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L’histoire de l’odyssée d’un jeune Allemand qui rêvait de vivre au Saguenay

Par Sebastian Kluth, étudiant au Baccalauréat en enseignement au secondaire — profil univers social

Bonjour à  tous et à  toutes,

Comme vous venez sûrement de remarquer, il y a un nouveau blogueur sur ce site et j’aimerais profiter de mon premier petit article pour raconter une histoire bien intéressante : la mienne.

Je m’appelle Sebastian Kluth et je suis né dans la ville de Leverkusen dans l’ouest de la République fédérale d’Allemagne en 1989, juste un an avant la réunification du pays, qui était à  l’époque encore séparé. Leverkusen est une ville d’environ 160,000 habitants de nos jours, donc un petit peu plus grande que la Ville de Saguenay. Il s’agit d’une ville industrielle avec quelques quartiers ruraux plus verts, connue pour son usine «Bayer», une firme de chimie et de médicaments, qui développe notamment des produits pharmaceutiques pour le monde entier dont le plus connu est sans doute l’«Aspirine». Sinon, la ville est également beaucoup connue en Europe pour son équipe de soccer, le «TSV Bayer 04 Leverkusen» qui a gagné la Coupe UEFA en 1988 et qui a réussi d’atteindre la finale de la Ligue des champions de l’UEFA en 2002. Beaucoup de joueurs nationaux ont connu de grands succès dans cette équipe, notamment Michael Ballack, l’ancien capitaine de l’équipe nationale.

J’ai grandi dans un des quartiers plutàŽt naturels et tranquilles. Dès ma jeunesse, j’ai adoré voyager et je me suis mis à  apprendre des langues le plus vite possible. J’ai commencé à  apprendre le français à  partir de onze ans et au début de mon école secondaire, deux ans plus tard, j’ai choisi d’apprendre l’anglais. Un an plus tard le latin, un autre an après le russe et je continue à  apprendre d’autres langues encore aujourd’hui, comme l’innu-aimun que j’ai appris l’année dernière. Grâce à  des échanges scolaires, j’avais réussi de connaître des gens de la France, de l’Angleterre et de la Russie et lorsque j’ai eu le choix de partir pour une année complète à  l’étranger à  l’âge de seize ans, j’étais décidé que je voulais venir au Québec. Pourquoi le Québec? Premièrement, le français est ma langue préférée et sans aucun doute la langue dans laquelle je suis le plus avancé, à  part ma langue maternelle. Je voulais donc aller dans un pays ou une province francophone. Deuxièmement, je suis quelqu’un qui adore tout ce qui touche la nature comme les saisons, les animaux, le plein air et je savais que le Canada avait beaucoup de beaux paysages diversifiés. Troisièmement, j’avais fait de nombreux voyages en Europe, mais je n’avais jamais véritablement quitté le continent et ce projet de passer une année à  l’étranger me permettait de découvrir un autre continent, soit l’Amérique du Nord. Dès mon premier voyage scolaire en France quand j’avais douze ans, je disais déjà  à  mes parents que j’aimerais aller au Québec un jour et c’est quatre ans plus tard que j’ai réalisé ce rêve.

