Archives pour l'étiquette laboratoire

Retour aux sources

Analyse dans le logiciel d'acoustique Praat

Me revoici après la pause du temps des fêtes. J’espère que vous en avez passé un aussi bon que moi – j’ai enfin réussi à décrocher de mes responsabilités pendant quelques jours! J’étais donc fin prêt à recommencer l’université au début du mois de janvier. Nouvelle session, nouvelles possibilités : on m’a approché pour plusieurs contrats, ce qui me permettra d’œuvrer dans différents domaines au cours des prochains mois. J’aime beaucoup varier ce que je fais : ça me permet d’en apprendre sur une foule de sujets et de ne pas m’ennuyer. J’accorde beaucoup d’importance à la polyvalence, puisque je me destine à de longues études aux cycles supérieurs et que je sens que je perdrai de vue, tôt ou tard, l’étendue des possibilités offertes par la linguistique. Mieux vaut, donc, accumuler de l’expérience pendant qu’il en est encore temps, question de ne pas s’encarcaner dans une seule sphère extrêmement spécialisée.

J’aurai donc l’occasion de faire de l’aide en français, de travailler sur le métalangage, de fouiller dans des archives, de corriger des examens et de bloguer pour l’UQAC. Mais cette session m’amènera aussi à préparer une communication scientifique avec une condisciple. J’avais déjà goûté, en septembre, aux joies et aux défis liés aux présentations orales devant des spécialistes. Cette fois, ma collègue et moi participerons à un colloque de linguistique, soit les Journées de linguistique (dont j’ai déjà parlé puisque j’y avais assisté à titre d’observateur l’an dernier!). Nous y présenterons les résultats d’une recherche en phonétique que nous sommes en train de mener.

Pour aller chercher de nouvelles données, puisque la thématique dont nous traitons n’a rien à voir avec celle sur laquelle j’ai travaillé pendant l’été, nous devons retourner au corpus de parole lue du laboratoire de phonétique. Youpi! J’avais hâte de manipuler à nouveau ces enregistrements et de me réexercer à segmenter la parole (car c’est tout un art!). Cela me permet aussi de me pratiquer en vue d’un travail long que j’aurai à faire pour le cours de phonétique expérimentale, qui me demandera une analyse du même type (je vous mets le lien vers le descriptif du cours au bas de ce billet!).

Travailler en collaboration avec une autre étudiante est quelque chose de très motivant. Ça rompt un peu la monotonie de l’analyse en solitaire et ça permet de collaborer sur les cas plus difficiles. Jusqu’à maintenant, nos tâches se déroulent bien. J’ai très hâte de voir nos résultats!

L’équipe des Journées de linguistique devrait nous donner des nouvelles sur notre participation au cours des prochaines semaines. Nous croisons les doigts!

Bon début de session à tous!

Cours de phonétique expérimentale

La prénostalgie

Noël au laboratoire de phonétique

Par Xavier St-Gelais, étudiant au Baccalauréat en linguistique et langue française

Ça y est, c’est la dernière semaine du trimestre! En fait, j’ai assisté à mon dernier cours hier. Maintenant, il ne me reste que trois examens et deux travaux longs à faire avant de pouvoir faire une croix sur la session d’automne 2014…

La fin de session entraîne chez moi un réflexe viscéral : celui de vouloir échapper à tout prix à l’étude (je finis quand même par en faire, rassurez-vous!). Au lieu de passer mes journées le nez dans mes livres, ce que je devrais probablement faire, je trouve toutes sortes de choses subitement intéressantes. C’est l’occasion de ressortir ma console de jeu un peu poussiéreuse, qui n’a pas servi du reste de l’année, ou d’être spontanément pris de passion pour les émissions de cuisine qui passent à 21 h.

Cela dit, cette année, bien que j’aie cédé à la tentation du divertissement maintes fois au cours des derniers jours, j’ai quand même réussi à atteindre un certain niveau de productivité. En fuyant devant l’étude, j’ai préféré opter pour quelque chose de plus actif : la rédaction de mes travaux de fin de session. Plus particulièrement, j’ai choisi de m’attaquer à mon travail de recherche.

Normalement, voyez-vous, je ne suis pas du genre à laisser un texte traîner. Lorsqu’il faut que je l’écrive, je le fais d’un coup, en quelques heures, peu importe la longueur demandée. Ça me permet de rester concentré. Or, comme le dit si bien l’une de mes professeures, un texte est fait pour être retravaillé (ce que j’ai rarement fait, je l’admets!). C’est bien la première fois que je suis confronté à cette réalité. Impossible d’écrire trente pages cohérentes sans prendre le temps de digérer l’information. J’ai commencé à coucher sur papier le fruit de mes réflexions à la mi-octobre, et voilà où j’en suis : 26 pages de texte, 4 pages de bibliographie et encore bien du plaisir en perspective. Heureusement, je ne suis pas très occupé malgré l’époque de l’année (si on fait abstraction de l’étude que je fuis…), et j’arrive à consacrer des journées entières à ce travail. Je me rends compte que les textes scientifiques que j’avais lus à l’été en vue de cette dissertation sont plus clairs quand je les lis aujourd’hui : c’est la preuve que j’ai compris des éléments et retenu la matière!

C’est donc en écoutant du funk obscur des années 80 que je laisse mes doigts courir sur les touches du clavier au gré de mon inspiration. J’entre alors dans une sorte d’état second, et tout ce que je fais devient un automatisme. Je me surprends même, parfois, à sentir mes pensées s’orienter sur autre chose que la tâche que je suis en train d’accomplir : ainsi, en rédigeant, le petit sapin de Noël du labo à côté de moi, ses guirlandes lumineuses clignotantes projetant une lueur chaude et tamisée sur mes mains qui s’agitent, je me mets à penser à l’impact de mon passage à l’université sur ma vie.

