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Des conseils pour un projet d’Expo-sciences

Exemple kiosque Expo-sciencesPar Suzie Tardif, étudiante à la Maitrise en éducation

Dernièrement, trois enseignants m’ont demandé de réaliser ce que j’appelle un lancement d’Expo-sciences.

Pour ce faire, en plus de proposer aux jeunes une démarche scientifique à exploiter, je leur présente ce qu’est pour moi un « bon » sujet d’Expo-sciences.

Je vous partage aujourd’hui ces quelques conseils offerts à de jeunes élèves très heureux de participer à un tel projet.

Ces conseils sont tirés de plusieurs sources : ma participation à une Expo-sciences en quatrième secondaire, les conseils judicieux de deux amies qui y ont participé à plusieurs reprises et des références efficaces trouvées sur le Web, notamment l’XYZ de l’Expo-sciences au primaire. Ce document réalisé par le Conseil du Loisir Scientifique est  très complet pour un enseignant qui veut réaliser un projet Expo-sciences avec ses élèves.

Mes premiers conseils sur le choix d’un « bon » sujet

  • La simplicité peut être gagnante

À plusieurs reprises, j’explique aux jeunes qu’un sujet d’Expo-sciences ne trouve pas nécessairement sa pertinence dans sa complexité. Des questions simples, enfantines, sont souvent gagnantes, surtout au primaire.

Pour aider les élèves, je leur propose de se demander quelles sont les questions qu’ils se posent généralement dans la vie de tous les jours. Ces questions peuvent très bien devenir leur question de recherche.

Quand on y pense, les adultes peuvent se poser parfois ces mêmes questions enfantines… Ces sujets peuvent donc également les intéresser.

  • Les critères d’un « bon » sujet de recherche selon madame Suzie

Lors de ce lancement, je présente quatre critères qui permettent de déterminer si un sujet de recherche est pertinent. Évidemment, ces critères ne sont pas officiels, ce sont simplement ceux à lesquels j’ai pensé. Les élèves doivent se demander s’ils répondent minimalement à deux d’entre eux, mais le premier est obligatoire.

Selon moi, le sujet doit être :

– Relié aux intérêts du jeune

Ce dernier doit absolument être rencontré parce qu’il faut que les élèves aient envie d’en apprendre sur leur sujet et parce que leur intérêt pour ce dernier doit transparaître dans leur présentation. Le public est alors plus attentif.

– Original

Un sujet peut être original parce qu’il est peu connu ou peu exploité. Toutefois, l’originalité peut aussi être observable à travers la question ou les objectifs du projet. Un sujet très commun comme « les volcans » peut inévitablement être original si les objectifs de recherche le sont.

– Actuel

Je conseille aux jeunes de feuilleter des livres ou des sites Internet sur les sciences afin de cerner des sujets dits actuels. Il est intéressant, selon moi, de vulgariser ou d’expérimenter ceux qui permettent de rejoindre les intérêts scientifiques contemporains. Cette année, par exemple, Mars One pourrait être un sujet de vulgarisation actuel.

– Régional

Ce critère, bien qu’il soit plus difficile à rejoindre, est pertinent. Selon moi, il est intéressant de choisir un sujet régional dans le cadre d’un tel projet, ne serait-ce que pour en apprendre davantage sur la région, sur ses intérêts scientifiques ou sur ses particularités.

Quelques conseils pour être original lors d’une vulgarisation:

  • Les élèves trouvent très drôle ma définition de ce qu’est une vulgarisation : il s’agit d’une explication d’un sujet assez simple pour que les élèves de première année repartent de leur kiosque en ayant de nouvelles connaissances. Il importe de garder en tête cette définition pour éviter de divulguer par cœur les explications/renseignements trouvés puisque le tout est beaucoup moins dynamique.
  • Je conseille également aux élèves d’exploiter les ressources humaines qui les entourent. Des entrevues peuvent être réalisées avec un oncle ingénieur en mécanique pour expliquer le fonctionnement d’une voiture électrique ou avec une tante infirmière pour parler des allergies, par exemple. Ces gens vulgarisent inévitablement leurs explications, qu’il sera ainsi possible de vulgariser devant son propre public.

