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Le Jam de la relâche

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La mi-session, la semaine de lecture, la semaine de relâche…appelez-la comme vous voulez, pour moi c’est synonyme de semaine de fou! Cette semaine n’est pas de tout repos. En fait, pour combler le vide des cours en pause, nous avons plus de travaux et plus d’études. De plus, j’ai beaucoup plus d’heures au travail puisque, techniquement, je n’ai plus de cours. Cela dit, une chance qu’elle existe cette « pause » car c’est un bon moment pour rattraper ses retards.

Ne paniquez pas, cet article n’est pas que pour vanter les avantages et désavantages de la mi-session car je n’ai pas tant de choses à dire à ce sujet. Je vous parlerai en fait d’un événement spécial auquel j’ai participé, qui se déroule à l’université pendant la relâche et qui s’adresse à nous, étudiant(e)s en informatique ou jeux vidéo. Cette activité se nomme  « GameJam » ou plutôt « WonderJam », afin d’être fidèle à la tendance de cette session-ci. Cet événement consiste à concevoir un jeu vidéo en 48 heures. Les participants se regroupent en équipes de 4 à 6 personnes. Les équipes peuvent être formées de programmeurs et d’artistes (NAD) ou seulement de programmeurs.  Par contre, les artistes ne participent qu’à un seul «GameJam» sur deux durant l’année. Comme les artistes sont malheureusement peu nombreux, il arrive que certaines équipes ne comptent que des programmeurs, comme ce fut le cas pour mes équipes des  années passées… 🙁

Le déroulement

La première journée, les participants sont invités à s’installer : se trouver un espace, brancher les ordinateurs et s’assurer d’avoir tout le matériel nécessaire. L’endroit où se déroule l’événement dépend du «GameJam». Quand les artistes se déplacent au Saguenay, le «GameJam» se déroule à l’université. Autrement, on peut choisir notre endroit, ce qui donne lieu à différentes ambiances et expériences. Je parlerai dans cet article seulement de celui qui s’est déroulé ce mois-ci.

Après la préparation vient l’attente. L’attente du moment décisif : l’annonce des contraintes et du thème imposé. Je vous explique… Chacune des équipes obtient deux contraintes parmi  les choix suivants : tower defense, course, rythmique, romance, beat ‘em all, platformer, etc. Mon équipe et moi avons cette année reçu : beat ‘em all et course… À ce moment-là, c’est le néant. On croit toujours avoir obtenu les pires contraintes… Mais en fin de compte on s’en sort bien, vous verrez! Pour ce qui est du thème, il est général et toutes les équipes doivent le respecter. Cette année il s’intitulait : Plus de peur que de mal. Une fois l’annonce terminée, la création doit envahir les participants. Ils n’ont que 48 heures pour pondre un jeu… vous vous rappelez? Alors, pour ce qui est du concept, ils se doivent de l’imaginer assez rapidement. Pour ma part, la décision du concept constitue une étape cruciale. L’équipe qui se rendra jusqu’au bout de son idée, qui se doit d’être incroyable… gagnera probablement! C’est pourquoi, au cours des 4 derniers «GameJam»  où  j’ai participé, nous prenions cette décision autour d’un souper, afin d’avoir les idées claires.  Un petit truc : Ne pensez pas trop gros, minimalisez! Dans le processus de conception, c’est inévitable, il faut toujours couper… Si vous devez couper le principal plaisir de votre jeu, c’est la cata. Une fois le concept trouvé et clos, l’enfer peut donc commencer. Coder… Coder… Coder… Manger… Coder… Coder… Coder… Manger… Coder… Coder… Boisson… Dodo (facultatif).  Personnellement, je ne trouve pas que c’est une bonne décision de ne pas dormir… Quand je suis fatiguée, et je ne suis pas la seule, j’en suis sûre, ma logique n’existe plus… pire je deviens « contre-logique ». Alors, durant un événement comme cela, DORMEZ! Par contre, c’est toujours amusant, pour nous dormeur, de revenir le lendemain matin et de voir des gens qui ne se sont pas reposés, avec leur tronche de mort. Ensuite, à la dernière journée, dans le meilleur des cas, les participants ont un jeu jouable. Cette journée est consacrée au débogage ou au bogage … tout est possible. Effectivement, cette phase est cruciale… même décisive. Tous les membres de l’équipe doivent coder leur jeu, et rapidement. De nombreux bogues peuvent s’y glisser, et souvent ceux-ci sont très durs à repérer ou même à éliminer. C’est pourquoi je vous rappelle: DORMEZ. On se doit d’être très alerte cette dernière journée.