Les coordonateurs de cette année scolaire à  l’étranger m’avaient trouvé une famille bien gentille à  Shipshaw, au sein de la Ville du Saguenay, o๠j’ai vécu sur une ferme laitière pendant un an. Pendant mes trois premières semaines au Québec, j’ai suivi un programme pour les nouveaux arrivants au Cégep de Jonquière. J’y ai fait la connaissance de jeunes Allemands, Brésiliens, Mexicains et Japonais qui partageaient le même rêve que moi et qui sont parti aux quatre les quatre coins de la province après ces trois semaines, tandis que moi et mon frère d’accueil brésilien sommes restés au Saguenay. Durant ces trois semaines, qui étaient peut-être les plus enrichissantes de ma vie, j’ai appris les bases de la langue québécoise avec ses jurons (!), j’ai fait la connaissance de la musique québécoise et des artistes tels que Jean Leloup ou à‰ric Lapointe, j’ai visité des attractions touristiques telles que la vieille Pulperie à  Chicoutimi, le Cap Trinité, l’Odyssée des Bâtisseurs à  Alma, le parc d’aventure «D’Arbre en arbre» près de Saint-Félicien, le zoo de Saint-Félicien et plus encore. Je me suis fait beaucoup d’amis et j’ai déjà  commencé à  tomber en amour avec le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Après cet été génial, j’ai fait mon cinquième secondaire à  Polyvalente Jonquière. Je me suis impliqué au maximum dans les activités de l’école pour m’intégrer et connaître le plus de gens possible. J’ai participé à  la radio étudiante, j’ai fait du soccer, du badminton et du volleyball et j’avais également du succès dans mes études grâce à  une belle intégration de ma part, de bons enseignants compétents et des élèves et amis qui me soutenaient en tout temps. Durant l’année, je suis également tombé en amour avec une québécoise de la région et peu de gens croyaient que notre relation pourrait durer jusqu’au-delà  de mon année d’échange. En fait, la plupart des gens se sont trompés, j’ai invité cette fille en Allemagne après mon année scolaire et par la suite, on s’est vu durant les grandes vacances et aujourd’hui, je suis toujours avec elle et ce fera bientàŽt quatre ans.

J’avais donc accumulé un tas de belles expériences en 2006 et 2007 et quand je suis retourné en Allemagne pour finaliser mon parcours scolaire là -bas, je savais déjà  que je voulais retourner au Saguenay par la suite. Avec l’aide et le soutien de mes parents, j’ai commencé à  faire des démarches vraiment compliquées pour pouvoir me réaliser un autre rêve, celui de faire des études universitaires à  l’étranger. Je suis allé dans l’enseignement car j’y ai fait de très belles expériences et car j’avais depuis longtemps le rêve d’exercer ce métier un jour. Mais avant d’arriver à  Chicoutimi en été 2009, il fallait avoir tous les papiers, certificats et visa pour les ambassades canadiennes et québécoises, il fallait que je m’inscrive à  l’université, que je me trouve une place aux résidences, il fallait que je sois libéré de mon service militaire obligatoire en Allemagne et que je me sépare de ma famille et mes amis qui sont restés en Allemagne. J’ai pris de grands risques et ces démarches ont été une période très difficile dans ma vie. Et lors de mon arrivée au Québec en août 2009, un tas de problèmes m’attendait. Il y avait des difficultés avec mon inscription et mes assurances, on m’avait donné des fausses informations sur mes démarches d’immigration, un déménagement compliqué m’attendait, mes anciens amis n’étaient souvent plus disponibles pour moi ou avaient beaucoup changé et ça ne semblait plus finir.

Depuis cet été 2009, je me suis installé aux résidences, je me suis créé un nouveau chez moi, je suis dans mon troisième trimestre à  l’université et après deux ou trois années très difficiles (pendant lesquels j’étais des fois proche de tout abandonner et de désespérer), je suis particulièrement fier d’avoir réussi à  réaliser mon rêve et d’être au Saguenay. Je vois finalement les fruits de mes efforts. Je suis devenu beaucoup plus indépendant et mature et je me suis battu pour être ici et être en mesure d’écrire ces lignes aujourd’hui. Je me suis rendu aussi loin, parce que je le voulais vraiment. Le Québec et mon passage à  l’université, ce ne sont pas juste des étapes dans ma vie: pour moi, c’est comme le début d’une nouvelle vie. Je compte d’étudier ici, me marier ici, travailler ici, vieillir ici.

Et avec ma participation au sein des blogueurs de l’université, un nouveau chapitre intéressant commence également…

Une route à  faire

Par Christian Bélanger, étudiant au Doctorat en développement régional

« Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément »

(Nicolas Boileau, extrait de l’Art poétique, 1674)

Bonjour. Kuei.

Une première semaine de la session d’automne est maintenant écoulée. Si cela est une évidence pour toute  personne ayant des cours au premier cycle à  l’UQAC, une session reste tout de même un concept des plus théoriques à  vivre lorsque l’on est étudiant ou étudiante au troisième cycle, de même qu’au deuxième cycle.

