Archives pour la catégorie Physiothérapie

Journée d’observation dynamique – la physiothérapie en soins intensifs

Par Philippe Ouellet, étudiant au Baccalauréat en sciences de la réadaptation (physiothérapie)

L’été dernier, j’ai eu la chance d’aller suivre une physiothérapeute au CHUS durant une journée complète. Celle-ci était spécialisée en soins intensifs. Je sais que plusieurs d’entre-vous doivent se dire :
« Ah oui ? Des physiothérapeutes en soins intensifs ? Ce n’est pas des médecins et des infirmières qui s’occupent des patients ? »

Eh bien, je vous annonce que le physio aussi peut faire partie de cette équipe ! Ils ont fait leurs preuves et sont de plus en plus recrutés dans les hôpitaux à l’intérieur de ce département.

En seulement huit heures, j’ai pu voir divers patients. En soins intensifs, on y voit des traumas, des suivis post-op, des infections aiguës, des AVC graves et j’en passe! Ça bouge, c’est dynamique et on marche toute la journée entre les patients. On lit les dossiers médicaux et c’est impressionnant de voir toutes ces radiologies, fractures complexes, médications étranges et interventions chirurgicales réalisées. Autre fait intéressant, la profession est davantage médicalisée dans ce milieu, c’est-à-dire que les patients présentent plusieurs problèmes complexes à la fois, sont sous haute médication et en surveillance constante des paramètres vitaux.
Étant étudiant en physio, j’ai moi-même été surpris de voir les nombreuses applications que la profession a sur les soins de santé en aigu. Dans le concret, je vous donne les grandes lignes de pratiques que j’ai pu observer en cette journée fort inspirante.

D’abord, le physiothérapeute contribue aux enseignements faits par l’ensemble des professionnels de la santé afin de diminuer la durée des séjours à l’hôpital et permet d’éviter certaines complications. Par exemple, il peut donner des conseils d’exercices circulatoires pour diminuer les risques de thrombophlébite (qui peuvent mener à un AVC ou encore à une embolie pulmonaire). Sinon, comme les patients en soins intensifs sont parfois hospitalisés longtemps, on a besoin de prévenir un phénomène qui s’appelle l’alitement. Celui-ci est présent lorsque l’on reste inactif, ce qui fait en sorte que notre condition musculaire, neurologique et cardio-respiratoire se détériore. Par exemple, un patient s’était fait retirer un poumon au complet à cause d’un cancer. La physio lui a donc donné quelques exercices respiratoires pour qu’il puisse optimiser la ventilation du poumon qu’il lui restait et ainsi faciliter l’expectoration (ce qui permet de diminuer le risque de pneumonie). Par ailleurs, le physiothérapeute peut également examiner les patients de façon à identifier, s’il y en a, des problèmes majeurs à la suite d’un accident traumatique. Il peut également déterminer si le patient a des séquelles neurologiques ou non et le physio décrit les principaux problèmes, informations qui seront par la suite transmises là l’équipe qui va prendre en charge le patient lorsque ce dernier sortira des soins intensifs. Cette équipe pourra ensuite se consacrer à la réadaptation du patient et le retour à un mode de vie le plus normal possible !

Tout ça pour dire que j’ai adoré cette journée et que j’espère qu’elle vous inspirera aussi !

A+, Phil.O

Physiothérapeute spécialisé en cardio-respiratoire, ça mange quoi en hiver ?

ne-pas-oublier-de-respirerPar Philippe Ouellet, étudiant au Baccalauréat en sciences de la réadaptation (physiothérapie)

Présentation de l’un des trois champs d’expertise du physiothérapeute : le système cardio-respiratoire (avec la contribution de Fernanda Ribeiro, professeure à l’UQAC en réadaptation cardio-respiratoire)

À l’UQAC, au cours du continuum Bac-Maîtrise en physiothérapie, on apprend les différentes affectations des pathologies du système cardio-respiratoire et de leurs répercussions systémiques. On définit les fonctionnements normaux et les affectations des différentes pathologies sur l’ensemble de la personne.

Le physiothérapeute expert en cardio-respiratoire devient donc apte à prescrire et à adapter des entraînements plus spécifiques à une clientèle qui présente des restrictions à ces systèmes. Des exercices en résistance et en endurance induisent des mécanismes d’adaptation, plus précisément au niveau du muscle squelettique, qui permettent, selon les recherches actuelles, d’augmenter la tolérance à un effort physique malgré l’irréversibilité des maladies comme l’emphysème pulmonaire ou l’insuffisance cardiaque. De plus, ce professionnel est responsable de l’évaluation et de la prescription des exercices et des adaptations de la vie quotidienne qui améliorent la condition cardiovasculaire et respiratoire, comme des exercices pour les muscles respiratoires après une chirurgie, par exemple.

