Archives pour l'étiquette Sept-àŽles

Les différents acteurs à  l’école secondaire et l’importance de la collaboration

Par Sebastian Kluth, étudiant au Baccalauréat en enseignement au secondaire — profil univers social

Après avoir parlé de mon arrivée à  Sept-Ύles, de mes six groupes et de la valeur de la conséquence en enseignement, la dernière partie de ma série d’articles concernant mon stage en troisième secondaire en histoire et éducation à  la citoyenneté à  Sept-àŽles sera dédiée à  la diversité enrichissante du métier ou de la vocation de l’enseignement au Québec.

En ce qui concerne maintenant ce qui s’est passé en dehors de l’enseignement en classe, j’ai préparé des cours chargés en exercices diversifiés en me servant par exemple de différents manuels, du cahier d’activités, de cartes géographiques, d’extraits de documentaires, de présentations de diapositives, de travaux individuels et en équipe, de recherches guidés ou de cours magistraux. Ces préparations demandaient beaucoup de concertations avec mon enseignants associé, beaucoup de lectures de manuels historiques et pédagogiques et beaucoup de recherches à  la maison afin d’offrir des situations d’enseignement-apprentissage diversifiées aux élèves.

Une autre grande tâche était celle de la collaboration avec l’équipe-école, par exemple lors de rencontres durant des journées pédagogiques pour discuter des manuels scolaires avec un représentant de la maison d’édition, en planifiant et donnant des cours d’allemand sur l’heure du midi à  une quinzaine d’élève avec une enseignante en sciences naturelles ou en suivant tout simplement des petites formations ou en s’échangeant sur de différentes situations en classe.

à€ part des confrères et des consœurs de travail, il fallait travailler de concert avec les intervenantes sociales de l’école pour intervenir adéquatement envers des élèves qui avaient posé un mauvais geste en classe et qui allaient avoir des conséquences diverses. Même des discussions avec des directeurs adjoints ou encore les concierges pouvaient être très enrichissantes dans certaines situations. J’ai tenté de connaître le plus de personnes possibles afin de m’intégrer le plus rapidement et afin de me renseigner sur toutes les ressources humaines et matérielles.

Sinon, la collaboration avec les parents était une tâche très diversifiée qui demandait une très bonne préparation, beaucoup de patience et l’établissement subtil d’un climat de respect mutuel face à  diverses situations lors des appels à  la maison pour différentes raisons. Souvent, il fallait être très concentré, diplomatique et structuré pour convaincre les parents d’une intervention faite en classe tout en restant poli, mais décidé et ferme.

Tous ces exemples dont je pourrais encore parler pendant des heures démontrent la diversité de la tâche d’enseignement au Québec de nos jours. Il s’agit d’un métier qui est en développement perpétuel et dans lequel il faut toujours continuer à  se mettre en question, à  essayer de nouvelles approches académiques, pédagogiques et techniques et à  créer des liens forts avec un entourage complexe qui se modifie profondément à  chaque année. C’est un métier dynamique et passionnant, mais il demande beaucoup d’énergie et de persévérance. Sans la collaboration essentielle avec les différents acteurs qui gravitent autour de l’école, la réussite de mon stage n’aurait pas été possible.

Après tout, j’ai pu approfondir beaucoup de théories apprises à  l’université et apprendre beaucoup de nouvelles formules pédagogiques, de styles de gestion et d’interventions en classe et d’approches différentes envers une clientèle très diversifiée et très différente durant ces cinq semaines et demie, tout en réalisant une autre fois que la réalité de l’enseignement ne se vit pas que durant les stages. Le fait de passer ce stage dans une région périphérique pittoresque et dans un milieu plus difficile était excessivement enrichissant. Je pense que j’ai pu créer des liens profonds au niveau personnel et professionnel avec mon enseignant associé, avec ma conseillère de stage, avec une partie de l’équipe-école et après tout aussi avec un certain nombre d’élèves. J’ai eu beaucoup de plaisir d’être en classe avec tous mes groupes attachants et différents qui m’ont posé beaucoup de défis que j’ai su relever avec beaucoup d’acharnement.

