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Projet de correspondance québéco-belge

Par Suzie Tardif, étudiante à la Maîtrise en éducation

Cette semaine, je commencerai un projet de correspondance scolaire québéco-belge dans la classe d’une compagne enseignante. Notre objectif est de proposer à nos élèves québécois d’échanger avec des élèves de leur âge, mais qui habitent à Liège, en Belgique. J’ai la chance de pouvoir vivre ce projet puisque mon amie enseigne dans la classe liégeoise ciblée.

Description du projet

Un nouveau thème sera proposé aux élèves tous les deux mois (ex. : l’école, les traditions, la cuisine, etc.). Les jeunes seront invités à vivre des activités variées en lien avec ce thème (ex. : rédiger une lettre, réaliser une vidéo, faire une recette, etc.).

Premier thème : l’environnement scolaire

Cette semaine, j’animerai une première activité sur l’environnement scolaire. Je rédigerai, avec l’aide des élèves, une lettre leur permettant de parler de toutes les indications et informations concernant leur environnement scolaire (ex. : description de l’école, de l’horaire, des congés, etc.).

La semaine prochaine, je réaliserai une vidéo avec les élèves dans laquelle ils devront nommer des articles scolaires et les installations de leur classe. J’imagine déjà leurs réactions : « Pourquoi nous demandes-tu de présenter notre étui à crayons, Madame Suzie? » Et bien, ils le comprendront assez rapidement quand leurs correspondants liégeois réaliseront la même activité et que leur « étui à crayons » sera appelé un « plumier » ou que leur « sac à dos » sera en fait une « mallette » pour les belges.

Ces premières activités visent à conscientiser les élèves sur les différences, aussi simples soient-elles, qui existent entre leur classe et celle de leurs correspondants. Au fil du temps, ils seront amenés à vivre des activités plus complexes qui leur permettront d’en apprendre davantage sur la Belgique, mais aussi sur le Québec.

À suivre…

Être un modèle de lectrice

connaissance des livres

Au cours de mon baccalauréat en éducation préscolaire et en enseignement primaire, certaines stratégies proposées par mes professeurs ont grandement influencé ma gestion de classe. Dans le cadre de mon cours Exploitation de la littérature jeunesse, je me souviens notamment avoir reçu le conseil suivant : Lors de la période de lecture, profitez-en pour lire également. Vous serez dès lors un modèle de lecteurs pour les jeunes.

En plus d’être très agréable, je découvre, avec les années, que cette stratégie est fort efficace pour la gestion d’une classe. En effet, lorsque je remplace, je m’assure de lire, tout comme les élèves, durant la période de lecture matinale obligatoire. Je prends donc toujours soin d’apporter un livre de la maison ou je demande à un élève de m’en prêter un (à ce moment, j’ai au minimum 10 élèves qui lèvent leur main pour me proposer leur coup de cœur).

Souvent, lorsque je lis, les jeunes me demandent:

-« Mais qu’est-ce que tu fais Mme Suzie? »

-« Je lis… tout comme vous » s’avère être la réponse idéale pour les faire sourire.

Je suis très heureuse de découvrir que cette attitude a, la majorité du temps, l’effet désiré. En effet, en me voyant lire, les enfants se préparent plus rapidement à faire de même. Lorsque certains viennent me voir pour me montrer leurs devoirs ou pour me parler de leur soirée, je leur demande poliment de revenir une fois la période de lecture terminée. Il s’agit dès lors d’un premier moment de calme dans la classe durant lequel je peux déjà estimer quelle sera l’ambiance de ma journée. Si certains jeunes parlent, je leur explique qu’ils me dérangent pendant ma lecture. À coup sûr (ou presque), je peux par la suite continuer paisiblement à lire.