Si je rembobine ma cassette ou, pour les plus jeunes, je remets n’importe lequel truc électronique à  zéro, je me rappelle du point de départ de mon cheminement au doctorat en développement régional. Tout d’abord, il faut savoir que le doctorat en développement régional est un programme conjoint offert par l’Université du Québec à  Chicoutimi et l’Université du Québec à  Rimouski. Celui-ci est structuré autour de trois axes :

–>Les dynamiques socio-historiques de structuration et de déstructuration des espaces régionaux;

–>Les mouvements sociaux et les régionalismes;

–>Les processus de mise en valeur des ressources et de l’environnement.

Les deux premières sessions d’une personne admise au doctorat en développement régional se voient constituées d’un total de quatre cours, à  raison de deux cours par session. Les deux cours « à‰volution des doctrines et des théories scientifiques en développement régional » et « Séminaire thématique » sont ceux de la session d’automne, alors que « Problèmes actuels de développement régional » et « Les méthodes de recherche en développement régional ». Ces quatre cours permettent au doctorant (détenteur d’un doctorat en devenir) de posséder une première série d’outils nécessaire avant de s’aventurer plus loin au sein de son cheminement.

Par la suite, un « Séminaire de spécialisation » est entrepris avec le support d’un directeur ou d’une directrice de thèse (je reviendrai sur le sujet du directeur ou de la directrice de thèse dans un prochain billet). Un programme de lecture est établi afin d’approfondir les connaissances qui se verront nécessitées pour les besoins de la réalisation de la thèse.

C’est à  ce moment que je peux aisément entendre qu’il n’y a rien de bien spécial dans ce cheminement. Déjà , la quantité de travail à  abattre pour effectuer ce parcours est assez phénoménal. Sans compter qu’en temps normal, une personne qui est au troisième cycle a une petite famille dont il ou elle doit tenir compte. Jusqu’à  maintenant, nous avons traversé trois sessions universitaires. Le plus beau s’en vient !

Après ces trois sessions universitaires, le doctorant va devoir procéder à  la réalisation d’un « Examen de synthèse ». Trois questions, à  raison d’une par axe de structuration du doctorat, lui seront données afin qu’il ou qu’elle puisse procéder à  la rédaction de trois essais, et ce, dans un temps limité de trois mois. Théoriquement, les questions se voient élaborées par le doctorant et son directeur de thèse. Mais, en pratique, ces questions doivent être approuvées par un comité de professeurs du doctorat et elles peuvent revenir légèrement transformées.Une période de trois mois est allouée afin de permettre la production de ces trois essais (excluant la période d’attente avant de recevoir les questions approuvées). Par la suite, une fois que les essais sont produits, il y a la période d’attente avant la soutenance orale de ces dernières. Eh oui, un jury de trois professeurs devant qui une présentation orale des trois essais réalisés doit être faite. Encore une fois, une période d’attente avant de pouvoir faire cette soutenance prend place !

Une fois que la soutenance de l’Examen de synthèse est effectuée, et réussie, le doctorant entreprend la rédaction de son projet de thèse. Grosso modo, il s’agit ici de poser les bases de la problématique de recherche qui est choisie afin de réaliser une thèse, en plus de procéder au développement du cadre conceptuel nécessité ainsi que de la méthodologie qui se verra employée. Une fois le tout rédigé, la soutenance de celui-ci est nécessitée devant un jury de trois professeurs qui jugent de la pertinence ou non du projet de thèse. Une longue étape, très longue même. Toutefois, elle s’avère nécessaire puisqu’elle posera les bases de ce qui deviendra la vie du doctorant pour les prochaines années à  venir, soit la réalisation de sa thèse.

à€ cette étape, il est clair que les intérêts de recherche des personnes au doctorat vont transparaître. Autant je me vois passionné par la recherche touchant le concept de l’apprentissage collectif et de sa mesure, autant d’autres collègues vont s’intéresser au concept de développement durable, de l’action collective ou du développement économique par le biais des entreprises.

