Archives pour l'étiquette fatigue

La fatigue post-hivernale

Par Baptiste Hagège, étudiant au Baccalauréat en kinésiologie

Après un hiver avec des températures avoisinant les -30°C voir les -40°C, le corps doit s’adapter et cela engendre quelques fatigues. La fatigue peut être perçue mentalement, physiquement et aussi physiologiquement. L’arrivée à grand pas de la fin de session n’arrange pas notre situation de léthargie et nous pouvons déjà sentir le printemps nous chatouiller les narines.

Comment peut-on gérer cette fatigue et être à notre plein potentiel pour les examens ? Il faut tout d’abord comprendre ce qu’est la fatigue et surtout savoir comment la détecter pour réagir au plus vite. La fatigue peut se définir comme : « L’incapacité de maintenir une force désirée » selon Edwards (1981) ou aussi « L’incapacité de continuer à travailler à une intensité particulière ». Selon Enoka & Stuart (1985), la fatigue est une augmentation progressive de l’effort requit pour la production d’une force désirée suivie d’une incapacité progressive de maintenir cette force de manière continue ou répétée. Elle est applicable à n’importe quel organe du corps consommant de l’énergie, cela peut très bien être les muscles comme le cerveau.

En générale la fatigue se traduit par une baisse de la performance ou de la productivité (Danion et al. 2000, 2001 ; James et al. 1995 ; Sparto et al. 1997), une baisse de la précision (Bjorklund, et al, 2000 ; Jaric et al. 1999), une augmentation des erreurs d’exécution (Forestier, & Nougier, 1998; Forestier et al. 2002), une apparition de douleurs (Valencia, 1986 ; Vasseljen et al. 2001), une augmentation des risques de blessures (Brereton & McGill, 1999) et des troubles musculo-squelettiques (Arndt, 1983 ; Feagin et al. 1987 ; Parnianpour et al. 1988; Sparto et al. 1997) avec des répercussions diverses… (Vu dans La fatigue, de Martin Lavallière). De plus la fatigue est composée d’un versant subjectif avec une perception d’un effort plus grand à fournir et d’un versant objectif qui est réellement une perte de force.

Cependant, la sensation de fatigue a une fonction protectrice, elle signale l’épuisement des réserves énergétiques et l’apparition de l’inaptitude fonctionnelle, elle empêche l’organisme de poursuivre une activité qui amènerait des altérations irréversibles.

Si les symptômes sont perceptibles, il faut immédiatement essayer d’améliorer son niveau d’énergie. Pour cela plusieurs moyens sont possible : comme un temps de repos ou la cessation de l’activité pour un certain temps ; changer son alimentation, c’est-à-dire augmenter l’apport en vitamine présent dans les fruits et les légumes ainsi que diminuer les matières grasses qui vont acidifier le corps et nous rendre plus léthargique ; et aller provoquer de la bonne fatigue en faisant du sport modéré à intense, ce qui va stimuler l’organisme et recharger les batteries !

Physiothérapeute spécialisé en cardio-respiratoire, ça mange quoi en hiver ?

ne-pas-oublier-de-respirerPar Philippe Ouellet, étudiant au Baccalauréat en sciences de la réadaptation (physiothérapie)

Présentation de l’un des trois champs d’expertise du physiothérapeute : le système cardio-respiratoire (avec la contribution de Fernanda Ribeiro, professeure à l’UQAC en réadaptation cardio-respiratoire)

À l’UQAC, au cours du continuum Bac-Maîtrise en physiothérapie, on apprend les différentes affectations des pathologies du système cardio-respiratoire et de leurs répercussions systémiques. On définit les fonctionnements normaux et les affectations des différentes pathologies sur l’ensemble de la personne.

Le physiothérapeute expert en cardio-respiratoire devient donc apte à prescrire et à adapter des entraînements plus spécifiques à une clientèle qui présente des restrictions à ces systèmes. Des exercices en résistance et en endurance induisent des mécanismes d’adaptation, plus précisément au niveau du muscle squelettique, qui permettent, selon les recherches actuelles, d’augmenter la tolérance à un effort physique malgré l’irréversibilité des maladies comme l’emphysème pulmonaire ou l’insuffisance cardiaque. De plus, ce professionnel est responsable de l’évaluation et de la prescription des exercices et des adaptations de la vie quotidienne qui améliorent la condition cardiovasculaire et respiratoire, comme des exercices pour les muscles respiratoires après une chirurgie, par exemple.

Ce qu’il est important de comprendre, selon Fernanda Ribeiro, c’est que les restrictions physiologiques imposées par les maladies cardiorespiratoires, aiguës ou chroniques, rendent les personnes affectées plus susceptibles à la réduction du niveau d’activité physique et, par conséquent, de leur qualité de vie. Si leur fatigue à l’effort est augmentée, leur mobilité est réduite. Par conséquent, ces personnes sont moins aptes à accomplir leurs tâches de la vie quotidienne. De plus, ces patients ont souvent plusieurs affectations de santé dont il faut tenir compte dans le type de traitement proposé : diabète, hypercholestérolémie, obésité, pour n’en nommer que quelques-uns.

Par ailleurs, il y a deux grands types d’affectations cliniques qui peuvent exister : aiguës ou chroniques. Selon le cas, les objectifs, les exercices et la prise en charge seront différents.

Perspectives d’avenir

Les physiothérapeutes spécialisés en cardio-respiratoire travaillent surtout au sein d’équipes interdisciplinaires. Pour plus d’informations sur ces équipes, voir mon article précédent qui traite du sujet (Le travail interdisciplinaire – Notion d’équipe !). Ils collaborent notamment avec les cardiologues, les pneumologues, les techniciens en inhalothérapie ainsi que plusieurs autres intervenants du domaine de la santé.

Leur rôle sera important dans les prochaines années. Pourquoi ? La population se fait vieillissante et les maladies respiratoires chroniques font partie des trois plus grandes causes de mortalité, avec le cancer et les maladies cardiaques. L’incidence des patients pouvant bénéficier de l’expertise du physiothérapeute est et sera très élevée. Qui sait, peut-être que j’irai un jour travailler dans ce créneau !

Je vous invite à partager vos questionnements si vous en avez.

A+, Phil.O