Enfin, les juges.  Oui… parce que nous sommes jugés bien sûr. Ceux-ci sont des membres de l’industrie, ils ont tous une place  importante quelque part dans une compagnie de jeu…Aucune pression, je sais. Les jeux sont donc présentés aux juges. Ils délibéreront ensuite afin de nommer 3 positions ainsi qu’un coup de cœur. Les prix ne sont pas toujours les mêmes, mais ça tourne autour d’argent, de tablettes, de jeux et plus encore.

Comme je l’ai mentionné plus tôt, j’ai participé au «WonderJam» cette année ainsi qu’à 3 autres «GameJam» les années précédentes. Je suis donc une habituée. Nous n’avons pas gagné cette session-ci, malheureusement, mais l’expérience qui en ressort est indescriptible. On apprend à pousser nos limites, à travailler en équipe, à s’entraider. De plus, les juges et d’autres personnes de l’industrie viennent nous encourager et même parfois nous aider, ce qui est très enrichissant. J’ai appris énormément pendant ces 4 «GameJam». On dit qu’on apprend de ses erreurs et, effectivement, c’est le cas. Je vous avouerai que la première fois, j’avais extrêmement peur. Je craignais d’être un boulet pour mon équipe, d’être incapable de faire quoi que ce soit. Vous savez quoi ? Nous avons gagné la deuxième place cette année-là… pas pire.  Évidemment, ce n’est pas un moment de repos, on ne dort pas beaucoup et on s’échauffe le crâne. Par contre, les résultats en valent la peine. La fierté est au rendez-vous, croyez-moi. Même si votre jeu est le plus pourri de la place, vous n’en sortirez pas plus ou pas moins satisfait que les gagnants.

 

Bien que ma mi-session ait été très éprouvante, elle a débuté sur une note amusante et enrichissante grâce à cet événement incroyable.  Je recommande à tout le monde ayant  l’opportunité de participer à cet évènement de ne pas hésiter à le faire. C’est une expérience à vivre au moins une fois dans une vie de programmeur (et même plus d’une fois, si vous en avez la chance). Je vais continuer à en faire toute ma vie… c’est certain.

 

Sur ce je vous donne le lien de mon jeu si vous voulez essayer, amusez-vous bien 🙂

https://www.dropbox.com/sh/ulzldaapicx03m2/AAAIu8ss_SJF2TqwfYyalcyPa?dl=0

Janick

 

Workaholic en mou…

Workaholic en mou photo

Joggings, coton ouaté, bas de laine… voici mon accoutrement de cette semaine. Que dis-je : de cette année!  Je m’habille ainsi, dans tout le confort du monde, pour aller travailler toute la journée dans le laboratoire (je travaille mieux en mou). Ce laboratoire est ma seconde maison : j’y passe la plupart de mon temps. C’est quoi, ce laboratoire? Non, je ne fais pas des analyses d’urine ou de sang. Informatique, laboratoire d’informatique. Plus que ça, c’est un laboratoire personnel : seuls mes coéquipiers et moi y avons accès…V.I.P.! Moi, j’appelle cet endroit le « paradis du café et des « pouf lol » ». Voilà une onomatopée qui remplace tous les bruits ou expressions désignant une émotion quelconque (rage, étonnement, incompréhension…). On a besoin de ce genre de chose afin de garder une ambiance agréable. Oui, c’est parfois difficile de rester optimiste. Vous vous demandez sûrement de quoi je parle… de la programmation!

