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Le travail interdisciplinaire – Notion d’équipe !

travailequipePar Philippe Ouellet, étudiant au Baccalauréat en sciences de la réadaptation (physiothérapie)

Pourquoi a-t-on besoin d’équipes interdisciplinaires dans le réseau de la santé ?

Il faut commencer par se dire une chose : nous sommes des êtres complexes et nous avons besoin de combiner plusieurs expertises afin de pouvoir déterminer quelle est la meilleure issue pour assurer un retour à la santé (psychologique, physique, sociale), qui se caractérise par le retour ou le maintien d’une qualité de vie qui soit respectable.

Les différentes visions de chaque discipline se heurtent et se fusionnent ensemble afin de former un tout qui soit beaucoup plus large et effectif. Cette nouvelle vision qui en émerge permet de prendre en compte l’individu dans l’ensemble de sa vie, autour d’objectifs communs. 

Par conséquent, il est primordial que le physiothérapeute détienne les compétences de communication et de collaboration, deux des sept compétences clés émises par l’OPPQ (voir l’hyperlien suivant) http://oppq.qc.ca/membres/publications/physio-quebec/les-differentes-facettes-de-la-competence-du-professionnel-de-la-physiotherapie/

Définition de l’équipe interdisciplinaire

« Partageant des responsabilités, ces personnes travaillent en synergie et en interaction à la compréhension globale des besoins de la personne et de sa famille afin de poursuivre des objectifs communs, avec le souci d’une communication efficace » (Lebel et coll., 1997) Elle constitue les gens sur l’image. Ensemble, chaque expert apporte sa pièce du puzzle et permet de résoudre le casse-tête.

Les différents intervenants et exemples

Des équipes interdisciplinaires sont créées pour différentes problématiques pour pouvoir concerter les différentes ressources et compétences pour permettre au client de pouvoir récupérer le plus rapidement et le mieux possible afin qu’il puisse mener une vie qui lui soit fonctionnelle. Elles peuvent contenir les professionnels suivants ;

  • Physiothérapeute
  • Ergothérapeute
  • Médecin
  • Psychologue
  • Neurologue
  • Travailleur social
  • Infirmère
  • Kinésiologue
  • Technicien en éducation spécialisée
  • Et j’en passe…

Par exemple, à l’IRDPQ (Institut de réadaptation en déficience physique à Québec), on y retrouve une équipe interdisciplinaire pour l’implant cochléaire. L’équipe est constituée d’un médecin, de deux audiologistes aux rôles différents (l’un en programmation de l’implant cochléaire et l’autre en réadaptation auditive) et d’un psychologue. Il y a aussi possibilité d’y ajouter d’autres intervenants au besoin, comme un travailleur social. Celui-ci s’assure que les gens aient les ressources personnelles, financières et logistiques pour pouvoir mener à terme une réadaptation optimale.

On peut donc dire que le travail interdisciplinaire en est un qui soit motivant, qui fait sans cesse appel à de nouvelles connaissances, notre ouverture d’esprit et qui rend de nombreux patients heureux.

Au plaisir les lecteurs, A+

Phil.O

 

La différence entre les physiothérapeutes et les techniciens en réadaptation physique : quelques éclaircissements.

Par Philippe Ouellet, étudiant au Baccalauréat en sciences de la réadaptation (physiothérapie)

Bien que le physiothérapeute et le technicien en réadaptation physique sont des professions conjointes et qu’ils doivent travailler en équipe, beaucoup de gens ne saisissent pas la différence entre les deux. J’ai donc pris la peine de vous souligner les principales différences afin de pouvoir jeter un éclairage sur ces formations distinctes reconnus par le système professionnel québécois.

Le physiothérapeute
Pour porter le titre de physiothérapeute (pht), il faut avoir complété une « Maîtrise en sciences » en physiothérapie et être membre de l’Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec (OPPQ).

