Archives pour l'étiquette littérature

Mon autre/Alter ego ou la présentation d’un état sauvage

Par Jessica Lavoie, étudiante au Baccalauréat en études littéraires françaises

Samedi, 14 h : moment idéal pour une visite au Centre national d’exposition.

Dans cet article, je vous propose un commentaire personnel sur l’exposition Mon autre/Alter ego que j’ai beaucoup appréciée.

Mon autre/Alter ego est présentée au CNE du 26 janvier au 6 avril 2014. Isabelle Demers, Amélie Laurence Fortin et Fanny Mesnard, trois femmes-artistes, ont rassemblé quelques-unes de leurs œuvres pour nous offrir ce projet qui s’articule autour de la figure animale. Celle-ci y est présentée sous toutes ses formes : animaux prédateurs, animaux proies, animaux morts, animaux à l’état de repos, etc. L’exposition nous transporte dans un monde primitif marqué par la simplicité, voire par la vulnérabilité, de ces êtres vivants.

Isabelle Demers nous propose des œuvres de pyrogravure et d’aquarelle sur papier représentant l’animal sauvage au cœur de son environnement. La nature occupe une place importante au sein des dessins. L’animal est réalisé avec une telle minutie que sa tête paraît expressive. Bref, l’artiste suggère des scènes qui semblent vivantes.

Amélie Laurence Fortin nous présente, quant à elle, l’œuvre La société du spectacle composée de collage et de photographie de chevaux. Ce projet montre le pouvoir qu’exerce l’homme sur l’animal. L’artiste mentionne elle-même que sa démarche artistique « s’articule autour du concept de force ».

Finalement, les tableaux de Fanny Mesnard nous plongent dans un univers peuplé d’animaux aux couleurs fascinantes. La richesse des teintes et des détails est à couper le souffle. Tigres, paons, panthères et papillons sont plus majestueux que jamais. Devant une telle beauté, le spectateur n’a d’autre choix que de se laisser gagner par l’émotion.

Je conclurai en citant le peintre suisse Paul Klee, car je ne peux dire aussi bien que lui :

« L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible. »

Jessica

 

Pour obtenir la programmation du Centre national d’exposition : http://www.centrenationalexposition.com/index.php?id=34&lang=fr

Retour aux sources

Livres Michel TremblayPar Jessica Lavoie, étudiante au Baccalauréat en études littéraires françaises

L’année dernière, un professeur m’a demandé quel livre a déclenché, chez moi, le désir de transformer ma passion pour la littérature en un véritable projet de vie. Lorsqu’on m’a posé cette question, j’étais à ma première année de bac et je ne m’étais jamais questionnée à ce sujet. Effectivement, j’avais commencé des études littéraires sans même me demander pourquoi. La littérature n’était pas, à mes yeux, un choix de carrière parmi tant d’autres, elle était mon futur, tout simplement. Et pourtant, lorsque j’y réfléchis, je prends conscience qu’il n’en a pas toujours été ainsi…

Mon futur s’est dessiné un matin lorsque j’étais en quatrième secondaire. À l’époque, j’aimais l’école, mais je ne savais pas à quoi me destiner. Je me cherchais désespérément. J’avais les cheveux rouges, je portais des Converses et des chandails de Nirvana, vous voyez un peu le genre? C’est alors que l’enseignante nous lut la nouvelle « 1er buveur : Le pendu  » tiré des Contes pour buveurs attardés (1966) de Michel Tremblay. À ce moment, je n’avais absolument aucune idée de qui était cet auteur. Ainsi, il ne pouvait que me surprendre. Je dois avouer que pour une surprise, c’en était une! Les premières phrases me captivèrent immédiatement : « Dans mon pays, quand quelqu’un tue son voisin, on le pend. C’est idiot mais c’est comme ça. C’est dans les lois ». La principale force de cette nouvelle fantastique assez glauque était qu’elle se distinguait de tout ce que j’avais lu auparavant. En quelques mots seulement, Tremblay avait réussi à piquer ma curiosité. C’est pourquoi Contes pour buveurs attardés a été l’un des premiers livres que je me suis empressée d’acheter et de dévorer.

