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De l’analyse de la parole à la prise de parole : une première communication

PrésentationPar Xavier St-Gelais, étudiant au Baccalauréat en linguistique et langue française

C’est fait!

Mais quoi donc, direz-vous?

J’ai franchi une étape importante vendredi dernier, alors que, répondant à l’invitation du Laboratoire de phonétique de l’Université Laval, je me suis rendu à Québec pour présenter une partie du travail que j’ai accompli cet été. Trente minutes de présentation devant un public d’experts : assez impressionnant quand on fait ses premiers pas dans un domaine!

Il faut dire que je savais depuis la fin juillet que j’allais faire cette communication. Le sujet, soit la programmation en phonétique, était assez technique, et j’avais bien peur de ne pas savoir le rendre intéressant. Il a fallu que je retravaille ce que j’allais présenter, c’est-à-dire des scripts permettant d’exécuter certaines actions plus rapidement dans Praat, le logiciel dont se servent la majorité des spécialistes de l’analyse de la parole. Après les avoir peaufinés et rendus compréhensibles à l’œil externe, je les ai arrangés dans un PowerPoint… Concevoir une série de diapositives qui soit à la fois pertinente, intéressante et assez succincte est un défi de taille!

Heureusement, les conseils de mon superviseur m’ont guidé dans la mise sur pied d’un diaporama satisfaisant. Il ne me restait plus qu’à apprendre à maîtriser mon sujet, ce qui est plus facile à dire qu’à faire! Comprendre et expliquer sont deux choses fort différentes. Je devais rendre mes scripts accessibles à mon public. Un bon exercice, surtout pour moi, qui ai souvent de la difficulté à vulgariser.

Après sept ou huit séances de monologue au labo, je suis parvenu à respecter le temps alloué et j’ai pratiqué ma présentation devant mon superviseur. C’est peut-être ce qui a été le plus stressant : un face-à-face avec quelqu’un qui cherche à rendre votre exposé parfaitement clair! Heureusement, j’ai la chance d’être guide dans un musée, et les nombreuses visites guidées que j’ai animées m’ont donné un gros avantage pour ce qui est de l’aisance en public!

Le 19 septembre est donc arrivé à toute allure, et il a été temps de prendre la route pour Québec. Dans l’auto, le stress montait peu à peu. Arrivée à l’Université Laval vers 10h30, rencontre avec l’équipe du laboratoire, dîner commun, puis présentation à 13h30. Outre faire l’expérience d’une présentation, la journée m’a permis de mieux connaître deux étudiantes au doctorat déjà passées par l’UQAC et la directrice du laboratoire. Après tout, c’est essentiel, car il existe une bonne collaboration entre les deux structures de recherche, et il me fallait m’intégrer.

Le mot de la fin : on n’insistera jamais assez sur le fait que, bien plus que la présentation en elle-même, ce sont les questions du public qui vous force à un grand effort de réflexion sur le vif. C’est toutefois un défi très enrichissant que d’y répondre le plus clairement possible!

Lectures, lectures, lectures

SociolinguistiquePar Xavier St-Gelais, étudiant au Baccalauréat en linguistique et langue française

La rentrée est arrivée beaucoup plus vite que prévu, et avec son lot de responsabilités nouvelles! Entre travail à la rentrée, premiers cours, candidatures pour des emplois étudiants, lectures pléthoriques et travail à l’extérieur, je ne trouve que peu de temps pour moi depuis deux semaines. Cela dit, les 14 derniers jours me sont passé sous le nez très rapidement, ce qui ne me déplaît pas : j’aime à me tenir occupé pendant la session.

Ma recherche estivale se poursuit sous la forme du cours Recherche en linguistique. La partie « empirique » est plus ou moins terminée : les données sont récoltées, et c’est tant mieux. Maintenant, il faut que je m’attaque plus sérieusement à la littérature. Mon superviseur me voit déjà à la maîtrise et m’encourage à travailler sur ma méthodologie et à lire de façon assidue les textes qui fonderont éventuellement ma recherche pour un futur mémoire. J’ai donc un programme chargé pour les prochains mois! Néanmoins, ce cours est individualisé (on s’entend avec un professeur qui nous rencontrera plusieurs fois pendant la session et dirigera notre progrès). Il est donc hyper-personnalisé et j’en profite au maximum. Je le conseille absolument pour une troisième année, en guise d’initiation à ce que peut exiger une maîtrise en frais de rigueur.

