Archives pour l'étiquette école

Heureuse et blasée

Ouest canadienPar Ariane Néron Lapointe, étudiante au Baccalauréat en science politique

Hello everybody!
J’ai traversé le deuxième plus grand pays du monde pour me retrouver nez à nez avec de l’anglais par-dessus la tête et j’y ai jeté l’ancre pour cinq semaines. En visitant les recoins de la Colombie-Britannique et en me conformant à un cadre d’apprentissage rigoureux, j’ai pu perfectionner mon anglais, et si je suis bien loin de l’enviable bilinguisme, j’ai toutefois acquis une confiance qui me faisait défaut dans l’apprentissage de cette langue. Y étant immergée, j’ai vu mes faiblesses, mes limites, et cela m’a permis de les dépasser. Désormais, j’ai vaincu, du moins partiellement, ce qui jusqu’ici m’avait nuit le plus dans l’atteinte de mes buts.
Après les cours, les travaux et les sorties, je ne me suis toutefois pas fait prier pour revenir dans mon coin de pays. En vérité, Explore m’a aidé à acquérir une nouvelle confiance, mais n’a pas comblé la voyageuse en moi. L’Ouest c’est beau, l’Ouest c’est différent, mais l’Ouest ne m’a pas dépaysé. Peut-être l’ai-je un peu trop analysé avec mon bagage en science politique? Qui sait!

Par ailleurs, la Colombie-Britannique m’a quelque peu épuisée. À vouloir rentabiliser mon temps entre l’école et les nombreuses activités offertes par le programme, j’ai décroché. C’est en décrochant que j’ai pu rencontrer des gens extraordinaires qui, je l’espère, resteront plus que de simples connaissances, car ils ont façonné une nouvelle partie de moi, plus mature et plus réfléchie. Une partie de moi qui aimerait plus souvent lâcher prise.

Je crois que tout étudiant devrait vivre l’aventure Explore car cette expérience fait grandir, et ce, peu importe l’âge que l’on a. Maintenant, que j’ai vu, que j’ai connu et que j’ai vaincu l’Ouest canadien, il est temps pour moi de me reposer et d’essayer de me motiver pour mes cours d’été… ☺

Quatre semaines intenses, diversifiées et marquantes à Jonquière

Par Sebastian Kluth, étudiant au Baccalauréat en enseignement au secondaire — profil univers social

Vers la fin du trimestre d’automne, j’avais passé un stage de quatre semaines en lien avec le programme de mon baccalauréat en enseignement secondaire dans le profil de l’univers social, qui contient un peu l’amalgame des sciences humaines à  L’àéole secondaire Kénogami à  Jonquière. Il s’agissait de mon deuxième stage, le premier étant uniquement un stage de huit jours d’observation qui a été fait à  l’à‰cole secondaire Charles-Gravel à  Chicoutimi. Comme vous voyez, j’ai essayé de voir deux écoles et même deux commissions scolaires différentes et j’aimerais en voir encore plus dans le futur. Les deux stages étaient très enrichissants et motivants pour ma part, mais il faut aussi dire que j’ai connu certains élèves qui ont décidé de lâcher leurs études suite à  ce deuxième stage décisif, vu qu’ils avaient des problèmes à  faire de la gestion en classe ou à  être confrontés à  des élèves trop apathique ou troublants pour eux. Moi, j’ai pourtant réalisé que je me sens bien à  l’aise devant une classe et que le travail de l’enseignant est probablement le métier idéal pour moi, ce qui m’a énormément stabilisé.

Je donnais des cours de Monde contemporain, qui est assez récent. Selon moi, il unit un peu toutes les sciences humaines telles que l’économie ou la géographie et a une touche politique qui concerne surtout l’actualité. Le but est de socialiser et politiser les jeunes et de les confronter à  des idéologies des nations différentes qui deviennent de plus en plus importantes dans un monde globalisé, dans une époque de mondialisation o๠tous les états sont liés entre eux et interdépendants. Durant mon stage, j’ai notamment parlé de l’environnement avec mes élèves et comment les différents pays et càŽtés politiques estiment et finalement réagissent envers des problématiques ou événements actuels comme la marée noire dans le Golfe de Mexique, la Conférence de Cancun de 2010 sur le climat ou l’exploitation des sables bitumineux en Alberta. Le but était en premier lieu d’amener les élèves à  saisir la complexité du monde actuel et à  s’ouvrir à  la diversité des sociétés qui le composent avant de les amener à  développer leur sens critique dans l’étude de problèmes et d’enjeux du monde contemporain afin d’atteindre en fin de compte la préparation de la participation des élèves en tant que citoyens instruits et responsables à  la délibération sociale.

