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Être un modèle de lectrice

connaissance des livres

Au cours de mon baccalauréat en éducation préscolaire et en enseignement primaire, certaines stratégies proposées par mes professeurs ont grandement influencé ma gestion de classe. Dans le cadre de mon cours Exploitation de la littérature jeunesse, je me souviens notamment avoir reçu le conseil suivant : Lors de la période de lecture, profitez-en pour lire également. Vous serez dès lors un modèle de lecteurs pour les jeunes.

En plus d’être très agréable, je découvre, avec les années, que cette stratégie est fort efficace pour la gestion d’une classe. En effet, lorsque je remplace, je m’assure de lire, tout comme les élèves, durant la période de lecture matinale obligatoire. Je prends donc toujours soin d’apporter un livre de la maison ou je demande à un élève de m’en prêter un (à ce moment, j’ai au minimum 10 élèves qui lèvent leur main pour me proposer leur coup de cœur).

Souvent, lorsque je lis, les jeunes me demandent:

-« Mais qu’est-ce que tu fais Mme Suzie? »

-« Je lis… tout comme vous » s’avère être la réponse idéale pour les faire sourire.

Je suis très heureuse de découvrir que cette attitude a, la majorité du temps, l’effet désiré. En effet, en me voyant lire, les enfants se préparent plus rapidement à faire de même. Lorsque certains viennent me voir pour me montrer leurs devoirs ou pour me parler de leur soirée, je leur demande poliment de revenir une fois la période de lecture terminée. Il s’agit dès lors d’un premier moment de calme dans la classe durant lequel je peux déjà estimer quelle sera l’ambiance de ma journée. Si certains jeunes parlent, je leur explique qu’ils me dérangent pendant ma lecture. À coup sûr (ou presque), je peux par la suite continuer paisiblement à lire.

Cette intervention me rappelle l’influence de l’enseignant sur les jeunes. Agissant comme un modèle, ce dernier se doit, selon moi, de valoriser cette période de lecture obligatoire pour réaliser le même exercice que celui demandé aux élèves : lire pour le plaisir. C’est ainsi que les jeunes comprennent davantage les bienfaits et le bonheur associés à la lecture quotidienne.

Une bonne gestion de classe en remplacement, c’est possible!

Par Suzie Tardif, étudiante à la Maitrise en éducation

Depuis quelques mois, je suis suppléante dans plusieurs écoles.

Je découvre à tout moment de nouveaux élèves, de nouvelles classes,  de nouvelles activités…

La nouveauté s’intègre facilement à ma routine hebdomadaire. Toutes ces découvertes me permettent de m’outiller et de cerner les approches et les stratégies qui fonctionnent bien en classe et celles qui fonctionnent moins bien. Je prends des notes, j’apprends.

Parmi toutes ces découvertes, notons également certains défis. Pour moi, le plus gros défi de la suppléance demeure la gestion de la classe. En effet, les élèves sont souvent plus énervés lorsqu’une remplaçante est présente. Certains en profitent… pleinement.

Avec le temps, je suis de plus en plus en mesure de cerner la dynamique de la classe et j’adapte mes stratégies de gestion de classe en fonction de celle-ci.

Ce matin, je vous présente quelques techniques pouvant être efficaces. Je ne les utilise pas systématiquement toutes lorsque je remplace. Je les choisis en fonction du groupe, de l’âge des élèves et de la durée de mon remplacement. À vous d’exploiter celles qui vous intéressent

1. Utiliser le système de gestion de classe de l’enseignante

Lorsque j’arrive dans la classe, je regarde si un système de gestion de classe est déjà en place (crochets, soleil et nuage, argent scolaire, etc.). Bien que j’en saisisse rapidement le fonctionnement, je demande toujours aux élèves de me le décrire et leur demande de me rappeler quels sont les comportements pouvant faire en sorte qu’ils aient une récompense ou une conséquence. Il s’agit d’un petit rafraîchissement fort efficace.

– On ne peut pas parler en même temps que toi, peut me dire un élève.

– Ok, très bien. Donc, si je comprends bien, je pourrais enlever un soleil à Jean-Philippe parce qu’il est en train de jaser avec son voisin?

– Exactement.

Et c’est à ce moment que Jean-Philippe arrête de parler.

Si jamais certains règlements ne sont pas nommés et sont importants, je me permets de les rappeler. Le respect des règlements de la classe et de l’école est primordial pour que les jeunes soient sécurisés par l’arrivée d’une remplaçante. Des petites phrases comme « Madame Linda ne veut pas que tu fasses ça, Antoine » ou « Tu n’as pas le droit de prendre ça, Noémie » sont des indices que certains jeunes ne respectent pas toutes les règles et il importe d’intervenir rapidement pour éviter certaines problématiques.

Dans le même ordre d’idées, j’aime bien ajouter ma touche personnelle au système de gestion de classe en place. Je peux, par exemple, utiliser M. Crochet ou mon assistant. Mon assistant peut sonner une petite clochette lorsqu’il trouve que c’est trop bruyant dans la classe pour éviter que les élèves perdent de l’argent scolaire ou du temps pour leur période privilège du vendredi, par exemple.

