Archives pour l'étiquette littérature jeunesse

Quand Grosspafine entre dans une classe

Par Suzie Tardif, étudiante au Baccalauréat en éducation préscolaire et enseignement au primaire

En mars dernier, un personnage loufoque et attachant est entré dans ma vie et celle de mes élèves: Grosspafine. Grosspafine est une sorcière plutôt différente des autres qui nous fait découvrir ses mauvaises manières et sa personnalité riche à  travers le roman de Marie-Christine Bernard «La confiture de rêves».

«Je préfère Grosspafine, car elle est à  la fois un petit peu maléfique et à  la fois, au fond de son coeur, gentille.» (Gabriel, élève de sixième année)

«La confiture de rêves» raconte l’histoire d’un village dans lequel tous les habitants se doivent d’agir de la même manière, sous peine de sanctions de la part des Bonnes Fées. Un jour, Grosspafine décide de changer les règles et de se cuisiner une confiture lui permettant d’éliminer ses cauchemars. S’en suit alors la rencontre avec les autres personnages de l’histoire, tout aussi différents les uns des autres, et  leurs péripéties respectives.

Conseillé par une collègue (Laura), ce livre a été une véritable révélation littéraire pour mes élèves et pour moi. Chaque jour, je lisais, dans le cadre de mon stage, un chapitre de ce roman. Ce moment était  très attendu et souvent trop court pour certains qui en voulaient toujours davantage.

Dans ce livre,  les mots s’enchaînent mélodieusement et rendent la lecture à  voix haute fort agréable. En plus d’être comique, il laisse beaucoup de place à  l’imaginaire des élèves. Les personnages sont colorés et se démarquent par leurs caractéristiques variées.  Un personnage, par exemple, zozote. Mes élèves aimaient bien lorsque je prenais un certain plaisir à  lire ses répliques. L’histoire de ce roman est différente, originale et semble bien refléter la personnalité explosive de l’auteure.

Une fois le roman pratiquement terminé, j’ai posé ces questions à  mes élèves: «Imagine que tu écris à  Marie-Christine Bernard à  propos de son livre. Donne-lui ton appréciation de celui-ci. Qu’as-tu aimé ou moins aimé? Est-ce que tu le conseilles à  d’autres élèves?». Les réponses de ceux-ci m’ont donné de grands frissons. Je savais qu’ils avaient aimé le roman, mais je ne pensais pas que c’était à  ce point. J’ai donc eu envie de vous présenter certaines parties de leurs commentaires (avec leur consentement)  qui reflètent bien le pouvoir de «La confiture de rêves» et l’importance de l’avoir dans sa bibliothèque de classe. J’ai également inséré quelques dessins représentant les personnages préférés de quatre élèves. Bonne lecture 🙂 !

«Chère Marie-Christine Bernard, dans la classe mon enseignante nous lit ton livre. J’adore cela, car quand Madame Suzie nous lit ton livre, je tombe dans ma bulle et j’imagine tout dans ma tête. Puis, il n’y a rien que je n’aime pas. Non, en fait, c’est passionnant ton livre développe mon imagination et ma créativité.» (Thomas, sixième année)

«Ce que j’ai aimé de ce livre, c’est que l’auteure sait comment captiver son public. Son style d’écriture ressemble vraiment à  celui de J.K. Rowling! Ce livre est vraiment bon et mériterait d’être plus long. Je le conseille aux jeunes de 12 à  177 ans.» (Sandrine, sixième année)

«Bonjour Marie-Christine, j’aime tes histoires parce qu’on peut imaginer n’importe quoi! J’ai tout aimé et j’ai déjà  hâte de lire le deuxième tome. J’adore quand mon enseignante nous le lit chaque jour.» (Gabriel, sixième année)

IMG_0727[1]

Dessin représentant Dame Flamboyante fait par Sandrine, sixième année

«J’aime les personnages parce qu’ils sont tous différents, mais avec quelques ressemblances.» (élève de sixième année)

«Je le recommande à  ceux qui aiment l’imagination et l’imaginaire.» (é‰lève de sixième année)

«J’ai adoré l’histoire de Grosspafine avec tous les personnages rigolos […] Je le conseille aux élèves de tous les âges, car c’est un livre drôle et amusant pour les enfants.» (à‰lève de sixième année)

«Je dirais que son livre est très bien imaginé et très créatif. Généralement, je n’aime pas ce genre de livres-là , mais drôlement, ce livre me plait et m’intéresse beaucoup même! Je lui dirais de continuer son beau travail, car on voit qu’elle se passionne dans ce qu’elle écrit. J’aime vraiment ça!» (Alexandra, sixième année)

«C’est un très bon livre. Il dépassait mes attentes. Il y a du suspense dans tous les chapitres. Ce qui est bien dans ce livre, c’est que tu ne sais jamais ce qu’il va se passer dans le chapitre suivant.» (à‰lève de sixième année)

«Ce livre est un des meilleurs que j’ai lu.» (à‰lève de sixième année)

