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Voyage, voyage…

Paul K_imagePar Paul Kawczak, étudiant au Doctorat en lettres

Salut, salut,

C’est l’été. Question idiote : vous partez ? Moi, oui. En France ! Comme à chaque été depuis quatre ans… Non, je ne dis pas ça pour vous écœurer, mais pour vous parler des études à l’étranger. Je suis moi-même un étudiant international, et chaque année j’effectue mon retour au pays natal…

Au fait, juste comme ça, avez-vous lu le Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire ? Jetez-y un œil si la littérature française vous intéresse… D’ailleurs, Césaire a étudié loin de sa Martinique natale, à Paris, et il n’est pas forcément besoin de changer de pays pour changer de monde. Ce Cahier qui l’a rendu célèbre, il en a commencé la rédaction en Dalmatie, au bord de l’Adriatique où il pensait toujours à chez lui. L’espace géographique recoupe celui du cœur en littérature.

J’ai effectué une partie de ma maîtrise à Stockholm, et l’entièreté de mon doctorat – que j’achève – au Québec. J’ai étudié l’abbé Prévost en Suède, André Malraux au Canada… La littérature n’a pas de frontière, n’allez pas croire qu’elle peut vous bloquer ! Et puis, je ne regrette pas les cours de psycholinguistique et autres matières totalement inédites pour moi dont j’ai suivi un cours ici et là, hors de mon confort littéraire. Il existe de nombreux programmes d’échanges universitaires que je ne saurais vous détailler ici, tout ce que je peux dire c’est que ni mes notes ni mes travaux n’en ont pâti, que je ne m’y suis pas ruiné, et que les années d’études sont parmi les meilleures années pour voyager. Les voyages de jeunesse changent la vie, la réorientent et l’enrichissent ; que vous changiez de continent ou que vous alliez dans la province voisine, vous ne reviendrez pas la ou le même après un semestre ou deux, ou trois, ou quatre… ou plus !

Je vous épargnerai les clichés du quitter son pays pour mieux le comprendre, et aller à la rencontre de l’autre, tout ceci est tellement évident qu’il n’est plus tellement pertinent d’en parler… Chaque expérience de voyage est unique et telle sera la vôtre si vous faites le choix des études à l’étranger – et vous pouvez faire de très belles études sans quitter votre ville natale, là n’est pas la question. Ce que je voudrais vous dire, si vous faites ce choix, c’est: pensez à flâner, à perdre un peu temps et d’argent, à sortir, à rencontrer du monde, à donner une chance à beaucoup de choses et de gens, le bénéfice de votre voyage n’en sera que meilleur et il serait dommage de partir pour se retrouver enfermé entre les quatre murs d’une autre université. Césaire a commencé par rater le concours qu’il préparait à Paris, cela ne l’a pas empêché de réussir par la suite ! Je ne dis  toutefois pas de laisser tomber les études, mais plutôt de les laisser vivre, en soi et avec soi, loin de la maison, pendant un temps toujours trop court. Ailleurs la couleur des heures change, admirez-la avant qu’ailleurs ne devienne ici. Réussir ses études, c’est obtenir plus que des bonnes notes.

Bac, maîtrise, doctorat, il n’y a pas de  meilleurs moments que d’autres pour partir si l’envie vous en prend. Promettez-moi d’y penser et même de vous renseigner si l’idée vous passe par la tête…