Voir article « la trousse de suppléante de madame Suzie » pour plus d’informations sur M.Crochet et sur mon assistant.

2. Apprendre les prénoms des élèves

Il peut être difficile d’apprendre les prénoms de tous les élèves. Il m’arrive parfois, par exemple, de faire deux classes différentes durant la journée, ce qui équivaut moyennement à 40 nouveaux prénoms. Je ne peux évidemment pas tous les apprendre. Par contre, j’essaie. Appeler un jeune qui dérange par son prénom a beaucoup plus d’impact que de l’appeler « mon grand » ou « ma belle ». Les prénoms inscrits sur les bureaux peuvent être grandement utiles à divers moments. Certaines remplaçantes font un plan de la classe et y inscrivent les prénoms des jeunes. Le tout doit être extrêmement aidant.

– Émilie, j’aimerais que tu m’écoutes.

– Hein? Comment tu sais mon nom?

– AH! Secret… J’ai un don.

Mine de rien, Émilie m’écoute maintenant.

3. Exploiter l’humour

En remplacement, la sévérité est importante. Une remplaçante trop flexible peut perdre le contrôle. Selon moi, il y a tout de même un juste milieu. L’humour est alors une bonne stratégie qui est appréciée des jeunes pour atteindre ce juste milieu. Il n’est pas toujours possible d’utiliser l’humour avec certains groupes parce que les élèves se désorganisent rapidement. Il faut donc y aller avec modération.  Une blague de temps en temps est appréciée, tout comme un jeune aime en raconter une de temps en temps.

En effet, des petits farceurs, il y en aura toujours. Parfois, certains élèves veulent avoir l’attention et utilisent l’humour pour arriver à leurs fins. Lorsque les blagues sont respectueuses, je considère qu’il ne faut pas à tout moment leur demander d’arrêter de parler ou d’en raconter. J’aime avoir du plaisir avec les jeunes et il m’arrive souvent de rire de leurs blagues. Toutefois, je les ramène rapidement à l’ordre et leur demande de continuer le travail demandé. Encore une fois, la modération est de mise.

4. Récompenser les bons coups

Je crois qu’il est primordial de féliciter les jeunes qui travaillent efficacement malgré l’absence de leur enseignante. Pour les récompenser, j’ai plusieurs techniques. Je ne crois pas qu’il faut le faire par l’entremise de cadeaux palpables, je crois qu’il est préférable de favoriser la motivation intrinsèque des jeunes quant à leurs comportements.

Le seul cadeau matériel qu’il m’arrive de donner est un signet réalisé par mon amie Audrey Blanchette. Sur celui-ci se trouve un message félicitant l’attitude et le travail de l’élève. Je considère ce cadeau pertinent parce qu’il met en lumière le bon comportement du jeune, en plus de pouvoir être utilisé lors de ses lectures.

Certaines remplaçantes utilisent les billets de tirage pour féliciter les élèves qui ont bien travaillé. Cette technique peut être intéressante si un groupe est particulièrement difficile à gérer et s’il répond bien à cette technique issue du béhaviorisme. Ce sera à vous de voir.

Pour ma part, pour féliciter les bons coups, je:

  • demande aux élèves à la fin de la journée de voter pour les 3 élèves pouvant être les étoiles du match (j’écris toujours sur mon compte-rendu de suppléance les 3 élèves qui ont le mieux travaillé);
  • écris le prénom des élèves qui travaillent bien dans un carnet pour qu’ils puissent être mes assistants ultérieurement;
  • demande aux élèves calmes de m’épauler lorsque je réalise une expérience;
  • félicite régulièrement les jeunes qui travaillent bien.

– Wow! Bravo Éric, tu es déjà installé à ton pupitre avec ton livre… Je te félicite.

Et c’est à ce moment que 4 autres élèves s’installent confortablement.

5. Introduire et conclure

Lorsque je remplace, je prends toujours quelques minutes au début de la journée pour me présenter et pour préciser combien de temps je serai dans la classe. Le tout est sécurisant pour les élèves. Je présente ma boite de suppléante et l’horaire de la journée. C’est ce que j’appelle mon introduction.

La conclusion d’une journée est pour moi tout aussi importante. Quelques minutes avant la fin de la journée, je prends le temps de dire aux élèves ce que j’ai apprécié et moins apprécié de mon remplacement. Si une journée a été particulièrement chaotique, je peux leur demander comment ils ont trouvé leur journée, s’ils sont fiers d’eux, etc. C’est une manière de clôturer efficacement le tout. J’en profite également pour leur dire que j’ai bien hâte de les revoir.

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Des journées de suppléance peuvent être difficiles. Je suis d’avis qu’une bonne gestion de classe est la clé du succès d’une journée, bien que ce soit particulièrement difficile à gérer. Toutefois, lorsqu’une jeune fille s’approche et vous dit :

« Madame Suzie, quand je sais que nous allons avoir une remplaçante, je prie le soir pour que ce soit toi. »

Vous oubliez toutes les journées difficiles et vous vous dites qu’il y a de l’espoir… beaucoup d’espoir.