«Je trouve que ce livre est très bien fait et original. D’habitude, je n’aime pas beaucoup ce genre de livre, mais celui-ci, je l’aime vraiment. Contrairement à  d’autres personnes qui diraient que le livre est trop bébé, moi je trouve qu’on peut autant le lire si on est un adulte ou un enfant.»(ɉrika, sixième année)

«J’ai beaucoup aimé votre livre. Je le trouve drôle, mystérieux, magique et surtout hilarant. Mon bout préféré a été quand le chat de Grosspafine parlait avec les enfants. J’apprécie beaucoup votre livre. Je le conseille à  des enfants de 5 à  14 ans.» (Jérémie, sixième année)

IMG_0729[1]Dessin représentant Belle d’Amour fait par Patricia, sixième année

«Chère Madame Bernard, j’adore votre livre qui parle des mésaventures de Grosspafine la méchante sorcière. Cette sorcière me fait penser à Hagrid dans la série de romans Harry Potter. Ces deux personnages sont tous les deux incompris des gens normaux. Ce que j’ai le plus aimé de votre livre, c’est son côté absurde. Je vous lève mon chapeau. Bravo! J’ai adoré ce roman.» (Noémie, sixième année)

«J’ai beaucoup aimé ce livre parce que je pouvais m’imaginer n’importe laquelle des suites, tout aussi fantastiques les unes que les autres. J’avais toujours hâte de connaitre tout ce qu’il se passait après chaque phrase. Ce roman est très fascinant. Il contient beaucoup de mystère et d’imagination. Des fois, je trouvais que ça faisait longtemps qu’on n’avait pas entendu parler de Grosspafine, mais sinon je recommande ce roman. Il nous plonge dans un monde imaginaire que vous aimerez.» (Sabrina, sixième année)

«Marie-Christine, ton livre est fabuleux. J’ai hâte de pouvoir lire la suite avec notre stagiaire Madame Suzie. Toute la classe semble l’aimer. » (àélève de sixième année)

IMG_0730[1]Dessin représentant Louis fait par Thomas, sixième année

«Bonjour Marie-Christine, j’ai adoré ton livre parce qu’il était très très original et drôle. Nous étions capables de suivre tout au long de l’histoire. Les personnages étaient très drôles, amusants et rigolos. C’est le meilleur livre que j’ai lu à  date. J’ai vraiment accroché et j’avais très hâte de continuer à  le lire. Merci d’avoir fait un aussi bon livre et j’ai hâte d’avoir d’autres nouvelles de Grosspafine!» (Marie-Kim, sixième année)

«Ce livre est le roman le plus le fun que j’ai lu. Personnellement, je n’aime pas les romans, mais lui, je pourrais le lire plus qu’une fois! C’est de l’imaginaire. Il ne faut pas s’attendre à  vivre une histoire aussi folle et délirante! J’ai adoré le premier et c’est certain que je vais lire le deuxième!» (Tanya, sixième année)

«Quand Madame Suzie nous lit un chapitre, nous ne voyons pas le temps passer car tu fais comme rentrer dans l’histoire un peu. Quand elle dit «c’est fini» on dit tous «Nonnn».» (Jérémy, sixième année)

IMG_0728[1]Dessin représentant Belle d’Amour fait par une élève de sixième année

Alors? Qu’en pensez-vous? J’imagine que ces commentaires vous donnent envie de le découvrir. Bonne lecture et prenez soin de Grosspafine!

«Madame Suzie, tu as oublié de nous faire présenter un livre!»

Par Suzie Tardif, étudiante au Baccalauréat en éducation préscolaire et enseignement au primaire

La revue «Vivre le primaire» est enfin arrivée dans ma boite aux lettres! C’est avec plaisir que je découvre tous ces articles variés sur l’enseignement.

Dans son article «Des lecteurs pour la vie», le professeur de Didactique du français de l’Université de Sherbrooke, Martin Lépine, rappelle l’importance d’exploiter la littérature jeunesse avec les jeunes. Il mentionne trois simples dispositifs à  mettre en place dans une classe afin de développer leur passion pour la lecture. J’avais envie de vous les citer puisque je me suis rendu compte que je les exploitais en classe et que mes élèves y répondaient bien.

1. «Proposer directement dans la classe une quantité appréciable de livres» (Miller, 2012) : bien que ce ne soit pas tous mes livres, il est à  noter que beaucoup de livres sont présents dans ma classe de stage, tous regroupés dans le coin lecture. Depuis mon arrivée, je présente également 2-3 livres par semaine aux jeunes, tout de suite après leur lecture personnelle. Je raconte brièvement l’histoire, donne mon appréciation et en lis un extrait. Je les dépose ensuite près du tableau et je suis ravie de voir qu’ils ont tous été (ou presque) lus au moins une fois!

2. «Offrir aux élèves la possibilité de choisir leurs propres lectures» (Miller, 2012) : les élèves peuvent lire ce qu’ils veulent, mais j’aime présenter des livres variés pour qu’ils soient ouverts à  la diversité offerte par la littérature jeunesse.

