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Être un modèle de lectrice

connaissance des livres

Au cours de mon baccalauréat en éducation préscolaire et en enseignement primaire, certaines stratégies proposées par mes professeurs ont grandement influencé ma gestion de classe. Dans le cadre de mon cours Exploitation de la littérature jeunesse, je me souviens notamment avoir reçu le conseil suivant : Lors de la période de lecture, profitez-en pour lire également. Vous serez dès lors un modèle de lecteurs pour les jeunes.

En plus d’être très agréable, je découvre, avec les années, que cette stratégie est fort efficace pour la gestion d’une classe. En effet, lorsque je remplace, je m’assure de lire, tout comme les élèves, durant la période de lecture matinale obligatoire. Je prends donc toujours soin d’apporter un livre de la maison ou je demande à un élève de m’en prêter un (à ce moment, j’ai au minimum 10 élèves qui lèvent leur main pour me proposer leur coup de cœur).

Souvent, lorsque je lis, les jeunes me demandent:

-« Mais qu’est-ce que tu fais Mme Suzie? »

-« Je lis… tout comme vous » s’avère être la réponse idéale pour les faire sourire.

Je suis très heureuse de découvrir que cette attitude a, la majorité du temps, l’effet désiré. En effet, en me voyant lire, les enfants se préparent plus rapidement à faire de même. Lorsque certains viennent me voir pour me montrer leurs devoirs ou pour me parler de leur soirée, je leur demande poliment de revenir une fois la période de lecture terminée. Il s’agit dès lors d’un premier moment de calme dans la classe durant lequel je peux déjà estimer quelle sera l’ambiance de ma journée. Si certains jeunes parlent, je leur explique qu’ils me dérangent pendant ma lecture. À coup sûr (ou presque), je peux par la suite continuer paisiblement à lire.

Cette intervention me rappelle l’influence de l’enseignant sur les jeunes. Agissant comme un modèle, ce dernier se doit, selon moi, de valoriser cette période de lecture obligatoire pour réaliser le même exercice que celui demandé aux élèves : lire pour le plaisir. C’est ainsi que les jeunes comprennent davantage les bienfaits et le bonheur associés à la lecture quotidienne.

La lecture

Blog Paul avrilPar Paul Kawczak, étudiant au Doctorat en lettres

Bonjour !

Je viens d’achever la rédaction de ma thèse de doctorat. Restent les corrections, bien sûr, mais je vois poindre la fin de mes études en lettres ! Et je me retourne parfois sur mon parcours d’étudiant. En ma qualité, dans ce domaine, de vieux singe qui connaît mille grimaces, je vais parler ici d’une évidence qui m’apparaît, maintenant plus que jamais, fondamentale : la lecture est une des clés de la réussite en lettres.

Lire est essentiel. Lire plus que ce qui est au programme est essentiel. Théorie ou œuvres, petit à petit il est important de se construire une expérience des livres. La littérature déborde forcément des cours. Consacrer ne serait-ce qu’une heure par jour à des lectures supplémentaires facilitera vos études littéraires. Il existe des liens secrets d’œuvre en œuvre, des liens objectifs, des liens subjectifs, et, étonnamment, Balzac éclaire Robbe-Grillet, Homère éclaire l’Abbé Prévost, Victor Hugo éclaire Gaston Miron, Shakespeare éclaire Sarah Kane, Georges Perros éclaire Patrice Desbiens… De même Jauss, Genette, Cohn, Hamburger, Angenot, Barthes, Todorov, pour citer ici pêle-mêle quelques théoriciens importants, éclaireront d’une lumière nouvelle vos lectures et votre compréhension des études littéraires.

