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Un été qui commence au laboratoire de phonétique!

appareil acoustiquePar Xavier St-Gelais, étudiant au Baccalauréat en linguistique et langue française

Bon début d’été à tous! Alors que les températures se réchauffent, il en va de même pour mes neurones. Après avoir profité du mois de mai pour une escapade de quelques semaines en Italie, je suis de retour au Saguenay avec une excellente nouvelle : j’ai obtenu une bourse d’initiation à la recherche remise par le Fonds québécois de recherche sur la société et la culture (FRQSC). On comprendra aisément à la lecture de mes autres billets que c’est dans le domaine de la phonétique que j’ai choisi de me lancer en recherche cet été. Je vous avais d’ailleurs déjà fait mention de cette bourse dans mon dernier message. Je réitère l’invitation que j’avais alors lancée: sachez que cette bourse est ouverte à tous les étudiants de premier cycle ayant un bon dossier scolaire et une bonne collaboration avec l’un de leurs professeurs et concerne toutes les disciplines des arts, des lettres et des sciences humaines. Une occasion à saisir si la maîtrise vous intéresse, car c’est une excellente façon d’en avoir un avant-goût!

Depuis quelques jours, c’est au laboratoire de phonétique expérimentale de l’UQAC, dont je vous avais déjà un peu parlé, que je passe plusieurs heures quotidiennement à découper des segments vocaux et à faire des analyses grâce à un logiciel permettant de voir diverses représentations du signal sonore. En quoi ça consiste? J’enfile les écouteurs et je me coupe du monde pour un moment : je me fie à mes oreilles et à mes yeux pour tenter de trouver des unités plus petites dans les suites sonores dont je dispose. Ces dernières sont issues d’un corpus mis sur pied par le professeur Vincent Arnaud et ses étudiantes en 2011 dans le cadre d’un projet de recherche sur les caractéristiques acoustiques des voyelles orales du français québécois. Les enregistrements effectués pour ce corpus servent de base à plusieurs recherches en phonétique menées depuis trois ans à l’UQAC. En observant les ondes et en écoutant les mots prononcés par les locuteurs et les locutrices, j’arrive à isoler les voyelles qu’ils contiennent et je peux alors en extraire des informations précieuses qui me serviront à tirer des conclusions sur l’état de nos façons de parler.

Je profite donc de ce corpus gigantesque pour mener mon projet. Pour l’instant, tout ça est très nouveau et très excitant. Pour pouvoir procéder aux analyses, il a fallu que je me remette à la physique : il faut avouer que la phonétique est une discipline très quantitative de la linguistique, qui permet de jumeler sciences humaines et sciences pures. J’ai beaucoup aimé la physique au secondaire, mais il va falloir que je me dépoussière le cerveau progressivement pour me souvenir de plusieurs notions. Ce sera la même chose pour les mathématiques, qui me serviront abondamment, notamment pour les statistiques dont j’aurai besoin. C’est là tout un univers que j’avais délaissé depuis quatre ans.

Le travail au labo est un peu solitaire pour l’instant, mais les choses vont s’accélérer en juillet. En attendant, l’université est loin d’être en dormance pendant l’été, puisque la session estivale est en cours et de nombreux étudiants étrangers fréquentent l’École de langue française de l’UQAC. Il y a une ambiance très dynamique qui me donne le goût d’aller à l’université tous les jours, même si ce n’est pas pour suivre des cours! Et puis, de toute façon, j’apprends énormément en faisant cette recherche.

Je n’ai obtenu pour l’instant que des résultats très fragmentaires, mais je ressens déjà une grande fébrilité quand je déniche un indice qui confirme mes hypothèses ou quand je lis (car il faut aussi beaucoup lire… j’ai plusieurs centaines de pages à parcourir pour me faire une tête sur l’état de la question dont je traite!) quelque chose qui apporte une lumière nouvelle sur mes constatations. Il y a quelque chose de très beau à voir ses efforts récompensés quand on recopie ses données dans un tableur et qu’on voit apparaître graphiques et statistiques, ces indices précieux qui viennent vraiment faire parler les chiffres. Ce n’est peut-être pas un plaisir pour tout le monde, mais je me sens à ma place!

Je me replonge dans la phonétique. En attendant le prochain billet, je vous souhaite un excellent mois de juin partagé entre petits plaisirs et repos bien mérité!

