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Le Salon Zig Zag : un événement déterminant!

Kiosque Zig Zag
Par Jessica Lavoie, étudiante au Baccalauréat en études littéraires françaises

Les 16 et 17 octobre derniers se tenait au Pavillon sportif de l’UQAC, la sixième édition du Salon Zig Zag, je fais mon chemin! Cet événement, qui met l’élève au centre du processus d’orientation, présente les différents programmes offerts au  Saguenay/Lac Saint-Jean. Durant leur visite, les élèves, qui sont pour la majorité en secondaire 3, 4 et 5, ont donc la possibilité de s’informer sur les différentes professions qui les interpellent, que celles-ci soient au niveau professionnel, collégial ou universitaire. Zigzag permet aussi aux jeunes de découvrir des programmes, des métiers auxquels ils n’avaient peut-être pas songé.

L’expérience est très enrichissante pour les élèves, mais elle l’est également pour les étudiants qui présentent leur programme! Effectivement, j’ai eu la chance de représenter mon Baccalauréat en études littéraires françaises et je peux vous assurer une chose, c’est que lorsque le salon s’est terminé j’avais le sourire aux lèvres. Durant les deux journées passées au kiosque de littérature et langues, j’ai entendu des témoignages d’amour pour la littérature absolument magnifiques. Lorsqu’ils voyaient les livres qui ornaient la table du kiosque, des jeunes s’approchaient les yeux brillants, assoiffés d’information concernant le Baccalauréat en études littéraires françaises. Certains étaient plutôt timides et n’osaient poser des questions, mais dès que je prenais l’initiative de donner d’avantages d’informations je voyais qu’ils aimaient que la discussion continue. Il était primordial pour moi de répondre à toutes leurs questions et d’expliquer le bac le plus clairement possible. Pour ce faire, j’ai dû adapter mon langage à celui des élèves, car j’ai très vite compris que des termes comme sémiotique littéraire et narratologie nécessitaient une petite explication! J’ai adoré voir certains jeunes quitter le kiosque avec un immense sourire aux lèvres.

Ce contact avec les élèves m’a appris de nombreuses choses. La première est que la littérature est toujours présente, vivante et importante chez les adolescents. En plus, les discussions que j’ai eues avec les jeunes m’ont permis de confirmer mon choix de carrière. Effectivement, j’ai grandement aimé informer les élèves et échanger avec eux. Je me souciais de rendre mon discours facilement compréhensible grâce à un langage approprié, des explications claires et des exemples pertinents. Ainsi, enseigner la littérature semble pour moi une carrière hautement stimulante!

Je terminerai en citant ce qu’un homme d’une cinquantaine d’années m’a déclaré en regardant les livres posés sur la table : « Ce sont tous des livres que j’ai lus lorsque j’étudiais la littérature. Ça a été les plus belles années de ma vie… J’avais l’impression de contrôler mon destin. »

Je ne rajouterai rien, car je crois qu’en quelques mots seulement cet homme a tout dit.

 

Pour de plus amples informations sur le Salon Zig Zag : http://www.evenementzigzag.ca

« L’insoutenable légèreté de l’être »

Par Anaïs Plasse, étudiante au Baccalauréat interdisciplinaire en arts

Je partage avec vous un extrait de la magnifique oe“uvre de Kundera, « L’insoutenable légèreté de l’être ».

Chacun devrait lire ce livre qui permet de voyager à  l’intérieur même de son voyage, qui permet de s’évader à  la fois à  l’intérieur et à  l’extérieur de soi, qui offre la possibilité bouger sans se déplacer !

« Si chaque seconde de notre vie doit se répéter un nombre infini de fois, nous sommes cloués à  l’éternité comme Jésus-Christ à  la croix. Cette idée est atroce. Dans un monde de l’éternel retour, chaque geste porte le poids de l’insoutenable responsabilité. C’est ce que faisait dire à  Nietzsche que l’idée de l’éternel retour est le plus lours des fardeaux (das schwerste Gewicht).

Si l’éternel retour est le plus lourd des fardeaux, nos vies, sur cette toile de fond, peuvent apparaître dans toute leur splendide légèreté.

Mais la pesanteur est-elle vraiment atroce et belle la légèreté ?

Le plus lourd des fardeaux nous écrase, nous fait ployer sous lui, nous presse contre le sol. Mais dans la poésie amoureuse de tous les siècles, la femme désire recevoir le fardeau du corps mâle. Le plus lourd fardeau est donc en même temps l’image de plus intense accomplissement vital. Plus lourd est le fardeau, plus notre vie est proche de la terre, et plus elle est réelle et vraie.