Somme toute, le cheminement au doctorat en développement régional est une longue route à  parcourir pour quiconque décide de s’y aventurer. Mais une route ô combien passionnante !

Prise de parole

Par Christian Bélanger, étudiant au Doctorat en développement régional

« Certains pensent que parler c’est rien faire »

«  Moi je vous dit que la parole est mon acte »

(Raoul Duguay, Kébèk à la porte, 1995)

Bonjour. Kuei.

Débuter ma première intervention dans l’univers de la blogosphère uqacienne par le biais d’une citation de l’un des poètes les plus éclatés que le Québec ait pu connaître est sans doute un risque pris sur un coup de tête. Certains ou certaines qui me connaissent très bien vous diront que cela est tout à  fait normal de ma part. Qui plus est, il sera possible que vous les entendiez vous dire qu’il n’y a même pas de risque et que cela est pleinement calculé de ma part.

Cela s’avère entièrement vrai.

Mon cheminement de vie m’a amené à  poursuivre des études qui, au premier abord, peuvent paraître répondre à  une logique totalement anarchique. Ayant réussi à  obtenir une technique en travail social du Cégep de Jonquière en 1998, j’ai poursuivi mes études universitaires au niveau du programme de baccalauréat en communication sociale à  Trois-Rivières entre 1998 et 2001. Après une année de travail à  temps plein en tant qu’intervenant communautaire dans le domaine du logement social à  Trois-Rivières, j’ai amorcé et complété une maîtrise en études et interventions régionales ici même à  l’UQAC entre 2002 et 2004. Puis, la bougeotte me reprenant, j’ai travaillé un an en tant qu’animateur communautaire dans le quartier Villeray à  Montréal.

On a beau sortir une personne de la région, mais il est impossible de sortir la région de la personne !

En 2005, j’ai finalement décidé de venir entamer un cheminement doctoral au niveau du programme de doctorat en développement régional offert par l’UQAC. à€ travers mes études collégiales et universitaires, à  travers les périodes o๠j’ai travaillé à  temps plein, il m’a été possible de m’engager socialement au sein de différents groupes, que ce soit les associations étudiantes, le milieu de la radio communautaire ou bien des comités de développement social. Si tout cela vous apparaît comme étant un peu du grand n’importe quoi, c’est que vous faites abstraction de ce qui est mentionné dans mon profil de blogueur, soit mon désir profond de changer les choses. L’ensemble du cheminement que j’ai parcouru dans ma vie m’a amené à  m’outiller en conséquence. Et nul désir d’attendre la lutte finale ou le Grand Soir afin de me mettre à  l’œuvre. Pourquoi ne pas agir si nous en avons les moyens ?

C’est justement pour cela que j’ai choisi de débuter mon premier écrit par les paroles d’un poète que j’adore. La parole au sein de ce blogue sera mon acte. Parler de la réalité des étudiants et étudiantes de troisième cycle m’apparaît des plus importants. Trop souvent ce niveau d’étude se voit mystifié de par la méconnaissance que les gens ont de ce qui le compose. Trop souvent, il est possible d’avoir en tête le chercheur ou la chercheuse comme étant une personne s’isolant dans sa bulle et parlant un langage que seuls des initiés peuvent avoir compris. Et trop souvent, malheureusement, il y a des réalités que les gens vivent isolément et qui ne sont pas des plus joyeuses.

Si mon écriture aurait pour impact d’aider à  une meilleure compréhension du troisième cycle par ne serait-ce qu’une seule personne ou d’apporter un élément de solution à  un seul problème vécu, j’aurai atteint mon objectif de changer les choses car cela aura amélioré la situation de départ d’avant mes textes.

Notez qu’accessoirement, j’aurais pu aussi vous mentionner que je suis âgé de trente-trois ans et que je suis natif de Chicoutimi (malgré que tout les gens pensent que je suis natif de Trois-Rivières). J’ai oublié, j’en fais mon mea culpa!