Cette intervention me rappelle l’influence de l’enseignant sur les jeunes. Agissant comme un modèle, ce dernier se doit, selon moi, de valoriser cette période de lecture obligatoire pour réaliser le même exercice que celui demandé aux élèves : lire pour le plaisir. C’est ainsi que les jeunes comprennent davantage les bienfaits et le bonheur associés à la lecture quotidienne.

Travailler la fluidité avec les élèves

Par Suzie Tardif, étudiante au Baccalauréat en éducation préscolaire et enseignement au primaire

Bien que cet aspect important de la lecture soit moins connu, la fluidité doit être prise en compte lorsque les enfants lisent (Stickland, Ganskee, Monroe, 2009). Il importe de travailler la fluidité et la compréhension en lecture de façon simultanée.

En fait, un élève peut lire de façon saccadée, mais comprendre parfaitement son texte (expérience vécue). à€ ce moment, des activités sur la fluidité sont de mise. Par contre, un élève peut lire de façon saccadée et ne pas comprendre ses lectures. Dans ce cas, il faut également travailler les stratégies de compréhension en lecture. Lyne Legault, professeure à  l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, explique dans son article «Pour développer la fluidité» dans la revue Vivre le primaire qu’un lecteur dit débutant s’attarde cognitivement au déchiffrage des mots et le tout laisse peu de place à  la compréhension (Automne 2012, p.22).

Dans cet article, je parlerai uniquement de la fluidité. En fait, qu’est-ce que la fluidité ? Harris et Hodges (1995) définissent la fluidité comme étant «l’absence de problèmes dans la reconnaissance des mots qui pourraient nuire à  la compréhension pendant la lecture en silence ou à  l’expression des idées pendant la lecture orale.» La reconnaissance orthographique est exigée pour qu’une lecture soit dite fluide, mais  également «un usage approprié du phrasé, de l’intonation, de l’accent tonique et des pauses.» (Stickland, Ganskee, Monroe, 2009) Il faut donc que l’élève, lorsqu’il lit, soit expressif, prenne les pauses aux bons moments, varie l’intonation de sa voix et regroupe les mots «pour former des phrases intelligibles.» (Stickland, Ganskee, Monroe, 2009) Deux composantes de la fluidité sont observables et mesurables : la précision de la lecture du mot et la vitesse de lecture (Legault, 2012, p.22). Certains auteurs tels Boyer considèrent qu’il est plus efficace de se concentrer sur la précision de la lecture qu’à  la vitesse. Je crois également que cette composante est plus importante. Par contre, si un enseignant désire travailler la rapidité en lecture d’un élève, il doit lui proposer des textes qui sont adaptés à  son niveau de lecture. Pour qu’il puisse lire de plus en plus vite, l’élève doit être en mesure de reconnaître environ 90% des mots du texte qui lui est proposé (Legault, 2012, p.23).

Néanmoins, je persite à  croire que l’enseignant, lorsqu’il lit, doit agir comme modèle en ce qui a trait à  la fluidité en lecture. En effet, il doit être expressif et exposer plusieurs façons de faciliter la compréhension d’un texte à  l’aide de stratégies verbales fluides. De cette façon, ses élèves pourront s’y référer lorsqu’ils liront.

Certaines activités peuvent travailler la fluidité, lesquelles sont :
  • La relecture et le graphique de la fluidité

(voir article «le graphique de la fluidité» à  ce propos)

  • La lecture à  l’unisson

Tous les élèves lisent un texte en même temps. Madame Legault explique que cette activité est intéressante pour l’élève qui lit moins de 45 mots à  la minute puisque les autres élèves lui offrent un modèle de lecture par groupes de mots. En plus d’entendre une lecture fluide, l’élève participe à  l’activité sans avoir peur de faire des erreurs (Stickland, Ganskee, Monroe, 2009). Les textes de poésie sont dits intéressants pour cette activité. L’enseignant lit une première fois le texte à  voix haute, invite peu à  peu les élèves à  lire avec lui jusqu’au moment o๠il laisse ses élèves lire seuls le texte (Stickland, Ganskee, Monroe, 2009).