En revanche, l’absence totale de fardeau fait que l’être humain devient plus léger que l’air, qu’il s’envole qu’il s’éloigne de la terre, de l’être terrestre, qu’il n’est plus qu’à  demi réel et que ses mouvements sont aussi libres qu’insignifiants.

Alors, que choisir? La pesanteur ou la légèreté ? »

En espérant que ce petit extrait de Milan Kundera vous donnera envie de lire le reste de l’oe“uvre, qui se veut à  la fois philosophique et romanesque.

Profitez bien de la semaine de congé, pour vous mettre au chaud (si vous êtes malade)

pour partir au soleil (si vous êtes gelés)

pour lire (si vous n’êtes ni malade, ni gelé, mais que vous vivez quand même en ermite sous une couette bien au chaud!)

à  bientôt

Anaïs

Des six brumes et plus encore – Un reportage sur la quarante-sixième édition du Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean

Par Sebastian Kluth, étudiant au Baccalauréat en enseignement au secondaire — profil univers social

Bonjour à  tous et à  toutes,

Cette semaine, j’aimerais vous parler de la quarante-sixième édition du Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui avait lieu entre le 30 septembre et le 3 octobre de cette année, qui désignait également la ville de Saguenay une des Capitales culturelles du Canada. Il y avait d’ailleurs en masse de culture enrichissante à  découvrir au Salon du livre. Le thème de cette édition était : «La clé de votre imaginaire» qui signifie selon le ministre Serge Simard une traduction parfaite «des possibilités pour chacun d’entre nous d’accéder à  ces univers créés par des auteur(e)s à  l’imagination fertile». Cette édition était une année de record avec plus de 20,000 visiteurs entre le jeudi et le dimanche. J’étais présent au Salon du livre lors de la journée où il y avait le plus de visiteurs, soit le samedi en après-midi.

Tous les genres littéraires étaient présents au Salon du livre, des bandes dessinées pour les enfants du maternel et des guides de voyages jusqu’aux dictionnaires historiques et les romans fantastiques. Les enfants s’amusaient à  rencontrer la mascotte Geronimo Stilton pour obtenir une dédicace, les adolescents visitaient un stand de dégustation de fromages et bières régionaux dans le centre d’achat à  côté du Holiday Inn d’Arvida où se déroulait le Salon du livre (en passant, je conseille chaleureusement les fromages «Oka» et «Boivin extra-fort» ainsi que toutes les bières de la brasserie «Unibroue»), les adultes assistaient aux tables rondes et discussions animées par des modérateurs de différentes stations de radio avec certains écrivains et les personnes âgées prenaient une pause bien méritée dans un petit salon à côté du Salon du livre pour prendre un café en paix. Des spectateurs timides et des intéressés qui voulaient poser des questions aux auteurs et représentants des différentes maisons d’édition aux gens déterminés qui arrivaient déjà  avec une grande liste d’achats précise le matin, toute une gamme de personnalités différentes s’y rencontraient et échangeaient. Malgré un grand nombre de visiteurs et quelques bouchons aux entrées, sorties et au centre de la salle d’exposition, il était encore possible de s’échanger personnellement et tranquillement avec certains auteurs et l’ambiance restait ainsi étonnement familiale et agréable. Presque toutes les couches de la société étaient présentes ce samedi après-midi et on peut ainsi constater que les Saguenéens et les Jeannois s’approprient davantage le Salon du livre qu’ils considèrent souvent comme « leur » Salon du livre. De plus en plus de gens s’identifient avec cet événement annuel.

Un événement spécial pour moi était la rencontre des auteurs et représentants de la petite maison d’édition « Les six brumes » basée à  la fois à  Drummondville et à  Sherbrooke et qui émerge de plus en plus. Les six brumes se réfèrent aux six genres de l’imaginaire : le fantasy, le fantastique, la science-fiction, l’horreur, le roman policier et le style inconnu qui reste à  vous de le découvrir. La maison d’édition est composée de bénévoles à  l’exception des auteurs déjà  publiés, et est exclusivement financée exclusivement par des fonds privés. D’ailleurs, dans un message sur leur site d’internet, la maison d’édition parle d’un événement enrichissant, chaleureux et accueillant au Saguenay-Lac-Saint-Jean et on y caractérise les Saguenéens et Jeannois comme des gens cultivés qui sont toujours à  l’écoute contrairement à  certaines expériences vécues durant les grands Salons du livre peu personnels dans les grandes villes.

