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Henry Miller et les livres de sa vie

Henry MillerPar Jessica Lavoie, étudiante à la Maitrise en lettres

Aujourd’hui, j’ai choisi de vous parler d’une lecture que j’ai récemment faite et que j’ai adorée. Il s’agit de l’autobiographie Les livres de ma vie d’Henry Miller. Dans cet ouvrage publié en 1957, Miller aborde les lectures qui ont profondément marqué son existence.

Toutefois, avant de traiter des Livres de ma vie, permettez-moi de glisser quelques mots au sujet de l’auteur. Henry Miller est un écrivain américain né à New York en 1891 et décédé en Californie en 1980. Il grandit à Brooklyn au sein d’une famille modeste où la rue est son unique terrain de jeu et la lecture son principal plaisir. Au cours de sa vie, il publie de nombreux ouvrages dont la plupart sont des essais et des autobiographies. Certains, comme Tropique du Cancer (1934), Printemps noir (1936) et Tropique du Capricorne (1939), sont jugés obscènes dès leur parution. Tropique du Cancer déclenche à lui seul une série de procès dans l’Amérique puritaine de l’époque et ce n’est qu’en 1961 que l’interdiction de le publier est levée. En 1945, Miller publie Le Cauchemar climatisé, un texte dans lequel il critique le confort et la bourgeoisie américaine.
Bref, tout au long de sa carrière, l’écrivain américain a conservé une réputation d’auteur subversif. Il n’a jamais hésité à remettre les choses en question et à donner son opinion même si parfois elle s’opposait à la doxa. Miller est aussi reconnu pour s’être grandement inspiré de son vécu dans ses écrits (ses nombreux ouvrages à caractère autobiographique en témoignent).

Miller a 66 ans lorsqu’il écrit Les livres de ma vie, une autobiographie dans laquelle il traite des auteurs qui l’ont le plus influencé, c’est-à-dire D.H. Lawrence, Walt Whitman, Rimbaud, Céline, John Cowper Powys, Rider Haggard et Blaise Cendrars. Toutefois, le livre ne constitue en aucun cas un ouvrage de critique littéraire parce qu’il possède une dimension profondément subjective. En effet, Miller raconte une panoplie d’anecdotes et d’expériences personnelles en plus de rendre compte à plusieurs reprises de ses réflexions à propos de certains sujets. C’est d’ailleurs cette expression d’une subjectivité qui, selon moi, fait le charme de l’œuvre. Miller se livre modestement et sans artifice, utilisant comme toujours un langage familier, ce qui le rapproche inévitablement du lecteur. À bien y penser, l’autobiographie Les livres de ma vie ressemble à un long monologue. À la lecture, on croirait entendre Miller nous parler tellement les mots coulent naturellement et que le propos semble honnête.

Miller est, selon moi, un auteur qu’on ne peut contourner!

Bon printemps,

Jessica

La ferme des animaux de George Orwell : un livre à enseigner!

fermedesanimaux

Par Jessica Lavoie, étudiante au Baccalauréat en études littéraires françaises

 

« Tous les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que d’autres. »

Cette session-ci, je suis inscrite au cours Littérature jeunesse qui est principalement offert aux étudiants en études littéraires et en enseignement du français au secondaire. La semaine dernière, dans le cadre du cours, nous devions lire La ferme des animaux de George Orwell.
Ayant déjà lu l’œuvre pour mon propre plaisir à la fin du secondaire, je conservais un bon souvenir de cette lecture. Je me rappelais, grossièrement, que le roman raconte l’histoire de quelques animaux vivant à la Ferme du Manoir qui appartient à Mr. Jones, un homme alcoolique et négligent envers ses bêtes. Si bien, qu’un jour, celles-ci le chassent et prennent le pouvoir de la ferme afin d’améliorer leurs conditions de vie. Les animaux défendent alors deux idées principales : les humains sont des ennemis et tous les animaux sont égaux. Or, au cours du roman, les cochons adoptent progressivement une position supérieure aux autres animaux. Effectivement, assoiffés de pouvoir, Napoléon et son acolyte Brille-Babill, deviennent, ce qu’au départ, ils critiquaient chez les humains. De même, ils finissent par devenir amis avec ces derniers.

Lire ce roman une deuxième fois, cinq ans plus tard, m’a fait prendre conscience de toute la richesse du texte. Effectivement, ma compréhension du roman est complètement différente. Le bagage et les connaissances dont je dispose aujourd’hui m’ont permis de voir que La ferme des animaux est une métaphore de la situation politique de l’union soviétique au XXe siècle. Tous les animaux désignent des acteurs ou des groupes d’acteurs qui ont joué un rôle important dans ce contexte sociopolitique. Ainsi, Mr. Jones représente le Tsar Nicolas II, Napoléon n’est nul autre que Staline et les autres animaux constituent le peuple. La ferme est donc l’URSS elle-même. Également, les fermes voisines de celle des animaux représentent l’Allemagne et l’Angleterre. Comme Staline, Napoléon est en conflit avec leur dirigeant.