Toutefois, avant toute chose, je vous recommande la lecture d’un livre qui m’a fait énormément de bien : je veux parler de Comment parler des livres que l’on a pas lus de Pierre Bayard, paru chez Minuit. Sous ce titre provocateur, Pierre Bayard aborde la question suivante : qu’est-ce qu’avoir lu un livre ? Est-ce avoir lu linéairement chacun des mots d’un livre du premier au dernier ? Est-ce s’en souvenir ? Est-ce être capable de le résumer ? L’auteur montre que, selon l’usage que l’on veut en faire, il existe de multiples façons de « lire » un livre. Vous pouvez, par exemple, ne jamais avoir lu Proust et avoir entendu parler en cours du passage de la madeleine et de la mémoire involontaire. Vous pouvez citer ce passage dans un de vos travaux au même titre que quelqu’un qui l’a lu, et, d’une certaine façon, pour ce qui est de citer ce passage, vous avez lu Proust…

Ne vous laissez jamais impressionner par la somme de lecture des autres : la lecture est trop complexe et trop belle pour obéir à cette logique comptable. Voilà en quelque sorte ce que nous dit Pierre Bayard !

Par ailleurs, au Québec, il existe une littérature débordante de vitalité. Que vous soyez à Chicoutimi ou ailleurs, il y a de la vie littéraire pas loin de vous… Saisissez cette occasion, n’hésitez pas à consacrer un peu de temps à un auteur contemporain que vous verrez évoluer, et avec qui vous pourrez échanger.

Voilà pour aujourd’hui !

Bises !

Lectures, lectures, lectures

SociolinguistiquePar Xavier St-Gelais, étudiant au Baccalauréat en linguistique et langue française

La rentrée est arrivée beaucoup plus vite que prévu, et avec son lot de responsabilités nouvelles! Entre travail à la rentrée, premiers cours, candidatures pour des emplois étudiants, lectures pléthoriques et travail à l’extérieur, je ne trouve que peu de temps pour moi depuis deux semaines. Cela dit, les 14 derniers jours me sont passé sous le nez très rapidement, ce qui ne me déplaît pas : j’aime à me tenir occupé pendant la session.

Ma recherche estivale se poursuit sous la forme du cours Recherche en linguistique. La partie « empirique » est plus ou moins terminée : les données sont récoltées, et c’est tant mieux. Maintenant, il faut que je m’attaque plus sérieusement à la littérature. Mon superviseur me voit déjà à la maîtrise et m’encourage à travailler sur ma méthodologie et à lire de façon assidue les textes qui fonderont éventuellement ma recherche pour un futur mémoire. J’ai donc un programme chargé pour les prochains mois! Néanmoins, ce cours est individualisé (on s’entend avec un professeur qui nous rencontrera plusieurs fois pendant la session et dirigera notre progrès). Il est donc hyper-personnalisé et j’en profite au maximum. Je le conseille absolument pour une troisième année, en guise d’initiation à ce que peut exiger une maîtrise en frais de rigueur.

Un « petit cours » s’ajoute à mes cinq cours de trois crédits pendant l’automne : il s’agit de Lectures fondamentales en linguistique. Jusqu’à la mi-session, notre petit groupe (une dizaine d’étudiants en linguistique – ambiance très intime!) doit présenter les grandes théories de la linguistique. Depuis la première semaine, je me noie donc un peu dans les textes fondateurs : d’abord Saussure (qui a jeté les bases d’une linguistique scientifique), puis Chomsky, puis Sapir et Whorf, suivis de Labov… C’est pour moi un premier contact avec un cours qui demande autant de travail sur des textes. Mon cerveau s’adapte peu à peu, mais les écrits des grands théoriciens sont souvent assez difficiles à comprendre. Heureusement, nos lectures incluent des vulgarisations de leurs propos de même que des critiques, car il faut présenter le meilleur et le pire de chaque théorie.

En parallèle, le cours de recherche me demande également de lire beaucoup, tout comme le cours d’analyse du discours. J’ai les yeux fatigués, mais la tête bien remplie!

Le mois de septembre s’annonce donc fort occupé pour moi. Après un été passé à gérer mon propre horaire, le choc est bien réel. Néanmoins, j’avance avec motivation dans le programme et je continue d’être passionné par les faits de langue.

Bon début de session à tous!