Ce qu’il est important de comprendre, selon Fernanda Ribeiro, c’est que les restrictions physiologiques imposées par les maladies cardiorespiratoires, aiguës ou chroniques, rendent les personnes affectées plus susceptibles à la réduction du niveau d’activité physique et, par conséquent, de leur qualité de vie. Si leur fatigue à l’effort est augmentée, leur mobilité est réduite. Par conséquent, ces personnes sont moins aptes à accomplir leurs tâches de la vie quotidienne. De plus, ces patients ont souvent plusieurs affectations de santé dont il faut tenir compte dans le type de traitement proposé : diabète, hypercholestérolémie, obésité, pour n’en nommer que quelques-uns.

Par ailleurs, il y a deux grands types d’affectations cliniques qui peuvent exister : aiguës ou chroniques. Selon le cas, les objectifs, les exercices et la prise en charge seront différents.

Perspectives d’avenir

Les physiothérapeutes spécialisés en cardio-respiratoire travaillent surtout au sein d’équipes interdisciplinaires. Pour plus d’informations sur ces équipes, voir mon article précédent qui traite du sujet (Le travail interdisciplinaire – Notion d’équipe !). Ils collaborent notamment avec les cardiologues, les pneumologues, les techniciens en inhalothérapie ainsi que plusieurs autres intervenants du domaine de la santé.

Leur rôle sera important dans les prochaines années. Pourquoi ? La population se fait vieillissante et les maladies respiratoires chroniques font partie des trois plus grandes causes de mortalité, avec le cancer et les maladies cardiaques. L’incidence des patients pouvant bénéficier de l’expertise du physiothérapeute est et sera très élevée. Qui sait, peut-être que j’irai un jour travailler dans ce créneau !

Je vous invite à partager vos questionnements si vous en avez.

A+, Phil.O

Maintenir une bonne densité osseuse, comment est-ce possible ?

Travées osseusesPar Philippe Ouellet, étudiant au Baccalauréat en sciences de la réadaptation (physiothérapie)

Avec notre population qui se fait vieillissante, c’est important de prendre soin de nos os. Ils se fragilisent, se brisent plus facilement et causent d’importantes douleurs. Pourtant, il existe des stratégies préventives nutritionnelles et des habitudes de vies toutes simples qui permettent d’améliorer la densité osseuse.

Rôle de l’alimentation

Commençons par les différents aspects nutritionnels dont il faut être conscient pour avoir une bonne densité osseuse. Il faut :

  • Éradiquer le plus possible les sucres raffinés (boissons gazeuses, sucreries, etc.).
  • Éviter la consommation excessive de protéines.
  • Favoriser la prise de légumes foncés de couleurs différentes chaque jour.
  • Prendre suffisamment de calcium et de vitamine D(via les légumes, les noix, les poissons et les produits laitiers).

Une bonne nutrition prévient la déminéralisation des os. C’est expliqué par une balance acido-basique à l’intérieur du corps. Les aliments tels que les sucres raffinés et les protéines acidifient notre organisme. Pour maintenir le PH désiré, le corps puise des minéraux alcalins dans nos os. Résultat : ils sont plus minces, moins solides et sont plus fragiles. Oh misère ! De plus, selon la communauté scientifique, une alimentation trop « acide », pourrait augmenter l’incidence du diabète, des problèmes cutanés, des cancers… Une consommation adéquate de vitamine D permet la déposition du calcium sur les os. Sans vitamine D, même si on a plein de calcium dans notre alimentation, ça ne sert strictement à rien !

Rôle du physiothérapeute

Mis à part les mesures de prévention alimentaires, comme physiothérapeute, il convient de prescrire un exercice physique adapté à la personne. Pour la plupart des gens, des activités avec impact telles que la course, la marche, les sports de stop & go (tennis, basket-ball, volley-ball) envoient bon nombre de signaux à l’organisme afin d’augmenter la masse osseuse afin d’être en mesure de supporter le stress imposé aux os. Il faut éviter les sports aquatiques si vous souhaitez uniquement augmenter votre masse osseuse : ils diminuent l’effet gravitationnel sur les os et n’envoient donc pas de signaux pour l’augmenter!

Plus spécifiquement, les os répondent à certains principes pour être maintenus en bonne santé et favoriser la déposition de calcium et d’autres minéraux dans les os (MacArdle, 2009). Je vous nomme ici les trois plus importants.

  • Spécificité : l’activité physique fournit un signal pour augmenter la masse osseuse
  • Surcharge : augmenter la charge et l’intensité de l’exercice pour augmenter la masse osseuse et améliorer son organisation
  • Réversibilité : si on arrête la spécificité et la surcharge de l’exercice, on renverse l’effet positif qu’exercent ceux-ci, donc on diminue la masse osseuse

La meilleure façon d’avoir des os en santé est d’avoir une bonne hygiène de vie. Exercice, bonne alimentation, être bien dans sa peau, c’est une recette gagnante !

A+ les amis, Phil.O