Initiation à la recherche en linguistique

TableauPar Xavier St-Gelais, étudiant au Baccalauréat en linguistique et langue française

Il s’est écoulé plus d’un mois depuis mon dernier billet. Et la période de temps a paru particulièrement longue: la fin de session amène toujours son lot de soucis qu’il faut régler tous à la fois, mais on finit invariablement par s’en sortir!

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler d’une occasion qui m’a été offerte au mois de mars et qui m’a permis de faire une première incursion dans le monde de la recherche universitaire. J’ai été approché par une professeure en linguistique qui avait besoin d’un assistant de recherche pour une quinzaine d’heures (c’est le genre de choses susceptibles de vous arriver si vous vous faites remarquer des professeurs en linguistique). Les tâches demandées semblaient dans mes cordes et j’y ai vu un excellent moyen de découvrir les rouages de la recherche: j’ai donc accepté sans hésitation.

On m’a donc présenté le travail en question: depuis plusieurs années, la professeure et sa collègue de Montréal ont amassé une quantité de données phénoménales sur la didactique du français au primaire et au secondaire. Elles en sont désormais arrivées à l’analyse et à la préparation d’articles à publier: il leur fallait donc colliger leurs données sous forme de tableaux et obtenir des statistiques de toutes sortes pour être à même de quantifier les résultats obtenus dans le cadre de leur étude.

Si vous n’avez jamais travaillé avec Excel, je vous encourage tout de suite à essayer d’acquérir une base dans ce programme. De nombreuses ressources en ligne vous permettront d’apprendre les rudiments des fonctions et de la mise en page. Mes quelques connaissances en la matière se sont révélées très utiles, puisque j’ai eu à entrer dans Excel une liste de mots contenus dans des retranscriptions de plusieurs heures d’enregistrement réalisées dans des classes du primaire.

Cette première étape s’est déroulée sans autre anicroche qu’un certain mal de tête, corollaire d’une lecture difficile s’étalant sur plusieurs heures. Néanmoins, même s’il ne s’agissait pas de mon propre projet de recherche et que je n’en avais jamais entendu parler avant de commencer ce petit contrat, je me suis rapidement mis à faire des constats sur les données que je traitais: je remarquais que certains mots revenaient plus souvent que les autres dans le discours retranscrit, je faisais des hypothèses sur les causes de la rareté d’un tel autre mot, etc. Croyez-moi, il est assez excitant (et valorisant) de se rendre compte qu’on est en mesure de faire une analyse linguistique quand on a la chance d’exploiter un corpus de données.

Des dizaines de feuilles Excel plus tard, j’en étais à l’étape finale du travail: faire des calculs statistiques automatisés à partir des données insérées. Un vrai casse-tête, puisque je ne connaissais pas toutes les fonctions requises pour arriver au résultat escompté. L’équipe de recherche m’a aidé à y parvenir, mais il m’a également fallu une bonne dose de débrouillardise (il est toujours opportun de se rappeler qu’on a plus de ressources qu’on ne le soupçonne!).

Le travail complété, il a fallu revérifier depuis le début que tout avait bien fonctionné. Quelques erreurs s’étaient évidemment glissées dans les tableaux et dans les calculs depuis la saisie initiale des données.

Comme récompense, j’ai pu être l’un des premiers à lire la présentation des deux chercheuses et à voir leurs résultats concrets, qui étaient très intéressants.

En somme, l’expérience en a valu la chandelle, et le tout m’a permis de me faire connaître du département des Arts et lettres. Participer à un premier projet de recherche, c’est souvent un signe qu’on sera appelé à le faire à nouveau par la suite!

Le conseil que je vous donne, donc, est d’être attentifs en cours (je sais, vous croiriez entendre vos parents…!) et de ne pas hésiter à poser des questions et à explorer votre programme plus à fond en allant voir les professeurs individuellement. Certaines des rencontres que j’ai faites cette année m’ont vraiment permis de m’accrocher à la linguistique et de confirmer mon choix de programme: il faut parfois aller au-delà du contenu des cours pour parvenir à saisir toute l’étendue des possibilités offertes par son cursus!

Soit dit en passant, si vous êtes assistant de recherche pour un contrat ponctuel, votre salaire sera de 14$/h si vous êtes au baccalauréat. Intéressant!!