Bref, la métaphore de l’union soviétique traverse le texte en entier et, par le fait même, il y aurait encore énormément de choses à dire sur le sujet. Je m’arrête ici, car mon but est moins d’analyser l’œuvre que de montrer que La ferme des animaux est un texte très intéressant d’un point de vue pédagogique. En effet, il peut facilement être utilisé au secondaire grâce à son premier niveau de lecture présentant une société composée d’animaux. Aussi, il peut être étudié au cégep et à l’université d’après son deuxième degré de lecture (la ferme des animaux comme métaphore de l’URSS). Dans les deux cas, le roman permet de sensibiliser les jeunes aux différences de classes sociales, à la propagande et aux vices du pouvoir. La ferme des animaux se lie d’un trait, car l’écriture de George Orwell est à la fois simple, drôle et admirable. Pour toutes ces raisons, je vous invite à lire ce petit bijou et, si le cœur vous en dit, à l’enseigner.

Jessica

Suggestion de lecture pour l’été

Par Jessica Lavoie, étudiante au Baccalauréat en études littéraires françaises

« Le réel peut être encore plus riche et plus beau que l’imaginaire. » Yvon Rivard

En vue de l’été qui s’annonce, j’ai choisi de vous suggérer un livre québécois que j’adore et qui, j’en suis certaine, agrémentera vos vacances.

L’œuvre que je vous présente est Ciel mon mari de Mylène Bouchard, une auteure que j’apprécie beaucoup.

Tout d’abord, qui est Mylène Bouchard ?

Mylène Bouchard est née au Lac-Saint-Jean en 1978.  À l’âge de dix-neuf ans, « sur un coup de tête, [elle] achet[e] un billet d’avion pour un séjour de quatre mois en France[1] ». Ce sera pour elle le début d’un long voyage entre la France et plusieurs villes du Québec.  Effectivement, c’est seulement en 2005 qu’elle revient en région. L’année suivante, avec Simon Philippe Turcot, elle  fonde la maison d’édition La Peuplade. Celle-ci est principalement reconnue pour sa poésie, ses essais et ses fictions. Mylène Bouchard se fait d’abord connaître, en 2006, avec son roman Ma guerre sera avec toi. Trois ans plus tard, son deuxième roman La garçonnière connaît un succès éclatant. En avril 2013, elle publie Ciel mon mari, un ouvrage qu’elle décrit comme étant une collection de fictions. Mylène Bouchard poursuit actuellement des études supérieures à l’UQAC!

Pourquoi lire Ciel mon mari ?

Composé de vingt nouvelles, Ciel mon mari nous offre une perspective différente de la réalité. En effet, le recueil nous montre que toutes les histoires, même celles qui sont tristes ou banales, comportent leur lot de magie. Ainsi, le lecteur ne peut s’empêcher de sourire lorsqu’il croise la magie là où il ne croyait pas la trouver.

Ce qui est aussi admirable chez cette auteure est son style. Les phrases simples et concises de Mylène Bouchard sont peuplées d’images. L’écrivaine a une manière de raconter qui lui est propre. Elle réussit à dire beaucoup de choses en peu de mots, ce qui est une qualité exceptionnelle chez un auteur. D’ailleurs, elle maîtrise si bien la description, qu’on arrive à voir les lieux qu’elle décrit comme si on y était.

Il faut lire Ciel mon mari aussi pour voir l’habileté avec laquelle l’écrivaine manie différents genres comme la fiction, l’essai et le théâtre. Le recueil débute, par exemple, avec un essai sur l’écriture. De son côté, « Au Cadavre exquis » est une fiction construite comme un dialogue théâtral.

Bref, Ciel mon mari est un petit bijou qui vous émouvra tout en vous faisant sourire.

Sur une chaise longue au bord de la piscine, sur le sofa de votre salon, à la bibliothèque ou à la plage tous les endroits sont bons pour savourer Ciel mon mari.

Alors bonne lecture!

Jessica

Pour plus d’informations concernant Mylène Bouchard ou la maison d’édition La Peuplade : http://lapeuplade.com


[1] BOUCHARD, Mylène (2012, 30 novembre), « Le bénévolat pour les nuls », Mauvaise herbe, [En ligne], <http://www.mauvaiseherbe.ca/2012/11/30/le-benevolat-pour-les-nuls/> , page consultée le 16 avril 2014.