  •   La lecture théâtrale

Les élèves aiment bien faire du théâtre et le tout permet de découvrir leur personnalité. Alors pourquoi ne pas travailler également la fluidité? En fait, tout ce qui est demandé aux élèves, c’est de lire de petites scènes en équipe devant la classe de façon expressive, de façon théâtrale. Par contre, il importe que les élèves puissent se pratiquer avant de laisser place au théâtre! En relisant souvent son texte, l’élève qui a des difficultés peut se familiariser avec son texte, reconnaître davantage les mots qu’il devra lire devant la classe et se concentrer sur la façon dont il peut lire son texte de façon originale, de façon théâtrale (Stickland, Ganskee, Monroe, 2009).

  • Les histoires enregistrées

«L’élève écoute un enregistrement audio d’une histoire et lit, simultanément, cette histoire à  voix haute.» Cette activité est intéressante et permet également d’exploiter la littérature jeunesse. Certains livres de Dominique Demers sont offerts avec un CD et pourraient efficacement être exploités dans cette activité.

Pour plus d’informations sur cette activité, vous pouvez consulter ce document fort intéressant :

http://www1.sites.fse.ulaval.ca/fichiers/site_indisse/documents/fluidite.pdf

  •  Le transparent

J’ai utilisé cette technique avec une petite fille l’an passé et les résultats avaient été étonnants. Je déposais un transparent sur un texte qu’elle devait lire. Avant de débuter sa lecture, je lui demandais d’entourer tous les mots qu’elle reconnaissait facilement, les mots qu’elle avait déjà  pris en photo dans sa tête. Une fois que c’était fait, je lui demandais de lire le texte. Elle m’expliquait que c’était facile de lire après parce qu’elle «avait déjà  lu les mots avant».

  •  Le partage de la lecture

Cette activité est davantage utilisée lorsque l’enseignant est seul avec l’enfant. En fait, il suffit de partager la lecture (ex. : un élève lit une phrase, l’enseignant en lit une autre). De cette façon, l’enseignant agit comme un modèle de lecteur. Cette activité pourrait également avoir lieu entre un élève qui lit habillement et un élève qui doit travailler sa fluidité. L’an passé, je lisais toujours un chapitre d’un roman avec la jeune fille que je rencontrais. Je lisais une page et elle lisait l’autre. Je lisais toujours avec beaucoup d’intonation et il était intéressant de voir qu’elle essayait de faire la même chose lorsque son tour venait. Elle aimait cette technique parce qu’elle me disait qu’elle avait une petite pause (rires). Je voyais que la lecture lui demandait un gros effort cognitif et je voulais qu’elle apprécie la lecture, alors j’avais pensé à  cette petite technique.

Parce qu’en fait, je crois que ce qui importe, c’est qu’un élève, qu’il lise de façon fluide ou non, aime lire. S’il aime lire, il aura envie de faire des activités de lecture, qu’elles abordent la fluidité ou les inférences. L’élève qui aime lire aura envie de s’améliorer et de faire des activités de lecture, non ?

Et vous, avez-vous des activités pour travailler la fluidité ?

Références :

Boyer, C. (2009). Les dérives de la surlecture, disponible en ligne : www.editionsdelapprentissage.com

Harris, T.L. et Hodges, R. E. (1995). The literacy dictionnary :The vocabulary of reading and writing. Newark, DE: international Reading Association.

Legault, L. (2012) «Pour développer la fluidité», Vivre le primaire, Volume 25, numéro 4, Pp. 22-23.

Source de l’image: Service national du Rà‰CIT à   l’éducation préscolaire http://recitpresco.qc.ca/

Stickland, D.S. ; Ganskee, K. et Monroe, J. (2009). Les difficultés en lecture et en écriture. Montréal : Chenelière.

Université Laval : http://www1.sites.fse.ulaval.ca/fichiers/site_indisse/documents/fluidite.pdf