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Étape deux : faire une maîtrise en lettres

Image Jessica1_A15Par Jessica Lavoie, étudiante à la Maitrise en lettres

Qu’est-ce que la maîtrise en lettres?

Cet automne constitue le début d’une nouvelle aventure pour moi! Effectivement, ce trimestre, je commence une maîtrise en lettres. Généralement d’une durée de deux ans (six sessions), la maîtrise en lettres, qui fait partie des études de cycle supérieur, est une opportunité qui s’offre à l’étudiant ayant terminé son baccalauréat en littérature (ou dans un domaine connexe) avec une moyenne cumulative d’au moins 3,2/4,3.

Il existe trois types de maîtrise dans le domaine des lettres (45 crédits) : le mémoire, le mémoire de création et l’essai. Dans cet article, je m’attarderai davantage au mémoire, car c’est l’option que j’ai choisie pour la maîtrise. Toutefois, si vous désirez de l’information concernant les deux autres types de maîtrise en lettres, vous n’avez qu’à cliquer ici. Comme les deux autres possibilités, le mémoire compte 15 crédits qui se divisent entre trois séminaires, l’activité Lectures fondamentales et le Dépôt de sujet (ces 15 crédits sont habituellement obtenus dans la première année de la maîtrise, c’est-à-dire de l’automne à la fin du trimestre d’été). De cette manière, l’étudiant peut, dans la deuxième année, se consacrer entièrement à la rédaction de son mémoire qui constitue un travail analytique élaboré sur un sujet spécifique. Le mémoire compte, quant à lui, pour 30 crédits.

Un mémoire en lettres pour quoi faire?

Je crois que la maîtrise en lettres n’est que le prolongement logique du baccalauréat en études littéraires françaises. En effet, durant les trois années que dure le baccalauréat, on nous enseigne divers corpus et divers siècles, mais aussi de nombreuses théories à appliquer aux textes de manière à les approfondir et à mieux les saisir. Le baccalauréat se veut donc un survol de la littérature, des principaux théoriciens et des différentes manières d’analyser un texte dont le but est de nous permettre d’établir nos préférences et, de là, de nous inspirer assez pour susciter en nous un désir d’entreprendre un projet de recherche sur un sujet. Faire une maîtrise est donc une manière d’aller plus loin, d’approfondir un sujet qui nous motive et nous passionne. C’est une façon d’apporter une contribution, petite certes, mais hautement significative au domaine de la recherche en littérature.

Que ferons-nous si à la maîtrise (ou après), le désir d’aller au fond des choses se manifeste et que la volonté d’apporter quelque chose de nouveau au domaine littéraire nous tenaille?

Le doctorat, bien sûr!

Bon trimestre,
Jessica

Étudier les Lettres

DSC_0185.image PaulPar Paul Kawczak, étudiant au Doctorat en lettres

Bonjour qui me lit !

Pour ce second billet de doctorant en lettres, j’ai envie de parler de ce que c’est pour moi d’étudier la littérature.

Pour commencer, il n’existe pas de définition de ce qu’est la littérature ! Il en existe plusieurs, chacune limitée, toutes complémentaires même si, parfois, contradictoires. Dîtes-vous qu’en physique quantique une particule n’acquiert ses propriétés qu’au moment de son observation. Une œuvre inconnue ou oubliée fait en quelque sorte de même, puis son statut évolue au fil des développements de la pensée critique. La bonne nouvelle, c’est que la littérature touche à l’indicible, à ce qui fait vibrer nos chairs et frémir nos peaux, à la pudeur que l’on réserve à nos proches. Tout ceci est le ciment invisible des Lettres. On ne se le dit pas, mais c’est précisément de ça que l’on parle.

Un autre point, c’est que nous sommes des lecteurs. Devenir lecteur prend du temps, je ne conseillerai jamais assez de lire, lire et lire encore. Ce n’est pas parce qu’une lecture relève du domaine de la critique universitaire – le nôtre – qu’elle se situe loin du cœur. Les idées ont leur vie, elles peuvent fonctionner comme des boîtes utiles dans lesquelles on range des choses bien plus étranges, des sentiments, des intuitions, des sensations. Goûter la démesure de Balzac, c’est savoir la place que prend sa théorie de l’énergie dans le contexte de la société post-révolutionnaire, mais c’est aussi goûter toute la force, la fébrilité et l’émotion des aspirations et des rêves de ses personnages. On ne peut être réceptif à toutes les idées et les sentiments de la littérature, certains nous touchent bien sûr plus que d’autres. Il faut toutefois prendre garde à ne pas se jeter à corps perdu dans le goût et le sentiment, une démarche universitaire devra toujours le contextualiser, le circonscrire, le problématiser. La sensibilité, en études littéraires, est l’équivalent de la combustion dans un moteur à explosion, elle ne sert à rien si elle n’est pas canalisée !