J’ai notamment pu parler longtemps avec deux auteurs de cette maison d’édition, le jeune et sympathique Dominic Bellavance et le drôle Carl Rocheleau qui a aussi sa propre maison d’édition. Après une discussion longue et intense, je me suis acheté deux recueils de textes. Le premier s’appelle «L’aurore» et contient treize textes inédits touchant chaque catégorie des six brumes. Le deuxième est intitulé «Résonances» et présente dix-neuf histoires diversifiées en lien avec dix-huit municipalités de la MRC de Drummond. Certaines de ces histoires sont plutôt autobiographiques, d’autres historiques ou effrayants. L’auteur le plus connu ayant participé au projet est sans doute Patrick Senécal, écrivain de romans d’horreur et de suspense psychologique comme «Sur le seuil», «5150, Rue des Ormes» ou encore «Les sept jours du talion» qui ont tous été adaptés pour le cinéma récemment, que j’ai également pu rencontrer au Salon du livre et qui a signé sa partie dans ce recueil pour moi.  Un ami de moi, qui lit et achète généralement très peu et qui était visiblement fort impressionné et passionné par l’édition de cette année, a acheté le tout nouveau recueil de nouvelles fantastiques de la maison d’édition, intitulé «Morphoses» et écrit par Mathieu Fortin. Ce qui est intéressant par rapport à  ce livre est le fait que les histoires laissent la place à  des interprétations diverses et sont souvent métaphoriques. Ma petite amie a décidé d’acheter un roman de Dominic Bellavance, intitulé «Toi et moi, it’s complicated», un roman de style avant-garde intéressant qui présente l’histoire d’un adolescent qui ne se souvient pas trop du party de la nuit dernière et qui doit reconstituer les événements étonnants à  l’aide des informations et messages publiés par ses connaissances sur le «i-phone» et «facebook».

J’ai également pu rencontrer d’autres auteurs prometteurs comme Patrick Senécal dont je vous ai déjà  parlé, mais surtout François Lévesque qui écrit comme Patrick Senécal pour la maison d’édition «alire» qui est également bien connu pour ses romans de Jacques Côté («Nébulosité croissante en fin de journée») ou encore de Jean-Jacques Pelletier («La Faim de la Terre»).  Ses deux premiers romans noirs apparus à  cette maison d’édition ainsi que le troisième qui sortira d’ici peu de temps me semblent valoir une bonne lecture. Malheureusement, la plupart des visiteurs du Salon du livre se sont plus concentrés vers les maisons d’édition positionnées au centre de l’exposition et les auteurs plus connus et François Lévesque n’a pas été rencontré par beaucoup de visiteurs. Le même sort injuste a touché le jeune historien Jonquièrois Yves Dupéré qui présentait un tout autre genre au Salon du livre avec ses trois romans «Quand tombe le lys», «Les derniers insurgés» et «Un vent de révolte» qui touchent des événements différents dans l’histoire du Québec et présentent en même temps un univers authentique et des personnages crédibles et originaux. Même si ces deux derniers auteurs, qui n’étaient d’ailleurs que les deux exemples les plus intéressants selon moi parmi tant d’autres, ont été un peu négligés par les visiteurs, cela offrait l’occasion à  quelques individus intéressés de parler d’une manière familière et profonde avec eux sans être dérangé ou pressé.

Il serait quand-même souhaitable que les visiteurs ne viennent pas seulement en grand nombre au Salon du livre, mais qu’ils s’intéressent aussi davantage aux jeunes auteurs talentueux et moins connus qui passent souvent à  tort inaperçus et qui investissent beaucoup de temps et d’efforts personnels pour se présenter pendant plusieurs jours et de longues heures à  une grande foule bruyante. Personnellement, c’était la deuxième fois que je suis allé au Salon du livre et je voyais vraiment une amélioration cette année par rapport à  l’édition de l’année dernière, car la foule s’est plus concentrée sur les maisons d’édition et auteurs populaires, ce qui m’a permis de rencontrer les gens moins connus et de connaître de nouveaux livres et personnages fort intéressants. Cette édition était donc beaucoup plus intense et personnelle pour moi que celle de l’année dernière qui ressemblait vraiment plus à  une exposition ou un magasinage. Il est finalement certain que j’ai déjà  hâte d’aller à  la quarante-septième édition du Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean en 2011. J’espère que j’ai pu vous donner une idée de l’événement et je vous conseille d’y faire également un petit tour car il y a quelque chose d’intéressant à  découvrir pour tous les goûts.

Sur cela, je vous souhaite également une bonne semaine de rêlache!

Sebastian