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Et si médecin et kinésiologue s’alliaient pour votre santé?

doctor-holding-prescriptionPar Baptiste Hagège, étudiant au Baccalauréat en kinésiologie

Le 23 octobre 2015 s’est déroulé un atelier intitulé « La prescription d’exercice en première ligne » organisé par le Dr Pierre Frémont et M. Mathieu Bélanger lors de l’assemblée scientifique annuelle au Collège québécois des médecins de famille (Centre Mont-Royal, Montréal). L’objectif de cette conférence fut d’initier les médecins de famille au « Signe Vital d’Exercice (SVE) », une évaluation de la condition physique pour évaluer la santé des patients. De plus ils ont appris comment donner des recommandations de base sur l’activité physique, comment les prescrire aux patients dans l’objectif de prévenir et gérer les pathologies.

« Et s’il existait une prescription qui à elle seule pouvait prévenir et traiter des douzaines de maladies telles que le diabète, l’hypertension et l’obésité ? La prescririez-vous à vos patients ? Certainement. » Voici une citation de Robert E. Sallis (M.D., FACSM, président fondateur du groupe de travail sur l’initiative « Exercise is Medicine® », un partenariat de l’American College of Sports Medicine et de l’American Medical Association) qui croit au lien entre l’activité physique et la prévention du traitement des maladies chroniques dans le système de soins de santé canadien.

Lors de cet atelier, différents objectifs d’apprentissage ont été mis en place, vous les retrouverez certainement lors de votre prochaine consultation chez votre médecin de famille. Le professionnel de la santé devra discuter de la sécurité et des bienfaits de l’exercice sur la santé avec ses patients, intégrer le SVE à l’examen médical périodique, recommander et prescrire des exercices de base à ses patients, être en mesure de motiver et favoriser l’adoption de comportements bénéfiques à la santé et finalement apprendre à adapter l’exercice d’aérobie et de musculation chez le patient.

Cet atelier a été créé par le mouvement « L’exercice : un médicament Canada (EMC) », qui consiste à améliorer la santé de la population canadienne en se basant sur la quantité massive de données probantes selon lesquelles l’activité physique et l’exercice réduisent le risque de maladies chroniques. L’EMC a participé à la création d’un outil permettant de prescrire l’activité physique. De plus il a été dit que « […] pour améliorer l’activité physique des patients, l’orientation vers un professionnel qualifié de l’exercice, tel qu’un kinésiologue, représente une approche rentable. » Leurs données nous informent que la sédentarité au Canada coûte 6.8 milliards de dollars, l’activité physique est une alternative à la prévention et la réduction des pathologies par rapport aux coûts de la santé. Il faut savoir que la démarche est très récente, mais appuyée par de nombreux médecins au Canada, des études sont en constantes progressions essentiellement au niveau du suivi de la personne.

Qui dit saines habitudes de vie dit Pierre Lavoie, un homme toujours soucieux de votre santé ! Cette évolution de la prescription a été soutenue par son Grand Défi et les cubes d’énergies. Chaque cube correspond à 15 minutes d’activité physique et sera prescrit sur une ordonnance.

« Le Québec n’a pas le choix. On est à 50 % de nos impôts en santé, ça augmente de près de 2 % chaque année. On a fait beaucoup de gains avec les molécules, mais la suite des choses va se passer avec la prévention. » – Pierre LAVOIE.

Pour l’instant l’État ne remboursera pas l’inscription à des activités physiques, mais qui sait ce que nous réserve l’avenir ? Un projet pilote a été réalisé à Strasbourg en France, et de plus en plus de médecins spécialisés au même titre que des omnipraticiens montrent de l’intérêt pour ces ordonnances.