Quelques autres trucs en rafale :

– Favoriser les interventions indirectes (ex. : toucher l’épaule, regarder l’élève)

– Prévoir du travail supplémentaire pour ceux qui terminent plus rapidement (ex. : un dessin, une feuille avec des défis, etc.). Un jeune qui ne sait pas quoi faire peut très bien décider de déranger les autres.

– Éviter de permettre à deux élèves d’aller à la salle de bain en même temps. Vous éviterez ainsi d’éventuels problèmes 😉

– Se trouver une technique pour les déplacements dans les corridors. Pour ma part, avec les plus vieux, j’utilise M.Crochet (s’ils parlent, je lève une partie de M.Crochet en guise d’avertissement. S’ils continuent, je leur montre la partie aimantée de ce bonhomme, signe qu’elle sera collée au tableau dès le retour en classe). Avec les plus jeunes, j’aime bien leur dire que mon meilleur ami est le silence et que j’adore discuter avec lui dans les corridors. Ils trouvent bien drôle le fait de me voir discuter en silence avec le silence 😉 Des copines m’ont aussi déjà parlé d’un gardien du rang, d’un policier des corridors, du roi du silence, etc. L’important, c’est de trouver la bonne technique pour le groupe et de varier au besoin.

-Visiter les ressources du Web pour avoir d’autres techniques. Voici, entre autres, deux sites intéressants :

http://www.pedagonet.com/other/TRUC1.htm

http://stephanecote.org/2013/08/15/13-trucs-de-gestion-de-classe-qui-instaure-le-respect/

Alors voilà! J’espère que le tout vous sera utile.

Si vous avez d’autres idées/stratégies/trucs, n’hésitez pas à commenter!

Madame Suzie

Une remplaçante qui crie, « c’est plate! »

Par Suzie Tardif, étudiante à la Maitrise en éducation

Source de l'image : http://recitpresco.qc.ca/
Source de l’image : http://recitpresco.qc.ca/

Aujourd’hui a eu lieu ma première journée de suppléance de l’année.

Très fébrile, c’est avec ma boite de suppléante et M. Crochet que j’ai découvert les premiers élèves que j’allais côtoyer cette année.

Au début d’une journée de remplacement, je me présente toujours à travers trois objets contenus dans ma boite.

 

  • J’ai le roman de Grosspafine pour ma passion pour les livres;
  • un souvenir de voyage pour ma passion pour les voyages;
  • et des raisins secs.

Il est toujours agréable de voir les réactions des jeunes lorsque je leur demande pourquoi des raisins secs représentent ma troisième passion. Les réponses à cette question sont variées, mais surtout très comiques « c’est parce que tu aimes manger » ou « c’est parce que tu aimes vraiment les raisins ». Lorsque je leur explique que c’est parce que je peux les faire danser, leurs réactions sont encore plus drôles.

« QUOI ? Des raisins qui dansent? »

« Eh bien oui. Je les fais danser à l’aide d’une réaction chimique. Ces raisins représentent ma troisième passion : la science. »

Ce matin, après m’être présentée, j’ai demandé à mes élèves de faire de même en répondant à trois questions sur une feuille.

L’une des questions était : « qu’est-ce que vous aimez/n’aimez pas d’une remplaçante? »

En effet, je voulais qu’ils me précisent le tout afin de corriger mon tir avec eux durant l’année. J’avais hâte de découvrir leurs réponses. Avez-vous une idée de ce que ces jeunes aiment et n’aiment pas d’une remplaçante? À vos hypothèses!

Eh bien, de manière générale (pratiquement l’unanimité du groupe), ils n’aiment pas les remplaçantes qui crient. Eh oui. À plusieurs reprises,  il ont spécifié qu’une remplaçante qui crie, « c’est plate ».  Évidemment que ce l’est!

Il est vrai que la réalité de la suppléance occasionne parfois des envies de crier (rires). Par contre, je suis d’avis qu’il existe bon nombre de techniques non verbales ou verbales (mais moins intenses) pour se faire respecter.  J’aime particulièrement les techniques détaillées par Stéphane Côté dans son article « 13 trucs de gestion de classe qui instaurent le respect » (http://stephanecote.org/2013/08/15/13-trucs-de-gestion-de-classe-qui-instaure-le-respect/).

Il y explique, entre autres, que le chuchotement est plus efficace et plus respectueux pour les élèves que les cris. Je suis d’avis que le tout n’est pas toujours facile, mais je crois qu’il est bon d’y porter une attention particulière afin d’éviter le plus possible de crier.

À l’opposé, les réponses quant à ce que ces élèves aiment d’une remplaçante sont plus variées et plus cocasses : lorsqu’elle est gentille, lorsqu’elle est sévère (mais pas trop), lorsqu’elle fait des jeux à la fin et lorsqu’elle vient nous chercher à la porte en sont quelques exemples.

Néanmoins, j’ai apprécié cette petite activité. Elle me permettra de me concentrer sur ce que ces jeunes aiment…et n’aiment pas!

Source de l’image : http://recitpresco.qc.ca/