Par la suite, je me suis intéressé au théâtre de Tremblay avec des pièces majeures comme Les belles-sœurs (1968) et À toi, pour toujours, ta Marie-Lou (1971). Peu après, j’ai lu le roman La grosse femme d’à côté est enceinte (1978). Je lis toujours  avec bonheur les textes de Tremblay, car ils emploient un langage franc et émouvant qui fait inévitablement sourire. Ce que j’admire aussi dans l’œuvre de cet auteur est la forte personnalité de ses personnages, qui sont principalement des femmes. On ne peut faire autrement que de s’attacher à ses divers personnages qui témoignent tous d’une histoire qui nous est commune, une histoire dont nous sommes les descendants. L’œuvre de Tremblay dresse un portrait unique et saisissant de la culture et de la réalité québécoise des années soixante à aujourd’hui.

Dorénavant, je suis en mesure d’affirmer que c’est à Michel Tremblay et à ses Contes pour buveurs attardés que je dois l’intérêt que je porte aujourd’hui à la littérature et aux études s’y rattachant.

 

Pour plus d’informations concernant Michel Tremblay, cette figure majeure de la culture québécoise, je vous invite fortement à visiter le site de Radio-Canada : http://biographie.radio-canada.ca/personnalites/michel-tremblay

Le cours de Poétique et rhétorique : une corde de plus à son arc!

Par Jessica Lavoie, étudiante au Baccalauréat en études littéraires françaises

« La rhétorique est la faculté de découvrir spéculativement ce qui, dans chaque cas, peut être propre à persuader. »  

Aristote

Devoirs littératureCette session-ci se donne à l’UQAC un cours de littérature nommé Poétique et rhétorique. Il y a quelques mois, lorsque j’ai vu que ce cours était offert, j’ai immédiatement sauté sur l’occasion, car la rhétorique est une matière peu enseignée de nos jours! De plus, l’art poétique et l’art rhétorique ont joué un rôle crucial dans la littérature et dans la société. Désirant approfondir mes connaissances sur ce sujet passionnant, je décidai donc de monter à bord du navire!

Dès la présentation du plan de cours, j’ai compris que je ne regretterais pas mon choix. Toutes les conditions permettant de rendre le cours stimulant étaient réunies : professeur compétent, matière originale et création littéraire.

À quoi ressemble le cours?

Chaque semaine, nous abordons les différentes rhétoriques qui ont marqué l’histoire. Ainsi, pour la période de l’Antiquité grecque nous avons exploré celle d’Aristote. En ce qui concerne la période de l’Antiquité romaine, nous avons vu la Rhétorique à Hérennuis et celle de Cicéron. Ce cours permet, d’autant plus, de nous initier à l’art poétique qui distingue trois genres : l’épopée, la poésie lyrique et la poésie dramatique. Évidemment, on ne peut parler d’art poétique sans étudier l’oeuvre d’Aristote et celle de Horace.

Ce qui rend le cours encore plus dynamique, c’est que l’étudiant est appelé à faire les exercices rhétoriques (progymnasmata) qui étaient enseignés à l’époque classique! Il doit ainsi mettre à profit ses connaissances pour écrire des textes de genre délibératif, judiciaire et épidictique.

Il est dommage, selon moi, que l’enseignement de la rhétorique ne soit plus obligatoire dans le cadre scolaire comme c’était le cas il y a plusieurs années. Comprendre cet art, c’est comprendre tous les mécanismes mis en œuvre dans un discours oral pour tenter de convaincre son auditeur. Alors, si vous avez la chance de suivre ce cours, n’hésitez pas à le faire. Je vous promets que vous n’entendrez plus aucun discours de la même manière!  Les publicités seront, pour vous, des moments de pure distraction!

Plaisir assuré!