« Les médecins ont toujours suggéré de faire de l’activité physique. Mais de l’inscrire sur un papier, ça fait toute la différence. Il y a l’influence du médecin, du rendez-vous » – Pierre LAVOIE

Le défi toujours plus grand de Pierre Lavoie

Photo blog oct_baptistePar Baptiste Hagège, étudiant au Baccalauréat en kinésiologie

Le samedi 24 octobre dernier s’est déroulé un événement sportif à Chicoutimi illustrant les efforts du désormais renommé Pierre Lavoie : La Grande Marche du Saguenay. Qui est cet homme ? Quelles sont ses convictions et d’où viennent ses événements qui gagnent en notoriété partout au Québec ?

Pierre est père de famille ayant perdu ses deux enfants touchés par l’acidose lactique, maladie héréditaire rare du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Déterminé à ne plus laisser cette maladie faire des ravages, il rassemble son énergie pour créer le premier Défi Pierre Lavoie : 650 kilomètres de vélo en 24 heures, qu’il effectuera trois fois. Grâce à cela, il réunit les fonds nécessaires à la création d’une équipe de chercheurs de l’UQAC qui découvrira en 2003 le gène responsable de l’acidose lactique. Actuellement, le Défi Pierre Lavoie a pour but de sensibiliser non seulement les élèves de niveau primaire de la province, mais aussi la population en général à adopter de saines habitudes de vie et que celles-ci deviennent des normes pour les générations futures.

On dit qu’il incarne le courage, le dépassement de soi et qu’il prône des valeurs fortes telles que le respect, l’audace et la passion. Il réussit à nous insuffler sa philosophie de vie à travers cinq grands défis.

La Grande Marche : Ce sont des événements conviviaux qui consistent à marcher 5 ou 7 km dans une ambiance festive avec des milliers d’autres marcheurs. Ce rassemblement non compétitif a pour but de sensibiliser la population à l’importance de la marche dans notre santé au quotidien.

Le 1000 km , c’est 60 heures de vélo pour 1000 kilomètres, du Saguenay–Lac-Saint-Jean à Montréal en s’arrêtant dans d’autres villes de la province. 200 équipes se sont inscrites en 2015 et on en attend davantage en 2016. C’est un événement majeur qui mobilise plus de 600 bénévoles. De plus, les participants du 1000 km ont acquis 1,9 millions de dollars en 2015 !

Les Cubes énergies : Le but de ce projet est d’accumuler le plus de Cubes énergie possible. Comment les gagne-t-on ? En bougeant ! 15 minutes d’activité physique égale 1 cube. Les élèves des écoles participatives inscrivent dans un carnet le nombre de cubes qu’ils gagnent et pourront sûrement assister à la Grande récompense. De 2009 à 2014, le nombre de cubes accumulés est passé de 17 000 000 à 91 000 000 !

La Boucle : C’est 135 km de vélo dans la magnifique région de Montmagny, accueillant tous les ambassadeurs des saines habitudes de vie. Les profits générés par l’événement sont investis dans les programmes de bienfaisance du Grand défi Pierre Lavoie !

La Course De Nuit : Cette année, la course aura lieu à Montréal le 13 mai 2016 à 21 h 30 et à Québec le samedi 14 mai 2016 à 21 h 30. C’est une course de 5 km non chronométrée et accessible à tous, aucune expérience dans la course à pied n’est exigée ! Un événement à ne pas louper haut en couleur et en lumière.

L’obésité, un problème au cœur de notre société

 

obesitePar Baptiste Hagège, étudiant au Baccalauréat en kinésiologie

Le 16 septembre 2015 s’est déroulé à l’UQAC au département de kinésiologie une vidéoconférence sur le thème de l’obésité. Deux chercheuses – Kelsey Dancause de l’UQAM et Patricia Blackburn de l’UQAC – nous ont présenté leurs recherches dans le but de nous informer des causes de l’obésité et de son ampleur à travers le Québec. Nous avons été agréablement surpris par le nombre d’étudiants présents de l’Université, démontrant l’implication de nos futurs kinésiologues dans la recherche contre l’obésité !