Alors que je termine cet article, je suis toujours dans l’attente d’une réponse par rapport à une bourse d’initiation à la recherche (tiens, tiens) pour laquelle j’ai postulée. Vous souvenez-vous de ma passion pour la phonétique? Cette bourse, offerte par le Fonds de recherche québécois sur la société et la culture, permet à un étudiant ayant complété au moins une année de baccalauréat à temps plein de s’initier à la recherche universitaire pendant l’été sous la supervision d’un professeur ou d’une professeure. Je vous encourage d’ailleurs vivement à y songer dès que vous aurez identifié les matières qui vous intéressent davantage: la préparation du dossier demande du temps!

Je vous remercie de m’avoir suivi pendant ce trimestre d’hiver 2014. Je serai de retour prochainement pour le blogue de l’UQAC, prêt à vous en apprendre toujours plus sur le monde de la linguistique!

Les Journées de linguistique: par des étudiants, pour des étudiants

Par Xavier St-Gelais, étudiant au Baccalauréat en linguistique et langue française

Quand l’hiver refuse de céder sa place au pricocarde Alexisntemps, il faut renoncer au soleil comme source de motivation. Heureusement, il y en a bien d’autres! Dans mon cas, plusieurs projets ont rendu mon mois de mars fort intéressant. Entre une première expérience d’assistant de recherche et les préparatifs pour une demande de bourse d’initiation à la recherche pour l’été, j’ai eu beaucoup à faire ces dernières semaines.  Pendant la semaine de mi-session, j’ai notamment eu l’occasion de participer à un premier rendez-vous international consacré à mon domaine.

Les 6 et 7 mars derniers se sont tenues à l’Université Laval les XVIIIes Journées de linguistique (JDL), un colloque estudiantin d’un bout à l’autre: toutes les présentations sont faites par des étudiants chercheurs. La majorité d’entre eux étudient à la maîtrise ou au doctorat dans des domaines comme l’éducation, la traduction, la linguistique ou la littérature.  J’ai hésité avant de décider de participer à ces Journées: je pensais qu’avec le peu d’expérience que j’avais (étant en première année de bac), j’aurais de la difficulté à comprendre ce qu’on y présenterait.

Je me trompais complètement! Je n’ai pas eu à regretter une seule fois de m’être déplacé à Québec pour l’occasion. Les communications étaient réparties en plusieurs blocs et duraient chacune 20 minutes: elles étaient suivies d’une période de questions d’une dizaine de minutes. Les sujets étaient des plus variés: de la phonétique dans son application juridique aux changements morphosyntaxiques en cours dans le français parlé à Montréal en passant par une étude des ressources lexicales des bilingues roumain-français… Bref, beaucoup de variété. Plusieurs étudiants de l’UQAC étaient présents, et l’une d’entre elles, Maude Martineau, a présenté les résultats préliminaires de son projet de maîtrise sur l’usage des pronoms relatifs en français de la Nouvelle-France. J’étais heureux de voir une représentante de l’Université à l’oeuvre aux JDL! Cela m’a même donné envie d’y présenter une recherche à mon tour et ce, dès que l’occasion se présentera. Après tout, les étudiants de premier cycle peuvent eux aussi se livrer à l’exercice!

L’ambiance des JDL est très décontractée: une quarantaine de participants, une classe, du café et hop! des liens se créent. Je n’ai pas établi un réseau de contact en claquant des doigts, notamment parce que j’étais moins expérimenté que beaucoup d’autres personnes présentes, mais j’ai vu qu’il s’agissait d’un événement propice à la réflexion collective et au partage de connaissances. J’ai beaucoup appris sur l’application pratique de plusieurs notions vues en classe. Vous avez sûrement déjà pensé à quelques reprises que certaines notions ne semblaient pas avoir d’utilité concrète. Cela m’est aussi arrivé, mais l’imposant éventail de sujets abordés lors des JDL m’a prouvé que la linguistique est un champ très vaste aux applications pléthoriques.

La plupart des sujets étaient faciles d’accès, même pour un étudiant de première année: si l’occasion de participer à un tel colloque s’offre à vous, n’hésitez pas un moment. Les rencontres scientifiques sont l’occasion rêvée de pousser votre apprentissage au-delà de ce qui est vu en classe. J’ai écouté, j’ai retenu. Mais surtout, j’ai senti que je voulais faire partie de ce réseau d’échange et contribuer moi aussi à la recherche en linguistique.

C’est avec une conviction redoublée que je suis revenu des JDL le 7 mars: je suis dans le bon programme!

Site des Journées de linguistique: http://www.ciral.ulaval.ca/jdl/accueil.html