Tout au long de sa scolarité, le physiothérapeute devient un expert dans trois systèmes distincts : la neurologie, le musculosquelettique et le cardio-respiratoire. Il connaît l’ensemble des systèmes du corps, leurs implications et les différentes pathologies. Il est capable de poser des diagnostics physiothérapeutiques et de référer la personne à un autre professionnel de la santé si c’est nécessaire.

Par exemple, comme je l’ai déjà mentionné dans un autre de mes textes précédents : pour comprendre l’ampleur et les implications du « phénomène de douleur référée : inconnu du public », des connaissances plus poussées au niveau anatomique et physiologique sont nécessaires.

 Le technicien en réadaptation physique
Celui-ci suit une formation de trois ans dans un cégep. Il suit notamment des cours d’anatomie, de repérage anatomique et quelques bases de la physiologie et de l’analyse posturale. Il suit également quelques stages cliniques afin de se familiariser avec le milieu.

Ses actes réservés sont différents de ceux des physiothérapeutes. Par exemple, il ne peut pas procéder à certaines manœuvres comme les manipulations vertébrales. Il n’est également pas en mesure de poser un diagnostic physiothérapeutique. C’est ici que l’aspect technique entre en jeu. Le technicien en réadaptation physique travaille de concert avec différents professionnels de la santé (physiothérapeutes, ergothérapeutes, infirmières, etc.) afin de mener à l’exécution d’un plan d’intervention.

Voici ce qui résume les différences entre les deux professions.

Si vous avez d’autres questions, n’hésitez-pas!

Phil.O

Le phénomène de douleur référée: inconnu du public

Par Philippe Ouellet, étudiant au Baccalauréat en sciences de la réadaptation (physiothérapie)

Pourquoi les étudiants en physiothérapie passent-ils autant de temps à étudier toute l’anatomie des viscères et des différents organes du corps s’ils sont des spécialistes du neuro-musculo-squelettique ? Ne devraient-ils pas juste apprendre les muscles, tendons et ligaments ainsi que les nerfs qui les commandent ? C’est juste les médecins qui s’occupent de ces problèmes-là non ?

L’une des réponses à cette question est que le corps est un ensemble complexe, ça vous le savez sûrement déjà. Mais il existe également un autre phénomène plutôt méconnu qui doit faire partie intégrante de tout diagnostic physiothérapeutique : les douleurs référées.

Prenons un exemple pour mieux comprendre en quoi consiste réellement cette douleur. Par exemple, un client peut venir voir un physiothérapeute parce qu’il a mal à l’épaule depuis quelque temps. Pourtant, celui-ci, à la suite de ses nombreux tests, n’est pas capable de rien conclure quant à une problématique musculo-squelettique.

BOUM ! C’est ici que le phénomène de douleur référée peut arriver. En effet, cette douleur peut être expliquée par un désordre ou un trouble à l’intérieur des viscères (organes de l’abdomen et du thorax). Le client qui a mal à l’épaule peut avoir une infection au niveau des reins, organe pourtant bien loin du lieu de la douleur identifiée. C’est expliqué par l’innervation segmentaire des organes et des muscles au niveau de la colonne vertébrale.

Trente-trois paires de nerfs sortent de chaque côté de la moelle épinière. Les nerfs servent à relayer l’information qui provient de différents endroits du corps vers le cerveau et vice-versa. Il se trouve que l’une de ces paires de nerfs innerve à la fois l’épaule et le rein. Le rein envoyant un signal de douleur, le cerveau se trompe et pense qu’il vient de l’épaule, étant donné qu’ils proviennent de la même racine. Ce phénomène demeure relativement inexpliqué mais il explique l’importance de bien connaître l’ensemble du corps humain en physiothérapie.

Le physiothérapeute a ainsi les outils de base pour affirmer que cette personne avait aucun problème musculo-squelettique et il peut ainsi la référer au spécialiste concerné. Ce faisant, il devient un intervenant de première ligne dans le milieu de la santé, tout comme les médecins.

Finalement, la physio, c’est rempli de beaux problèmes vraiment passionnants !

A+, Phil