3. «Favoriser les occasions d’échanger à  propos de ses lectures [] (à  l’oral et à  l’écrit) » (Miller, 2012) : lorsque je ne présente pas de livre, je demande à  un de mes élèves de le faire, en plus d’expliquer pourquoi il aime celui-ci. Quelquefois, j’oublie de réaliser le tout. Sachez que je suis vite remise à  l’ordre par un élève qui m’indique «Madame Suzie, tu as oublié de nous faire présenter un livre.» C’est à  ce moment que je me rends compte que cette activité, aussi simple soit-elle, est bénéfique. Tout comme les deux autres en fait.

Et vous, quelles sont vos habitudes de lecture en classe?

Références :

Lépine, Martin. (2013). Des lecteurs pour la vie,  Vivre le primaire, volume 26, numéro 1, hiver 2013, p.5.

Miller, D. (2012). Lecteurs pour la vie. Insuffler la passion de la lecture chez les élèves de 9 à  12 ans. Montréal : Chenelière à‰ducation.

Source de l’image : Service national du Rà‰CIT à  l’éducation préscolaire http://recitpresco.qc.ca/

Mes impressions de la petite ogresse

Par Suzie Tardif, étudiante au Baccalauréat en éducation préscolaire et enseignement au primaire

La semaine passée, j’ai décidé de réaliser, avec mes deux élèves, une activité présentée dans mon cours Exploitation de la littérature jeunesse. Celle-ci a été construite par Louise Boisvert et Marie Barguirdjian et permet d’exploiter efficacement l’oe“uvre d’Anaïs Vaugelade, « Le déjeuner de la petite ogresse » (2002).

Brièvement, cette situation d’enseignement-apprentissage se construit autour des élèves du troisième cycle du primaire. Ceux-ci doivent répondre à  diverses questions et réaliser quelques tâches qui permettent, entre autres, de se concentrer sur les illustrations et sur le texte.

Si jamais vous désirez en savoir davantage sur celle-ci, je vous invite à  visionner le film Une histoire qui commence par la faim (http://encyclo.bibliomontreal.com/?p=6690) et de vous procurer le dossier pédagogique, qui est on ne peut plus complet. (http://encyclo.bibliomontreal.com/actualites/html/gallimard/doc/Dossier_%20pedagogique.pdf)  Toutes les étapes relatives à  cette activité sont décrites et alimentées d’informations supplémentaires pouvant être utiles pour l’enseignant.

À€ la lumière de ce scénario, je tenais à  donner mes impressions et celles de mes élèves. Pour ma part, je suis d’avis que celui-ci est pertinent et permet d’exploiter l’album au troisième cycle, avec des élèves qui croient souvent que ce genre littéraire est uniquement destiné aux jeunes enfants. Quand j’ai demandé à  mes élèves s’il existait des albums pour eux, ils m’ont tout de suite dit que non, que « les albums, c’est pour notre petit frère, pas pour nous. Nous, on lit des romans ». Eh bien, ils ont vite compris que ce n’était pas le cas, que certains albums demandaient aux élèves de faire plus d’inférences et présentaient un vocabulaire riche, souvent trop complexe pour les plus jeunes. Le conte moderne à  l’étude, imbibé de propos un peu « morbides », cadre bien dans ces particularités et est efficacement exploité dans cette activité. Les élèves sont invités à  travailler en équipe et à  se concentrer sur les illustrations et le texte d’une façon différente, d’une façon plus précise. Ils ne font pas que lire le texte, ils l’analysent. Ils ne font pas que regarder les illustrations, ils les décrivent et émettent des hypothèses quant à  la suite de l’histoire grâce à  elles (ex : lorsqu’ils réalisent l’activité dans laquelle ils doivent relier une émotion aux différentes images de la petite ogresse sans regarder le texte, les élèves font des hypothèses quant à  l’évolution des émotions de celle-ci). Bref, j’ai trouvé que le scénario était bien monté, complet et efficace.

Voicim maintenant les commentaires de mes deux élèves :

Le plus vieux (6e année) :

  • « J’ai aimé pouvoir travailler en équipe. Lorsqu’on devait deviner les émotions, c’était plus facile à  deux. »
  • « J’ai aimé qu’il y ait des questions sur ce que moi je pensais. Je pouvais donner mes idées. »
  • « Quelquefois, je trouvais qu’il y avait trop de questions. J’avais hâte de continuer à  lire l’histoire. »

Le plus jeune (4e année) :

  • « L’histoire était vraiment meilleure que je pensais! Elle est macabre et j’aime ça! »
  • « J’ai compris qu’il fallait plus regarder les illustrations. Les illustrations dirigent dans la bonne direction, elles aident à  comprendre plus le texte. »
  • « J’ai appris des nouveaux mots, comme« renfrogné» ou »perplexe».» (ces mots sont dans l’activité sur les émotions)
  • «J’ai aimé faire l’activité o๠nous devions trouver quels étaient les mots ou les phrases qui disaient pourquoi le petit garçon n’avait pas peur de l’ogresse.» (Annexe IV)

Et vous, quelles sont vos impressions de ce scénario?

Référence:

Vaugedale, Anaïs.(2002). Le déjeuner de la petite ogresse. Paris: L’école des loisirs.