.
Les gens furent nombreux à participer au festival des arts de la rue, projet ultime de notre stage à Santiago.

Par Elizabeth Dupont, étudiante au Certificat en coopération internationale

Me voici de retour sur les bancs de l’UQAC pour reprendre les cours au Certificat en intervention communautaire! Dans le dernier article de la session hiver 2015, je vous parlais de mon voyage au Chili dans le cadre du programme Québec Sans Frontières qui me donnerait l’opportunité de toucher l’intervention auprès des gens de la rue. Nous sommes parties avec l’organisme Tous les Enfants de l’Autre Monde (TEAM) basé à Mascouche.

Je peux vous assurer que cette expérience fut des plus intéressantes et enrichissantes sur les plans humain et professionnel.

Pour lancer cette session et comme cela est encore bien frais dans ma mémoire, j’ai le goût de vous partager un peu cette aventure qui a été riche en sensations fortes. Je souhaite sincèrement à tous de pouvoir vivre quelque chose de semblable un de ces jours.

Premièrement, il faut dire que nous avons eu de la chance, mes huit collègues stagiaires et moi, d’avoir un projet aussi diversifié. Notre projet de stage consistait à aider notre partenaire sur le terrain, CIDETS, à monter un festival des arts de la rue. Cet organisme communautaire chilien travaille avec les gens de la rue à travers divers volets d’interventions que nous avons tous pu expérimenter pendant notre séjour. L’organisme propose notamment une ressource d’hébergement, un programme de distribution de nourriture et effets de base dans la rue et un programme de rétention scolaire, d’accompagnement psychosocial et de réinsertion scolaire. Il était fort intéressant de pouvoir expérimenter le tout dans un contexte culturel différent, dans une ville où vivent 7 millions d’habitants!

J’ai pu faire beaucoup de parallèles entre mes cours en intervention communautaire, mon expérience dans le domaine au Québec et la réalité chilienne.

En plus de toucher à tous les secteurs de l’organisme qui embauche une soixantaine d’employés à travers ces nombreux volets, nous avons évidemment pu monter le projet qui nous amenait plus précisément là-bas.

Après avoir participé à l’élaboration d’ateliers artistiques en collaboration avec nos collègues chiliens, nous avons offert aux gens s’occupant de l’hébergement d’y participer pendant deux semaines. Ainsi, des gens de la rue de tous les âges ont pu prendre part à des sorties photo, des ateliers de peinture donnés par un homme de la rue, des ateliers de musique, des ateliers de sérigraphie, en plus de peindre une murale avec une équipe de muralistes professionnels. Ils ont même pu prendre part à un atelier d’écriture et de poésie que j’ai eu l’opportunité de mettre moi-même sur pied.

T.E.A.M. Elizabeth Dupont 2
Les gens de la rue étaient invités à participer lors de cette journée. Ici, une femme de la rue, Nora, récite un poème sur sa perception de la rue pendant qu’un artiste invité l’accompagne à la guitare.

Dois-je préciser que ces ateliers ont donné lieu à des échanges extraordinaires en plus de développer la confiance des gens marginalisés ? Plusieurs talents cachés ont été dévoilés pendant ces ateliers et nous avons pu en faire l’étalage lors du dernier jour de stage qui s’est traduit par un festival. Toutes les photos prises pendant les ateliers étaient affichées dans la cour de la ressource d’hébergement, les gens de la rue présents pouvaient participer à d’autres ateliers et un spectacle de talents de la rue était présenté. Cette journée extraordinaire a donné lieu encore une fois à des moments inoubliables. Une centaine de personnes de la rue visitées par  l’organisme se sont présentées pendant la journée du festival. C’était comme un miracle de voir autant de bonheur et de joie sur des visages meurtris par la rue.

Je l’écris ici et des frissons me parcourent le corps!

Je rentre donc de cette expérience avec un bagage très enrichissant et je suis très heureuse de retrouver mes collègues étudiants pour attaquer la nouvelle session qui s’annonce des plus stimulantes. Après une telle aventure, je pense que je pourrai faire encore d’autres parallèles.

Je pense que de pouvoir s’ouvrir ainsi sur le monde est une opportunité que personne ne devrait laisser passer!

Je vous souhaite une bonne rentrée !

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Voyage, voyage…

Paul K_imagePar Paul Kawczak, étudiant au Doctorat en lettres

Salut, salut,

C’est l’été. Question idiote : vous partez ? Moi, oui. En France ! Comme à chaque été depuis quatre ans… Non, je ne dis pas ça pour vous écœurer, mais pour vous parler des études à l’étranger. Je suis moi-même un étudiant international, et chaque année j’effectue mon retour au pays natal…

Au fait, juste comme ça, avez-vous lu le Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire ? Jetez-y un œil si la littérature française vous intéresse… D’ailleurs, Césaire a étudié loin de sa Martinique natale, à Paris, et il n’est pas forcément besoin de changer de pays pour changer de monde. Ce Cahier qui l’a rendu célèbre, il en a commencé la rédaction en Dalmatie, au bord de l’Adriatique où il pensait toujours à chez lui. L’espace géographique recoupe celui du cœur en littérature.