Un « petit cours » s’ajoute à mes cinq cours de trois crédits pendant l’automne : il s’agit de Lectures fondamentales en linguistique. Jusqu’à la mi-session, notre petit groupe (une dizaine d’étudiants en linguistique – ambiance très intime!) doit présenter les grandes théories de la linguistique. Depuis la première semaine, je me noie donc un peu dans les textes fondateurs : d’abord Saussure (qui a jeté les bases d’une linguistique scientifique), puis Chomsky, puis Sapir et Whorf, suivis de Labov… C’est pour moi un premier contact avec un cours qui demande autant de travail sur des textes. Mon cerveau s’adapte peu à peu, mais les écrits des grands théoriciens sont souvent assez difficiles à comprendre. Heureusement, nos lectures incluent des vulgarisations de leurs propos de même que des critiques, car il faut présenter le meilleur et le pire de chaque théorie.

En parallèle, le cours de recherche me demande également de lire beaucoup, tout comme le cours d’analyse du discours. J’ai les yeux fatigués, mais la tête bien remplie!

Le mois de septembre s’annonce donc fort occupé pour moi. Après un été passé à gérer mon propre horaire, le choc est bien réel. Néanmoins, j’avance avec motivation dans le programme et je continue d’être passionné par les faits de langue.

Bon début de session à tous!

Graphiques, revérifications et littérature

book-and-glassesPar Xavier St-Gelais, étudiant au Baccalauréat en linguistique et langue française

L’été passe plus vite que je ne l’aurais cru, bien que je passe le plus clair de mes journées dans les chiffres et les analyses. Heureusement, juillet a été un mois clément côté météo et j’en ai profité pour faire le tour des festivals avec des amis !

Mon superviseur est revenu il y a deux semaines au laboratoire de phonétique pour constater l’avancement des travaux et me donner un coup de main pour la suite. J’avoue l’avoir attendu avec beaucoup d’appréhension, en partie parce que je me sentais pris au dépourvu pendant son absence, en partie parce que j’avais hâte d’avoir son avis sur mes résultats. Quoique j’aie pu en penser à certains moments, j’ai abattu une bonne quantité de travail ces dernières semaines! Comme je m’y attendais, il va falloir que je m’attaque davantage à la littérature. J’aimerais bien que ce soit du Victor Hugo ou du Molière, mais il s’agit plutôt de sources scientifiques pas toujours très accessibles pour un étudiant de première année… Ce qui est certain, c’est que l’expérience que j’accumule en ce moment me sera très utile au moment de ma maîtrise, et sans nul doute dans plusieurs travaux au cours de mon baccalauréat.

Néanmoins, j’avoue avoir été (et être encore) un peu découragé devant certains écrits, notamment des études phonétiques des années 60 rapportées en anglais avec une terminologie un peu différente de celle qu’on utilise aujourd’hui et des allusions à des technologies qui n’existent plus ou qui ont évolué de façon stupéfiante. Mais si on ne s’informe pas sur ce qui a été fait auparavant, on ne peut pas tirer de conclusions valides. Après tout, mon projet est exploratoire, et j’ai encore bien peu de connaissances dans mon domaine. Il faut commencer quelque part!

Jusqu’à présent, la recherche estivale s’est révélée plus formatrice que n’importe quel cours auquel j’ai assisté pendant mes deux premières sessions, bien que j’aie reçu une formation d’une grande qualité. Être confronté à de nombreuses difficultés en même temps (devoir apprivoiser de nouveaux outils et une nouvelle terminologie, essayer de comprendre l’ordre logique dans lequel le relevé des données devrait se faire et autres casse-tête) m’a ouvert les yeux sur ce qui m’attend dans quelques années et m’a aussi poussé à puiser dans mes ressources.

Par exemple, le programme que j’ai utilisé pour mes analyses, Praat (qui est gratuit et très répandu dans le monde de la phonétique), possède son propre langage de programmation. On dit souvent que le meilleur moyen de rendre un processus efficace est de le confier à une personne paresseuse. J’ai certainement un petit côté paresseux : bien vite lassé de certaines manipulations répétitives, j’ai cherché à les automatiser à l’aide des possibilités offertes par Praat. J’avais fait un peu de programmation au secondaire et les notions apprises à l’époque se sont révélées très utiles.

On m’avait souvent dit que la linguistique et l’informatique étaient intimement liés, et j’en ai eu la preuve! Heureusement, et pour ma plus grande satisfaction, je suis parvenu à mes fins plus souvent qu’autrement. Suivant les conseils de mon professeur, j’ai entamé il y a deux semaines une phase de vérification intensive : toutes les données relevées jusqu’à maintenant doivent être revues et corrigées, s’il y a lieu. Je vous admets n’avoir jamais eu aussi hâte de passer à une autre étape qu’en ce moment!! Bon… je pense qu’une certaine fatigue est un peu normale, après deux mois de dépouillement.

Mon prochain billet sera pour la semaine de la rentrée. Une nouvelle session qui commence, avec son lot de cours très différents de ce que j’ai fait jusqu’à présent. J’avoue m’ennuyer un peu d’être sur les bancs d’école, et j’ai hâte à la fin août!