Vous connaissez la nostalgie? C’est un sentiment bien amer. Il en est un, toutefois, que je déteste davantage, et c’est la « prénostalgie », cette anticipation de la nostalgie à venir qui vous prend les tripes et qui vous empêche de profiter du moment présent. C’est peut-être moi qui ai le spleen facile, mais je suis souvent prénostalgique. Ces temps-ci, en pensant à tout le chemin accompli cette session, je me dis que je suis vraiment en train de vivre les plus belles années de ma vie. Et tout à coup, je m’imagine à 30 ans, mes études terminées, et je sens que j’aurai de la peine à ce moment-là. Ça me manquera de déambuler dans les corridors de l’université, de venir la fin de semaine, de descendre manger en vitesse à la cantine parce que je n’ai pas le temps de prendre un dîner consistant. De chercher des livres jaunis dans la section des PC au 2e étage de la bibliothèque et d’y dénicher des informations qui me surprennent. De monter au 4e étage, un peu stressé, en vue d’une rencontre avec un professeur. De collaborer avec d’autres étudiants sur des projets intéressants. De sentir que j’ai la confiance de mes superviseurs et de mes collègues.

Alors voilà, c’est ce qui me trotte dans la tête pendant que je rédige – et que je n’étudie pas. C’est au prix d’un effort considérable, d’ailleurs, que je vais m’empêcher de ressentir cette prénostalgie, ramasser mes affaires et ouvrir mes livres, question de ne pas être pris au dépourvu demain devant ma copie…

Bonne fin de session à tous! On se revoit à l’hiver. Pour ma part, j’ai bien hâte. Les cinq cours que j’ai choisis me motivent déjà!

Graphiques, revérifications et littérature

book-and-glassesPar Xavier St-Gelais, étudiant au Baccalauréat en linguistique et langue française

L’été passe plus vite que je ne l’aurais cru, bien que je passe le plus clair de mes journées dans les chiffres et les analyses. Heureusement, juillet a été un mois clément côté météo et j’en ai profité pour faire le tour des festivals avec des amis !

Mon superviseur est revenu il y a deux semaines au laboratoire de phonétique pour constater l’avancement des travaux et me donner un coup de main pour la suite. J’avoue l’avoir attendu avec beaucoup d’appréhension, en partie parce que je me sentais pris au dépourvu pendant son absence, en partie parce que j’avais hâte d’avoir son avis sur mes résultats. Quoique j’aie pu en penser à certains moments, j’ai abattu une bonne quantité de travail ces dernières semaines! Comme je m’y attendais, il va falloir que je m’attaque davantage à la littérature. J’aimerais bien que ce soit du Victor Hugo ou du Molière, mais il s’agit plutôt de sources scientifiques pas toujours très accessibles pour un étudiant de première année… Ce qui est certain, c’est que l’expérience que j’accumule en ce moment me sera très utile au moment de ma maîtrise, et sans nul doute dans plusieurs travaux au cours de mon baccalauréat.

Néanmoins, j’avoue avoir été (et être encore) un peu découragé devant certains écrits, notamment des études phonétiques des années 60 rapportées en anglais avec une terminologie un peu différente de celle qu’on utilise aujourd’hui et des allusions à des technologies qui n’existent plus ou qui ont évolué de façon stupéfiante. Mais si on ne s’informe pas sur ce qui a été fait auparavant, on ne peut pas tirer de conclusions valides. Après tout, mon projet est exploratoire, et j’ai encore bien peu de connaissances dans mon domaine. Il faut commencer quelque part!

Jusqu’à présent, la recherche estivale s’est révélée plus formatrice que n’importe quel cours auquel j’ai assisté pendant mes deux premières sessions, bien que j’aie reçu une formation d’une grande qualité. Être confronté à de nombreuses difficultés en même temps (devoir apprivoiser de nouveaux outils et une nouvelle terminologie, essayer de comprendre l’ordre logique dans lequel le relevé des données devrait se faire et autres casse-tête) m’a ouvert les yeux sur ce qui m’attend dans quelques années et m’a aussi poussé à puiser dans mes ressources.

Par exemple, le programme que j’ai utilisé pour mes analyses, Praat (qui est gratuit et très répandu dans le monde de la phonétique), possède son propre langage de programmation. On dit souvent que le meilleur moyen de rendre un processus efficace est de le confier à une personne paresseuse. J’ai certainement un petit côté paresseux : bien vite lassé de certaines manipulations répétitives, j’ai cherché à les automatiser à l’aide des possibilités offertes par Praat. J’avais fait un peu de programmation au secondaire et les notions apprises à l’époque se sont révélées très utiles.

On m’avait souvent dit que la linguistique et l’informatique étaient intimement liés, et j’en ai eu la preuve! Heureusement, et pour ma plus grande satisfaction, je suis parvenu à mes fins plus souvent qu’autrement. Suivant les conseils de mon professeur, j’ai entamé il y a deux semaines une phase de vérification intensive : toutes les données relevées jusqu’à maintenant doivent être revues et corrigées, s’il y a lieu. Je vous admets n’avoir jamais eu aussi hâte de passer à une autre étape qu’en ce moment!! Bon… je pense qu’une certaine fatigue est un peu normale, après deux mois de dépouillement.

Mon prochain billet sera pour la semaine de la rentrée. Une nouvelle session qui commence, avec son lot de cours très différents de ce que j’ai fait jusqu’à présent. J’avoue m’ennuyer un peu d’être sur les bancs d’école, et j’ai hâte à la fin août!