J’ai effectué une partie de ma maîtrise à Stockholm, et l’entièreté de mon doctorat – que j’achève – au Québec. J’ai étudié l’abbé Prévost en Suède, André Malraux au Canada… La littérature n’a pas de frontière, n’allez pas croire qu’elle peut vous bloquer ! Et puis, je ne regrette pas les cours de psycholinguistique et autres matières totalement inédites pour moi dont j’ai suivi un cours ici et là, hors de mon confort littéraire. Il existe de nombreux programmes d’échanges universitaires que je ne saurais vous détailler ici, tout ce que je peux dire c’est que ni mes notes ni mes travaux n’en ont pâti, que je ne m’y suis pas ruiné, et que les années d’études sont parmi les meilleures années pour voyager. Les voyages de jeunesse changent la vie, la réorientent et l’enrichissent ; que vous changiez de continent ou que vous alliez dans la province voisine, vous ne reviendrez pas la ou le même après un semestre ou deux, ou trois, ou quatre… ou plus !

Je vous épargnerai les clichés du quitter son pays pour mieux le comprendre, et aller à la rencontre de l’autre, tout ceci est tellement évident qu’il n’est plus tellement pertinent d’en parler… Chaque expérience de voyage est unique et telle sera la vôtre si vous faites le choix des études à l’étranger – et vous pouvez faire de très belles études sans quitter votre ville natale, là n’est pas la question. Ce que je voudrais vous dire, si vous faites ce choix, c’est: pensez à flâner, à perdre un peu temps et d’argent, à sortir, à rencontrer du monde, à donner une chance à beaucoup de choses et de gens, le bénéfice de votre voyage n’en sera que meilleur et il serait dommage de partir pour se retrouver enfermé entre les quatre murs d’une autre université. Césaire a commencé par rater le concours qu’il préparait à Paris, cela ne l’a pas empêché de réussir par la suite ! Je ne dis  toutefois pas de laisser tomber les études, mais plutôt de les laisser vivre, en soi et avec soi, loin de la maison, pendant un temps toujours trop court. Ailleurs la couleur des heures change, admirez-la avant qu’ailleurs ne devienne ici. Réussir ses études, c’est obtenir plus que des bonnes notes.

Bac, maîtrise, doctorat, il n’y a pas de  meilleurs moments que d’autres pour partir si l’envie vous en prend. Promettez-moi d’y penser et même de vous renseigner si l’idée vous passe par la tête…

 

Tourisme politique

Par Ariane Néron Lapointe, étudiante au Baccalauréat en science politique

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En janvier dernier, j’ai reçu une proposition pour le moins inusité de la part du Réseau Québec-Monde, http://reseauquebecmonde.org/fr/, organisme sans but lucratif qui se spécialise dans le tourisme politique : assister au référendum écossais à titre d’observatrice. L’occasion inouïe de prendre le pouls d’un évènement politique de plus en plus rare en démocratie : la volonté de se donner un pays, un État. Je me suis donc envolée vers le vieux continent, début septembre, dans une sorte d’« auberge espagnole », avec quarante-huit passionnés de politique, afin de vivre la période référendaire. Entre le Better Together et le Yes, les conférences avec les députés et les acteurs sociaux, les rassemblements partisans et la visite du parlement écossais, je me suis sentie écossaise durant ces trois semaines. D’Edinburgh à Kyle of Lochalsh, en passant par Stirling, Dornie et Sky, j’ai traversé ce magnifique pays sauvage et rencontré des gens exceptionnels – Écossais, Anglais, Français, Catalans, Gallois et Québécois –. Loin d’être militante, j’ai observé, discuté et compris. Compris la puissance d’un mouvement social où l’enjeu n’est pas de défendre un parti, mais bien un projet de société tendu vers le bien commun par les hommes et pour les hommes. Si ce sont les gens que l’on rencontre qui forgent ce que nous sommes, ces gens m’ont redonné foi en mes idéaux par leur dévouement envers leur projet de société.
Après l’effervescence d’un tel moment, le retour à la quotidienneté est lourd. L’instant référendaire, en mettant en place une solidarité entre les hommes, une solidarité que je parviens difficilement à trouver au Québec, m’a charmé. Il m’a montré le chemin vers une société qui choisit la lutte à la facilité, au statu quo. J’ai donc quitté cette Europe que j’aime à la fois triste et heureuse avec la force de terminer mon baccalauréat.
Puisque ce sont les grands évènements politiques qui forgent l’histoire des hommes, ma belle Écosse je te dis à la prochaine fois.

Ariane