Je ne peux que conseiller à  tous ceux et celles qui auront des stages en enseignement à  faire, d’en réaliser au moins un en dehors de leur région natale et d’avoir le courage de voir plus loin que leur propre horizon. J’ai l’impression que j’ai une idée beaucoup plus complexe et également complète des réalités de l’enseignement suite à  ce stage. Je pourrais également bien m’imaginer d’enseigner dans des régions différentes au lieu d’être limité à  une seule place. J’ai hâte de voir où mon chemin m’amènera et ce stage m’a inspiré beaucoup de réflexions critiques, mais aussi de confiance et d’ouverture d’esprit. En quittant la ville de Sept-àŽles par autobus, il y a maintenant presque un mois, j’ai su que j’étais tombé en amour avec la région et que mon stage n’avait sûrement pas été ma dernière occasion d’y faire un tour.

Les diverses facettes de l’enseignement au secondaire

Par Sebastian Kluth, étudiant au Baccalauréat en enseignement au secondaire — profil univers social

Durant mon stage à  Sept-IŽles, j’avais six groupes très diversifiés et donc un total de près de cent-quatre-vingt élèves. Chaque groupe était très différent, allant de groupes très autonomes et performants à  des groupes composés d’élèves qui avaient doublé à  plusieurs reprises et qui vivaient des situations d’échec. Il y avait des groupes composés majoritairement d’élèves venant d’une couche sociale aisée et stable, mais aussi des groupes qui étaient davantage composés par des élèves dont les parents étaient divorcés et moins aisés. D’un côté, il y avait des groupes dans lesquels les parents s’impliquaient énormément et où les élèves assistaient régulièrement aux cours et faisaient leurs devoirs avec soin, mais dans d’autres groupes, des problèmes tels que le décrochage scolaire, la consommation de drogues ou même la criminalité étaient à  l’ordre du jour.

C’était un beau défi de motiver ceux et celles qui éprouvaient des difficultés et d’offrir un enseignement de qualité équitable à  chaque élève. Ce qui était essentiel lors de ce stage était de se faire juger par ses gestes et non par ses mots. J’ai appris que la valeur de la conséquence est à  la base de la crédibilité, de l’équité et du respect entre les élèves et l’enseignant. Cette formule mène au plus grand nombre de réussites. Le fait d’être conséquent m’a demandé beaucoup d’implication que ce soient des discussions avec des élèves en dehors du cadre des cours, des conséquences et des appels à  la maison pour des élèves démontrant des comportements fautifs ou des mesures allant jusqu’à  la rédaction d’un rapport afin d’envoyer un élève à  la relance, tout en faisant un suivi de ses actions.

La mise à  jour d’un dépôt rempli de devoirs, d’examens et d’exercices à  évaluer, de dossiers pour documenter les différentes formes d’interventions faites en classe et leurs suivis concrets et d’un agenda avec des informations précises sur le déroulement et la planification précise de chaque cours étaient des outils essentiels afin d’être prêt pour toutes sortes d’événements. Afin de garantir un déroulement fluide de mon cours, il fallait organiser une panoplie de choses avant le début de chaque cours. Il fallait vérifier si les différents outils techniques tels que les rétroprojecteurs étaient en place et fonctionnaient, il fallait imprimer les fiches d’exercices pour chaque groupe avant le début du cours et les placer directement sur les coins de bureaux avant l’arrivée des élèves et il fallait noter les devoirs à  remettre et à  faire sur un tableau avant l’entrée des jeunes sans oublier d’accueillir les élèves à  temps avec un bonjour cordial. Chaque minute du cours était utilisée de façon efficace en classe et les élèves étaient assis au son de la cloche du début de la période et ne se levaient de leurs places qu’avec le son de la cloche à  la toute fin du cours. Des tâches routinières telles que la mise à  jour des devoirs remis ou des feuilles d’absence se faisaient par moi-même et uniquement lorsque les élèves étaient occupées lors de travaux individuels ou en équipe pour ne pas faire perdre un temps précieux au groupe. Si les élèves éprouvaient des difficultés ou avaient des questions de tout genre, ces interventions passaient en premier et il fallait donc souvent prendre le temps de faire ces tâches routinières après le cours. Grâce à  ce stage, je suis moi-même devenu plus organisé, polyvalent et structuré dans ma vie de tous les jours.

En route pour la découverte d’une nature splendide, d’un milieu intrigant et d’un stage enrichissant

Par Sebastian Kluth, étudiant au Baccalauréat en enseignement au secondaire — profil univers social

Suite à  mon trimestre intensif en cours, en découvertes et en émotions, j’ai fini ma troisième année universitaire avec un stage de consolidation des compétences en enseignement au secondaire de cinq semaines et demi. Après deux stages très enrichissants à  l’école Charles-Gravel à  Chicoutimi et à  l’école secondaire Kénogami à  Jonquière, j’ai pris la décision de passer mon troisième stage en un milieu et en une région différente. J’ai fait le choix de donner des cours d’histoire et d’éducation à  la citoyenneté à  six groupes de troisième secondaire à  l’école Jean-du-Nord à  Sept-àŽles. Cet article est le premier d’une série de contributions qui suivront sur ce blogue dans les semaines à  venir et qui parleront de ce que j’ai vécu durant cette période courte, mais très intense de ma vie.

