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Quoi conseiller à de futurs stagiaires en enseignement?

stagePar Suzie Tardif, étudiante à la Maitrise en éducation

Demain, dans le cadre du cours « Introduction au programme et à la recherche » du Baccalauréat en éducation préscolaire et en enseignement primaire, je devrai présenter mes principaux conseils aux étudiants qui débuteront un stage en janvier prochain. J’ai envie de vous partager certains d’entre eux:

  • Établir un premier contact avec les élèves avant le début des stages

Je crois qu’il importe de réaliser une première activité avec ses futurs élèves, ne serait-ce que pour être plus à l’aise avec eux et avec son futur milieu de stage. Plusieurs activités peuvent être réalisées.

Voir l’article « Qui est cette nouvelle stagiaire? »

  • Se donner le droit à l’erreur

À ce propos, je me souviendrai toujours des dires de mon premier enseignant associé. Celui-ci m’avait dit, avec la plus grande des sagesses, que durant mes stages « j’avais le droit de me planter ». Il avait raison.

En effet, les stages permettent inévitablement d’apprendre à travers les réussites vécues, mais aussi à travers ses erreurs. L’idée, c’est de ne pas commettre la même erreur 10 fois (rires). Par contre, je suis d’avis qu’un stagiaire ne doit pas être trop exigeant envers lui-même.  Apprendre est un processus qui se peaufine tout au long de notre vie, alors on a le temps! Ce qui est gagnant, c’est de réagir professionnellement devant ses erreurs.

  • Être à l’aise avec la critique

Dans le même ordre d’idées, il faut être à l’aise avec la critique. Si l’erreur nous permet d’apprendre, la critique le permet tout autant.  Je ne dis pas qu’il ne faut pas défendre son point de vue ou son intention à travers telle ou telle approche, je dis simplement qu’il faut être ouvert à la critique parce que critiques constructives il y aura.

  • Apprendre rapidement le prénom des élèves

En fait, lorsque je remplace, je comprends à quel point ce truc est pertinent. Le fait de demander à l’élève au chandail mauve de s’asseoir est beaucoup moins efficace que de dire « Sophie, je te demande de t’asseoir ». Apprendre rapidement le prénom des élèves enrichit également, selon moi, la relation avec ces derniers.

Je me souviendrai toujours d’un élève plus timide qui était très surpris que je l’appelle par son prénom:

– «QUOI, tu sais déjà mon nom Mme Suzie? »

– « Si tu connais mon prénom je ne vois pas pourquoi je ne connaitrais pas le tien »,  lui avais-je répondu. 🙂

  • Mettre à tout moment sa touche personnelle

À mon avis, il est toujours possible de mettre sa touche personnelle dans la classe. Ce peut être grâce aux activités proposées, mais aussi dans sa manière d’enseigner, dans les approches pédagogiques privilégiées ou même dans sa gestion de classe. M. Crochet en est un bon exemple.

Voir l’article « La trousse de suppléance de madame Suzie »

  • Proposer ses services

Dans l’école, il est toujours possible de proposer ses services. Si vous avez un talent particulier, vous pouvez animer des ateliers parascolaires. Vous pouvez aussi faire du bénévolat ou  faire de l’aide aux devoirs. Toute activité avec les jeunes est pertinente. Vous pouvez rencontrer de nouveaux élèves et développer vos stratégies d’enseignement  (ex. : techniques de gestion de classe).

  • Donner signe de vie

Finalement, je crois qu’il importe de revoir ses élèves après un stage. En effet, de belles relations se développent et il est triste que celles-ci ne soient pas  entretenues. Assurez-vous donc de retourner voir vos élèves. Pour ma part, je suis allée, après mon premier stage, aider mon enseignant associé lors des examens de fin d’année. Dernièrement, j’ai aussi écrit une lettre à mes élèves belges pour leur donner quelques nouvelles. Selon mon enseignante associée, ces derniers étaient particulièrement contents de recevoir cette lettre parce qu’ils avaient peur que je les ai oubliés.

Et bien non, je ne les oublierai pas. Ils ont, tout comme les autres élèves de mes stages, fait partie de mon cheminement universitaire, fait partie de ma vie.

Ce ne sont évidemment que quelques conseils.

J’espère qu’ils vous aideront.

En voici un tout dernier:  amusez-vous!

Quatre semaines intenses, diversifiées et marquantes à Jonquière

Par Sebastian Kluth, étudiant au Baccalauréat en enseignement au secondaire — profil univers social

Vers la fin du trimestre d’automne, j’avais passé un stage de quatre semaines en lien avec le programme de mon baccalauréat en enseignement secondaire dans le profil de l’univers social, qui contient un peu l’amalgame des sciences humaines à  L’àéole secondaire Kénogami à  Jonquière. Il s’agissait de mon deuxième stage, le premier étant uniquement un stage de huit jours d’observation qui a été fait à  l’à‰cole secondaire Charles-Gravel à  Chicoutimi. Comme vous voyez, j’ai essayé de voir deux écoles et même deux commissions scolaires différentes et j’aimerais en voir encore plus dans le futur. Les deux stages étaient très enrichissants et motivants pour ma part, mais il faut aussi dire que j’ai connu certains élèves qui ont décidé de lâcher leurs études suite à  ce deuxième stage décisif, vu qu’ils avaient des problèmes à  faire de la gestion en classe ou à  être confrontés à  des élèves trop apathique ou troublants pour eux. Moi, j’ai pourtant réalisé que je me sens bien à  l’aise devant une classe et que le travail de l’enseignant est probablement le métier idéal pour moi, ce qui m’a énormément stabilisé.