« Mais pour quel but ? À quoi tout cela sert-il ? » Nous demande-t-on souvent. La réponse est simple selon moi : pour comprendre l’être humain. Remarquez que personne ne dit à un étudiant en science politique « À quoi sert d’étudier la politique ? ». Toute société humaine implique une vie politique, il est essentiel pour bien agir d’étudier ce phénomène. Il en va de même pour la littérature : il n’existe aucune société sans littérature écrite ou orale. Il est essentiel pour agir collectivement au mieux d’étudier ce phénomène. En un mot : quelle est l’utilité d’un acte ou d’une chose pour qui ne se connaît pas ?

Ne pas oublier, donc, selon moi, que la littérature est vivante. Les grands noms, comme les petits, étaient, comme nous, jetés dans le monde, un peu perplexes. Les études littéraires ne visent ni à les défier ni à donner une cohérence a posteriori à leur œuvre et vie, mais à en comprendre la dynamique, les forces, les erreurs, les incertitudes… Ne pas oublier que la littérature, c’est aussi des éditeurs, des imprimeurs, des professeurs, des étudiants, etc…

Un jour un professeur nous a expliqué la différence entre une chose compliquée et une chose complexe : une chose compliquée est comme un nœud inextricable dont on démêle mal les différentes couches et intrications de fils, quelque chose que l’on saisit mal. Une chose complexe est complexe du fait qu’elle met en jeu plusieurs éléments organisés selon certaines relations. Toutefois chaque élément, et chaque relation sont identifiables et deviennent relativement simples pour celui qui prend le temps de comprendre. J’ai pensé depuis, qu’un bon étudiant devait être complexe, mais jamais compliqué.

Voilà pour aujourd’hui. Rien de ce que j’ai écrit là n’est particulièrement vrai ou particulièrement faux, à vous de voir !

Libre comme l’Art

IMG_0523Par Gaetan Reine, étudiant au Baccalauréat interdisciplinaire en arts

L’Art est un voyage accessible à tous…

Le titre de cet article rejoint bien la philosophie du Baccalauréat interdisciplinaire en arts. Je dois avouer que je me reconnais bien dans ce titre également. C’était ma rentrée il n’y a pas si longtemps et progressivement,  je découvre le vaste terrain d’explorations artistiques qui est proposé par l’UQAC.

Un terrain de jeu, de travaux, de réflexions, de lâcher prise. Un laboratoire sans formules à appliquer, c’est aux étudiants de trouver la leur. Bien sûr, on nous rappelle suffisamment que les références et l’histoire sont des bases importantes, alors on ouvre les oreilles puis les yeux et on s’instruit avant de passer à l’action. Nous sommes accompagnés pour ça par des pédagogues et techniciens passionnés et passionnants.

Certains d’entres-nous ont suivis des cours en arts au Cégep, d’autres non. Certains ont déjà commencé à explorer une, voir plusieurs disciplines artistiques avant de commencer ce bac, d’autres non. Certains ont passé un, voir plusieurs certificats avant, puis d’autres…non. Vous aurez compris, la diversité des parcours de chacun contribue aussi à l’enrichissement personnel que l’on trouve dans ce programme interdisciplinaire.

Chacun de mes cours est rempli de curieux comme moi.  Je sens bien que les têtes fument, se remplissent d’imagination. Certains doivent, comme moi mourir d’impatience de passer à l’action dans les cours plus  théoriques et se remplir d’excitation dans les cours les plus pratiques. Je ne me sens pas seul. J’ai rejoint une communauté d’explorateurs…C’est cool.

Dans ce trimestre il va falloir se concentrer, s’exprimer, se dépasser, se retrouver avec soi-même, lâcher prise. Aussi, partager des travaux en groupe, fédérer… Bref, je vis ce programme intensément et me sens libre comme l’Art.

Gaetan