Kelsey Dancause, professeure à l’UQAM au département des sciences de l’activité physique, porte ses recherches sur « La nutrition, le stress et l’activité physique pendant la grossesse, et leurs effets sur la santé des nourrissons ». Elle a débuté la conférence sur un sujet plutôt préoccupant : l’impact du mode de vie de la femme enceinte sur le futur nouveau-né.

Il est primordial de considérer l’importance de l’environnement de la future mère pendant la gestation, cela aura un impact sur la santé du nouvel être tout au long de sa vie. Kelsey Dancause nous rappelle que plusieurs facteurs influencent le bon déroulement de la grossesse, en particulier le stress qui occupe une place importante ! Pourquoi ? Car les hormones de stress – notamment la cortisol – traversent le placenta et affectent le développement du fœtus. Le Projet Verglas a été fondé suite à la tempête de neige de 1998, une catastrophe naturelle qui a plongé dans le noir, pendant 40 jours, 3 millions de personnes, dont 150 femmes enceintes au sud de la province du Québec. Il étudie les différentes intensités d’un stress prénatal ainsi que les différents impacts sur l’enfant et l’adolescent. Les recherches du Projet Verglas illustrent les arguments de Kelsey sur les plus forts risques d’obésité et d’Indice de Masse Corporelle (IMC) élevé en cas de stress prénatal.

La croissance du nourrisson dépend de la femme enceinte dans 4 domaines : un comportement santé, un environnement favorable, un stress maternel faible et une nutrition infantile adéquate. Le kinésiologue responsable de ce type de population aura un rôle primordial dans la diminution du stress, les saines habitudes alimentaires (en complémentarité avec un nutritionniste) et une bonne santé psychosociale.

Patricia Blackburn, professeure et directrice de maîtrise en médecine expérimentale à l’UQAC, nous a ensuite présenté ses recherches sur l’obésité chez l’enfant et l’adolescent, ainsi que toutes les complications qui s’en suivent. L’importance des parents lors de cette période étant primordiale, elle a su nous sensibiliser au rôle que nous aurons en tant que kinésiologue pour encourager nos clients à adopter de saines habitudes de vie.

De brefs rappels nous avertissent de l’évolution de l’obésité durant ces dernières décennies : les années 1970 comptent 5% d’enfants obèses, en 2013… 13%. De cela nous pouvons ajouter 25% d’enfants en cas de surpoids et une réelle augmentation d’obésité sévère. Nous pouvons être sûrs que ces chiffres auront largement augmenté les années à venir, c’est un problème majeur de santé public !

À quels soucis sommes-nous confrontés en étant obèses dès l’enfance ? En plus de l’esthétisme, des complications cardiométaboliques entrent en jeu (Hypertension, Diabète de type 2, dyslipidémie). Lorsque l’IMC augmente, des facteurs de risques s’en suivent et la personne est beaucoup plus vulnérable de développer une maladie cardiaque. Ajoutons à cela que l’enfant à 62% de chance de conserver le surplus pondéral étant adulte et 71% si ses parents sont aussi atteints par l’obésité. Ce serait la première génération dont l’espérance de vie sera plus courte que celle de leurs parents !

Des interventions auprès de jeunes ont été réalisées pendant une durée de 16 semaines. Elles ont été fondées sur 4 points essentiels : la nutrition, l’activité physique, la diminution de loisir sédentaire et la gestion du comportement. Des améliorations ont été perçues ; cependant, quelques mois plus tard, une reprise du poids d’origine a été constatée. Cette expérience démontre l’importance de l’apprentissage de saines habitudes de vie à long terme. Après réflexion, l’implication des parents doit être au cœur des interventions pour l’éducation d’un mode de vie actif et d’une alimentation saine.

Le Projet Famille, développé à l’UQAC, réalise présentement un recrutement de familles pour la prise en charge multidisciplinaire de l’enfant obèse ou en surplus de poids. Si vous êtes dans ce cas, c’est l’occasion d’obtenir un bilan de santé détaillé et un suivi de votre qualité de vie par un kinésiologue !