Je donnais des cours de Monde contemporain, qui est assez récent. Selon moi, il unit un peu toutes les sciences humaines telles que l’économie ou la géographie et a une touche politique qui concerne surtout l’actualité. Le but est de socialiser et politiser les jeunes et de les confronter à  des idéologies des nations différentes qui deviennent de plus en plus importantes dans un monde globalisé, dans une époque de mondialisation o๠tous les états sont liés entre eux et interdépendants. Durant mon stage, j’ai notamment parlé de l’environnement avec mes élèves et comment les différents pays et càŽtés politiques estiment et finalement réagissent envers des problématiques ou événements actuels comme la marée noire dans le Golfe de Mexique, la Conférence de Cancun de 2010 sur le climat ou l’exploitation des sables bitumineux en Alberta. Le but était en premier lieu d’amener les élèves à  saisir la complexité du monde actuel et à  s’ouvrir à  la diversité des sociétés qui le composent avant de les amener à  développer leur sens critique dans l’étude de problèmes et d’enjeux du monde contemporain afin d’atteindre en fin de compte la préparation de la participation des élèves en tant que citoyens instruits et responsables à  la délibération sociale.

Après deux jours d’observation, j’ai déjà  donnée mes premiers cours au cinquième secondaire à  un total de six classes différentes, trois du programme régulier et trois du programme d’études internationales. Je réalisais vite que je faisais face à  des élèves brillants et gentils qui m’acceptaient comme j’étais et que je pouvais motiver à  participer en classe. Je savais d’autant plus apprécier mes élèves vu que j’avais fréquenté des classes troublantes lors de ma propre carrière scolaire et vu que j’avais toujours été un élève qui aimait discuter jusqu’à  l’épuisement de certains enseignants.

J’ai essayé de diversifier mes cours le plus possible pour ne pas juste être un autre stagiaire ennuyant comme j’en avais connu tant moi-même à  l’école secondaire. Je faisais des présentations Powerpoint en interagissant avec les élèves, en me promenant beaucoup en classe pour chercher le contact direct avec les élèves. Je préparais des extraits de films avec des questionnaires pour offrir une approche visuelle du sujet aux élèves. Je choisissais des chansons qui parlaient de nos problématiques traitées en discutant avec les élèves de la perception et l’influence des artistes sur certains phénomènes du monde contemporain. J’organisais également des travaux d’équipe avec des volets de recherche, d’écriture et de présentation orale. Durant toutes ces activités, je travaillais très proche de mon enseignant associé, qui avait des bons conseils pour moi et des informations pertinentes sur nos élèves. On discutait, on se conseillait, on s’échangeait, on riait et on s’améliorait à  travers ces quatre semaines. Je trouve que nous avions une bonne coopération et communication fructifiante qui était à  la base du succès de mon stage, à  part de ma motivation de base. J’avais également une conseillère de stage qui m’observait deux fois durant un de mes cours et qui organisait également trois séminaires où les différents stagiaires pouvaient s’échanger sur leurs expériences pendant deux heures. Des rapports de stage et une grande synthèse étaient à  remettre durant ces quatre semaines chargées, mais très impressionnantes.

Le stage ne s’arrêtait point à  l’enseignement. J’avais des examens, des grilles de visionnement et des travaux écrits de plusieurs pages à  corriger. Je m’intégrais le plus possible dans mon école en participant aux réunions entre les enseignants, lors des réunions avec les parents et j’allais même aux activités parascolaires comme une soirée de concerts au sein de l’école qu’un de mes élèves avait aidé à  organiser. J’appelais les parents des élèves qui avaient manqué mes cours et entendait souvent des anecdotes et problématiques intéressantes que j’essayais de résoudre. En plus de cela, je donnais une fois par semaine un cours d’allemand et un cours de russe sur l’heure du midi et il y avait quand-même un bon nombre d’élèves qui s’est intéressé pour mes petits cours supplémentaires. J’ai ainsi pu transmettre mes connaissances, ma passion et ma culture à  d’autres personnes qui ont su apprécier cette implication dans laquelle j’ai aimé investir beaucoup d’énergie.

Si j’avais une force particulière à  part d’être intéressant pour mes élèves et de maîtriser de différentes approches pédagogiques et le contenu de mes cours, c’était bien l’interaction sociale. Durant mon stage je faisais face à  des élèves en échec qui étaient peu motivés à  travailler, à  un élève qui pleurait dans mon cours tellement elle avait passé une mauvaise journée ou à  un élève qui était touché ou blessé par un commentaire imprudent d’un coéquipier et à  chaque fois, je cherchais le contact avec les élèves, les consolait, motivait ou essayais d’éveiller leur orgueil et leur motivation. Il était pour moi une agréable surprise de voir qu’il y avait notamment deux élèves dans un de mes groupes qui avaient joué avec leurs cellulaires et briquets durant un examen et remis une feuille quasi vierge à  mon enseignant associé durant ma première journée d’observation et qui semblaient peu motivés qui ont réalisé de beaux progrès durant mon stage, activement participé au cours et bien travaillé. Ce même groupe d’élèves m’a remis une feuille avec leurs noms et un beau texte en me remerciant pour mon implication, ma patience et mes façons d’enseigner à  la fin de mon stage. Ce genre d’événements m’a vraiment touché et démontré que je me sens à  ma place dans l’enseignement et que les enseignants peuvent vraiment avoir un impact important sur leurs élèves. C’est cela qui rend ce métier si intéressant : les réseaux sociaux et le fait que l’on peut former et changer le monde et aider à  réaliser des rêves.

Et lorsque je quittais mon école après mes quatre semaines de stage, je m’ennuyais déjà  de cette expérience enrichissante et j’attends avec impatience la prochaine étape en espérant de croiser un jour de nouveau le chemin de ceux et celles que j’avais connu durant mon stage.