Un conseil pour être original lors d’une expérimentation:

  • Je répète aux jeunes qu’il est intéressant de se poser des questions simples, et ce, pour une expérimentation également. L’an passé, mes élèves ont réalisé une expérimentation portant sur les empreintes digitales. Elles croyaient que deux personnes pouvaient avoir les mêmes. En plus d’être nommé « Coup de cœur du public » lors de l’Expo-sciences scolaire, ce projet leur a permis de se familiariser avec la démarche scientifique et c’est, selon moi, ce qui importe.

Deux conseils pour le titre du kiosque:

  • Le titre de la présentation doit être officialisé à la fin du projet seulement pour en assurer la pertinence. Toutefois, si des idées surgissent en cours de route, les élèves doivent écrire celles-ci dans leur journal de bord. Pour que les gens aient envie de se rendre à un kiosque, le titre de ce dernier se doit d’être original. C’est pourquoi il faut laisser cogiter ses idées.
  • Les jeux de mots ou les rimes peuvent rendre un titre plus original.

Voici donc quelques conseils offerts lors des lancements de l’Expo-sciences.

J’ai adoré cette expérience et j’ai bien hâte de voir les projets des jeunes.

À bientôt,

Madame Suzie

Expo et bio!

Par Alexis St-Gelais, étudiant au Baccalauréat en chimie des produits naturels

Bonjour à  tous!

La fin de semaine dernière a eu lieu la finale régionale de l’Expo-Sciences Bell du Saguenay-Lac-St-Jean, où j’étais impliqué sur le comité organisant la période de jugement. Bien en dehors de mes fonctions, j’ai ressenti une certaine fierté en découvrant qui les juges avaient choisi comme grandes gagnantes: deux jeunes scientifiques en herbes du Séminaire de Chicoutimi, Gabrielle Fortin et Noëlle-Alexandra Morin, ont remporté les honneurs avec un projet qui s’est réalisé en collaboration avec un des mes professeurs, M. Jean Legault, qui est aussi chercheur au laboratoire LASEVE. Les résultats obtenus par cette équipe, relativement à  l’activité anticancéreuse de certains extraits végétaux, sont assez étonnants. J’ai hâte de voir où les prochaines étapes des Expo-Sciences les mèneront.

Après ces quelques jours d’activité bourdonnante, j’ai replongé dans mon monde académique. Au programme aujourd’hui: une présentation orale sur les plantes parasites en Anatomie et morphologie végétale, soit le cours de biologie végétale au programme de la 2e session en Science des produits naturels. Moi qui trouvais que nous avions beaucoup parlé de biologie humaine et animale au secondaire et au Cégep, j’ai été servi dans ce cours avec une pléthore de nouveautés toutes plus intéressantes les unes que les autres. Ce cours nous fait découvrir l’organisation cellulaire des plantes, les différents « organes » qui les composent, leur croissance, leur origine et leurs fonctions, en profondeur. Le cours est ponctué d’observations de lames au microscope et de dessins d’observation.

Quant à  la présentation sur les plantes parasites, il s’agit d’une sorte de travail de session où des équipes d’étudiants sont mises à  contribution dans la prestation du cours, en exposant certaines portions plus particulières de la matière à  partir de leurs recherches, comme les mécanismes de la chute des feuilles, le mutualisme des plantes avec des champignons et des bactéries, etc. J’aime particulièrement le sujet que mon équipe a reçu, car il nous a permis de découvrir des plantes étranges qui, de par leur nature parasitique, affichent une apparence qui sort de l’ordinaire. Je vous laisse sur cette photo d’une Hydnora africana qui, malgré son apparence, n’est pas carnivore! En fait, cette fleur sans tige ou feuilles dégage une odeur de pourriture qui attire de petits scarabées. Ils s’y introduisent par le côté et, pouvant difficilement sortir en raison des poils (la fleur est un peu vieille et trop ouverte sur la photo), passent beaucoup de temps à  tourner en rond dans la fleur, qu’ils pollinisent avant de pouvoir s’échapper. La nature est pleine de ressources!

Parasitiquement vôtre (mais pas trop quand même!),

Alexis