Après deux jours d’observation, j’ai déjà  donnée mes premiers cours au cinquième secondaire à  un total de six classes différentes, trois du programme régulier et trois du programme d’études internationales. Je réalisais vite que je faisais face à  des élèves brillants et gentils qui m’acceptaient comme j’étais et que je pouvais motiver à  participer en classe. Je savais d’autant plus apprécier mes élèves vu que j’avais fréquenté des classes troublantes lors de ma propre carrière scolaire et vu que j’avais toujours été un élève qui aimait discuter jusqu’à  l’épuisement de certains enseignants.

J’ai essayé de diversifier mes cours le plus possible pour ne pas juste être un autre stagiaire ennuyant comme j’en avais connu tant moi-même à  l’école secondaire. Je faisais des présentations Powerpoint en interagissant avec les élèves, en me promenant beaucoup en classe pour chercher le contact direct avec les élèves. Je préparais des extraits de films avec des questionnaires pour offrir une approche visuelle du sujet aux élèves. Je choisissais des chansons qui parlaient de nos problématiques traitées en discutant avec les élèves de la perception et l’influence des artistes sur certains phénomènes du monde contemporain. J’organisais également des travaux d’équipe avec des volets de recherche, d’écriture et de présentation orale. Durant toutes ces activités, je travaillais très proche de mon enseignant associé, qui avait des bons conseils pour moi et des informations pertinentes sur nos élèves. On discutait, on se conseillait, on s’échangeait, on riait et on s’améliorait à  travers ces quatre semaines. Je trouve que nous avions une bonne coopération et communication fructifiante qui était à  la base du succès de mon stage, à  part de ma motivation de base. J’avais également une conseillère de stage qui m’observait deux fois durant un de mes cours et qui organisait également trois séminaires où les différents stagiaires pouvaient s’échanger sur leurs expériences pendant deux heures. Des rapports de stage et une grande synthèse étaient à  remettre durant ces quatre semaines chargées, mais très impressionnantes.

Le stage ne s’arrêtait point à  l’enseignement. J’avais des examens, des grilles de visionnement et des travaux écrits de plusieurs pages à  corriger. Je m’intégrais le plus possible dans mon école en participant aux réunions entre les enseignants, lors des réunions avec les parents et j’allais même aux activités parascolaires comme une soirée de concerts au sein de l’école qu’un de mes élèves avait aidé à  organiser. J’appelais les parents des élèves qui avaient manqué mes cours et entendait souvent des anecdotes et problématiques intéressantes que j’essayais de résoudre. En plus de cela, je donnais une fois par semaine un cours d’allemand et un cours de russe sur l’heure du midi et il y avait quand-même un bon nombre d’élèves qui s’est intéressé pour mes petits cours supplémentaires. J’ai ainsi pu transmettre mes connaissances, ma passion et ma culture à  d’autres personnes qui ont su apprécier cette implication dans laquelle j’ai aimé investir beaucoup d’énergie.

Si j’avais une force particulière à  part d’être intéressant pour mes élèves et de maîtriser de différentes approches pédagogiques et le contenu de mes cours, c’était bien l’interaction sociale. Durant mon stage je faisais face à  des élèves en échec qui étaient peu motivés à  travailler, à  un élève qui pleurait dans mon cours tellement elle avait passé une mauvaise journée ou à  un élève qui était touché ou blessé par un commentaire imprudent d’un coéquipier et à  chaque fois, je cherchais le contact avec les élèves, les consolait, motivait ou essayais d’éveiller leur orgueil et leur motivation. Il était pour moi une agréable surprise de voir qu’il y avait notamment deux élèves dans un de mes groupes qui avaient joué avec leurs cellulaires et briquets durant un examen et remis une feuille quasi vierge à  mon enseignant associé durant ma première journée d’observation et qui semblaient peu motivés qui ont réalisé de beaux progrès durant mon stage, activement participé au cours et bien travaillé. Ce même groupe d’élèves m’a remis une feuille avec leurs noms et un beau texte en me remerciant pour mon implication, ma patience et mes façons d’enseigner à  la fin de mon stage. Ce genre d’événements m’a vraiment touché et démontré que je me sens à  ma place dans l’enseignement et que les enseignants peuvent vraiment avoir un impact important sur leurs élèves. C’est cela qui rend ce métier si intéressant : les réseaux sociaux et le fait que l’on peut former et changer le monde et aider à  réaliser des rêves.

Et lorsque je quittais mon école après mes quatre semaines de stage, je m’ennuyais déjà  de cette expérience enrichissante et j’attends avec impatience la prochaine étape en espérant de croiser un jour de nouveau le chemin de ceux et celles que j’avais connu durant mon stage.