Cette année, j’ai participé à trois projets de jeux vidéo : deux sont en cours de réalisation, et ce n’est pas de tout repos! L’important, c’est le résultat, et il en vaut la peine. Le seul problème c’est que ma maladie (c’est quoi le nom, déjà… ah oui! la procrastination) prend de l’ampleur pour mes autres cours. Il est important de bien s’organiser, je l’ai compris (sans le mettre en pratique, bien sûr!). La charge de travail dans ce bac est assez considérable. Ne vous attendez surtout pas à vous pogner le beigne ou le bacon les deux doigts dans le nez, comme on dit souvent! Ah, et puis, vous allez programmer. Beaucoup. Je tiens à vous avertir, parce que pour moi, personne ne l’a fait. Je n’avais jamais utilisé une fenêtre de commande de ma vie, jamais vu une ligne de code. Oui, j’ai fait un « pouf lol » ! Pourquoi suis-je restée? Parce que c’est passionnant.

En fait, c’est difficile, je vous l’avoue. Mais avec de la pratique, tout vient, non ? Pour moi, oui : j’ai bien réussi. La preuve : j’ai réussi tous mes cours, et je suis en 3e année. Je crois que la principale raison qui m’a poussée à continuer, c’est que je ne m’attendais pas à réaliser quoi que ce soit, alors lorsque j’ai fait fonctionner mon premier programme, j’étais beaucoup trop fière. Je souhaitais savoir jusqu’où je pouvais me rendre, quelles étaient mes limites. Vous savez quoi? Il n’y a pas de limites en informatique ni en jeu. La complexité des jeux vidéo et la vaste étendue d’informations qu’on y trouve nous forcent à sortir de notre zone de confort et à nous surpasser. On est appelés à développer nos compétences par nous-mêmes. Ce n’est pas que les professeurs ne font pas un bon travail; au contraire, c’est la meilleure façon d’apprendre. Ils nous aident à développer nos capacités logiques et algorithmiques, tout ce dont on a besoin pour réussir. Il faut vouloir se dépasser pour être bon. Et j’aime me dépasser : ça tombe bien. Vous vous souvenez de mon laboratoire? Eh bien, j’y passe la plupart de mon temps par choix. J’aime ça. J’ai hâte d’y retourner chaque jour. Mes projets m’inspirent, ce qui fait que dans ma tête, ça bouillonne d’idées et j’ai toujours hâte d’aller les essayer.  J’imagine que je suis au bon endroit.

On s’améliore en étudiant et en pratiquant, non? Heureusement,  il nous est possible de vivre des expériences qui nous renforcent en tant que concepteurs de jeux vidéo et en tant qu’humains. Ce que l’on vit est une projection presque identique de ce qui nous arrivera dans l’industrie : le travail acharné, le dépassement de soi et le travail d’équipe. Des équipes qui ne sont pas seulement constituées de programmeurs, mais des équipes multidisciplinaires. Nos « subordonnés », les artistes du centre NAD, font du bon travail également. Vous devriez voir ce qu’ils sont capables de faire, ouf… C’est gênant d’exhiber mes petits dessins. Les résultats finaux sont incroyables quand ces deux domaines se rencontrent, croyez-moi. Par contre, on ne peut pas parler de travail d’équipe sans souligner quelques problèmes. En effet, se retrouver avec les mêmes personnes chaque jour pendant des mois, ce n’est pas toujours facile. Certains conflits ou malentendus peuvent survenir, mais on forge des liens d’amitié fort incroyables et ce n’est pas à négliger.

Workaholisme, procrastination, dépassement de soi, amélioration des compétences et capacité à travailler en équipe. Gardez ça en tête.

Sur ce, je vais aller peaufiner le lancer de mon personnage dans le confort de mes joggings! Bonne journée!

Janick