Entre le 25 mars et le 3 mai 2012, j’ai été en colocation avec une jeune enseignante de la Basse-Côte-Nord qui avait fait un Baccalauréat en enseignement préscolaire et primaire et un jeune pilote d’avion de la ville de Québec dans la banlieue du chef-lieu de la région administrative de la Côte-Nord. J’ai pu découvrir les diverses facettes de cette belle ville en découvrant des endroits plus industriels tels que le Parc Ferland, mais aussi des régions plutôt touristiques telles que les plages Ferguson, Routhier, Lévesque et Monaghan. J’ai fait la découverte du vaste port de Sept-àŽles dans le sud autant que du secteur du Lac Daigle dans le nord qui offrait un beau panorama sur la ville. Durant mon séjour, j’ai eu la chance de traduire le texte d’un guide touristique sur la ville de Sept-àŽles de la langue française à  la langue allemande ce qui m’a aidé à  savoir davantage sur mon nouveau milieu de vie.

Lors de mon arrivée dans la région avec un ami, j’ai également pu découvrir des petits villages pittoresques tels que Ragueneau et j’ai eu la chance de voir la belle ville de Baie-Comeau pendant deux jours. Ces deux villes principales de la région sont d’ailleurs assez complémentaires et ont chacune leur charme particulier. Mon chemin de retour s’est fait en autobus et m’a permis de voir beaucoup d’autres beaux endroits de la région comme Godbout ou Baie-Trinité. Ce sont souvent des villages et petites villes très calmes, proches du fleuve Saint-Laurent et de l’océan d’un càŽté et près des grandes forêts et collines de l’autre. L’économie locale est dominée par l’industrie minière, mais aussi encore par des activités traditionnelles telles que la pêche et la chasse ou encore les activités en lien avec les gigantesques barrages hydroélectriques de la région.

Arrêt à  Ragueneau entre Chicoutimi et Sept-àŽles
Arrêt à  Ragueneau entre Chicoutimi et Sept-àŽles

 

Au centre-ville de Baie-Comeau
Une petite tempête hivernale au centre-ville de Baie-Comeau

 

Arrivée à  Sept-àŽles
Devant mon nouvel appartement de Sept-àŽles

D’un autre côté, je n’ai pas eu beaucoup de temps pour voyager lors de mon stage qui était très demandant, mais une des expériences les plus enrichissantes que j’ai vécue dans ma vie. La relation avec mon enseignant associé était vraiment excellente et la base de ce stage couronné de succès. Nous avons par exemple planifié des cours ensemble, discuté des besoins des différents groupes et de certains élèves éprouvant des difficultés particulières et organisé des examens et leurs corrections. Toutes ces tâches demandaient beaucoup de rencontres en dehors des heures de cours et même durant les fins de semaine, surtout au début lorsque j’apprenais les bases essentielles sur la gestion de classe de mon enseignant associé, sur les règles et conduites de l’école et sur les différents outils pédagogiques qui pouvaient être utilisés en classe. Il ne m’a pourtant pas seulement donné des conseils utiles pour la profession, mais j’ai appris beaucoup de choses qui me serviront dans ma vie de tous les jours aussi.

Ensuite, il y avait également une conseillère de stage qui est venue m’évaluer à  deux reprises directement à  Sept-àŽles et avec qui mon enseignant associé et moi étions en échange régulier. Elle était le deuxième pilier essentiel qui m’a permis de progresser vers une amélioration de mes compétences menant à  une réussite de mon stage. Je lui ai envoyé une panoplie de rapports réflexifs, d’évaluations de mes douze compétences et de canevas pour la planification de mes cours au courant de vingt-cinq jours de ma prise en charge de l’enseignement. Des rencontres importantes au début et à  la fin de mon stage se sont d’ailleurs également déroulées avec elle. Elle a réussi à  me mettre au défi en m’inspirant à  me dépasser et d’aller toujours plus loin avec des conseils très constructifs en lien avec chacune des douze compétences professionnelles proposées par le Ministère de l’à‰ducation, du Loisir et du Sport dans le Programme de formation de l’école québécoise.