Archives pour la catégorie Intervention communautaire

À quand les bonnes nouvelles ?

Par Elizabeth Dupont, étudiante au Certificat en intervention communautaire et  Certificat en coopération internationale

 

Je suis en crise… Pour ne pas dire autre chose…

Ce mois-ci, je me sens un peu plus morose. Peut-être que le temps gris et la neige qui arrive si tôt influencent cette humeur.

Mais la météo n’influence certainement pas mon attitude autant que le climat politique qui touche mon entourage et moi-même ces temps-ci.

Comme vous le savez, j’ai perdu mon emploi dans le secteur communautaire la session dernière lorsque mon contrat s’est terminé à L.A.S.T.U.S.E. du Saguenay. Bien que mon seul collègue ait tenté d’obtenir du financement pour un autre projet et ainsi me garder en poste, il n’y est pas parvenu.

Ce dernier, comme bien des gens dans le secteur communautaire, est à bout de souffle. Il est tout seul, et si par mégarde son état de santé l’empêche de faire son travail, il n’y a personne pour recevoir les gens désespérés qui se présentent à l’organisme. En effet, bien souvent, quand ils se présentent à L.A.S.T.U.S.E., ils sont au bout du rouleau.

La situation de cet organisme est le copié-collé de celle des autres…

Dans le secteur public, rien n’est là pour encourager personne.

Il y a eu récemment des coupes en santé et en éducation et tout le monde est sur les dents, alors que les conventions collectives ne sont pas signées.

Les manifestations fusent de toutes parts, tout le monde veut sa part du gâteau et le gouvernement semble déterminé à ne rien céder…

Pendant ce temps, les patients, les clients, les jeunes, les étudiants, les chargés de cours, les aînés, tout le monde est touché… Employés, famille, citoyen, tout le monde est affecté en quelque part, que ce soit dans les conditions de travail ou par les services qui changent.

Et nous, les étudiants en sciences sociales ? Où va notre avenir ?

Je ne suis pas si inquiète de trouver du boulot, mais je peux vous dire que j’ai déjà été plus emballée…

Où cela va-t-il nous mener ? Difficile de le dire, mais en ces lendemains d’élections fédérales, j’ai envie de vous dire que j’ai déjà été pas mal plus emballée… Mais vraiment BEAUCOUP plus emballée !

L’intervention communautaire au Chili

Les gens furent nombreux à participer au festival des arts de la rue, projet ultime de notre stage à Santiago.
Les gens furent nombreux à participer au festival des arts de la rue, projet ultime de notre stage à Santiago.

Par Elizabeth Dupont, étudiante au Certificat en coopération internationale

Me voici de retour sur les bancs de l’UQAC pour reprendre les cours au Certificat en intervention communautaire! Dans le dernier article de la session hiver 2015, je vous parlais de mon voyage au Chili dans le cadre du programme Québec Sans Frontières qui me donnerait l’opportunité de toucher l’intervention auprès des gens de la rue. Nous sommes parties avec l’organisme Tous les Enfants de l’Autre Monde (TEAM) basé à Mascouche.

Je peux vous assurer que cette expérience fut des plus intéressantes et enrichissantes sur les plans humain et professionnel.

Pour lancer cette session et comme cela est encore bien frais dans ma mémoire, j’ai le goût de vous partager un peu cette aventure qui a été riche en sensations fortes. Je souhaite sincèrement à tous de pouvoir vivre quelque chose de semblable un de ces jours.

Premièrement, il faut dire que nous avons eu de la chance, mes huit collègues stagiaires et moi, d’avoir un projet aussi diversifié. Notre projet de stage consistait à aider notre partenaire sur le terrain, CIDETS, à monter un festival des arts de la rue. Cet organisme communautaire chilien travaille avec les gens de la rue à travers divers volets d’interventions que nous avons tous pu expérimenter pendant notre séjour. L’organisme propose notamment une ressource d’hébergement, un programme de distribution de nourriture et effets de base dans la rue et un programme de rétention scolaire, d’accompagnement psychosocial et de réinsertion scolaire. Il était fort intéressant de pouvoir expérimenter le tout dans un contexte culturel différent, dans une ville où vivent 7 millions d’habitants!

J’ai pu faire beaucoup de parallèles entre mes cours en intervention communautaire, mon expérience dans le domaine au Québec et la réalité chilienne.

En plus de toucher à tous les secteurs de l’organisme qui embauche une soixantaine d’employés à travers ces nombreux volets, nous avons évidemment pu monter le projet qui nous amenait plus précisément là-bas.

Après avoir participé à l’élaboration d’ateliers artistiques en collaboration avec nos collègues chiliens, nous avons offert aux gens s’occupant de l’hébergement d’y participer pendant deux semaines. Ainsi, des gens de la rue de tous les âges ont pu prendre part à des sorties photo, des ateliers de peinture donnés par un homme de la rue, des ateliers de musique, des ateliers de sérigraphie, en plus de peindre une murale avec une équipe de muralistes professionnels. Ils ont même pu prendre part à un atelier d’écriture et de poésie que j’ai eu l’opportunité de mettre moi-même sur pied.

T.E.A.M. Elizabeth Dupont 2
Les gens de la rue étaient invités à participer lors de cette journée. Ici, une femme de la rue, Nora, récite un poème sur sa perception de la rue pendant qu’un artiste invité l’accompagne à la guitare.

Dois-je préciser que ces ateliers ont donné lieu à des échanges extraordinaires en plus de développer la confiance des gens marginalisés ? Plusieurs talents cachés ont été dévoilés pendant ces ateliers et nous avons pu en faire l’étalage lors du dernier jour de stage qui s’est traduit par un festival. Toutes les photos prises pendant les ateliers étaient affichées dans la cour de la ressource d’hébergement, les gens de la rue présents pouvaient participer à d’autres ateliers et un spectacle de talents de la rue était présenté. Cette journée extraordinaire a donné lieu encore une fois à des moments inoubliables. Une centaine de personnes de la rue visitées par  l’organisme se sont présentées pendant la journée du festival. C’était comme un miracle de voir autant de bonheur et de joie sur des visages meurtris par la rue.

Je l’écris ici et des frissons me parcourent le corps!

Je rentre donc de cette expérience avec un bagage très enrichissant et je suis très heureuse de retrouver mes collègues étudiants pour attaquer la nouvelle session qui s’annonce des plus stimulantes. Après une telle aventure, je pense que je pourrai faire encore d’autres parallèles.

Je pense que de pouvoir s’ouvrir ainsi sur le monde est une opportunité que personne ne devrait laisser passer!

Je vous souhaite une bonne rentrée !

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