Archives pour la catégorie Doctorat en lettres

La lecture

Blog Paul avrilPar Paul Kawczak, étudiant au Doctorat en lettres

Bonjour !

Je viens d’achever la rédaction de ma thèse de doctorat. Restent les corrections, bien sûr, mais je vois poindre la fin de mes études en lettres ! Et je me retourne parfois sur mon parcours d’étudiant. En ma qualité, dans ce domaine, de vieux singe qui connaît mille grimaces, je vais parler ici d’une évidence qui m’apparaît, maintenant plus que jamais, fondamentale : la lecture est une des clés de la réussite en lettres.

Lire est essentiel. Lire plus que ce qui est au programme est essentiel. Théorie ou œuvres, petit à petit il est important de se construire une expérience des livres. La littérature déborde forcément des cours. Consacrer ne serait-ce qu’une heure par jour à des lectures supplémentaires facilitera vos études littéraires. Il existe des liens secrets d’œuvre en œuvre, des liens objectifs, des liens subjectifs, et, étonnamment, Balzac éclaire Robbe-Grillet, Homère éclaire l’Abbé Prévost, Victor Hugo éclaire Gaston Miron, Shakespeare éclaire Sarah Kane, Georges Perros éclaire Patrice Desbiens… De même Jauss, Genette, Cohn, Hamburger, Angenot, Barthes, Todorov, pour citer ici pêle-mêle quelques théoriciens importants, éclaireront d’une lumière nouvelle vos lectures et votre compréhension des études littéraires.

Toutefois, avant toute chose, je vous recommande la lecture d’un livre qui m’a fait énormément de bien : je veux parler de Comment parler des livres que l’on a pas lus de Pierre Bayard, paru chez Minuit. Sous ce titre provocateur, Pierre Bayard aborde la question suivante : qu’est-ce qu’avoir lu un livre ? Est-ce avoir lu linéairement chacun des mots d’un livre du premier au dernier ? Est-ce s’en souvenir ? Est-ce être capable de le résumer ? L’auteur montre que, selon l’usage que l’on veut en faire, il existe de multiples façons de « lire » un livre. Vous pouvez, par exemple, ne jamais avoir lu Proust et avoir entendu parler en cours du passage de la madeleine et de la mémoire involontaire. Vous pouvez citer ce passage dans un de vos travaux au même titre que quelqu’un qui l’a lu, et, d’une certaine façon, pour ce qui est de citer ce passage, vous avez lu Proust…

Ne vous laissez jamais impressionner par la somme de lecture des autres : la lecture est trop complexe et trop belle pour obéir à cette logique comptable. Voilà en quelque sorte ce que nous dit Pierre Bayard !

Par ailleurs, au Québec, il existe une littérature débordante de vitalité. Que vous soyez à Chicoutimi ou ailleurs, il y a de la vie littéraire pas loin de vous… Saisissez cette occasion, n’hésitez pas à consacrer un peu de temps à un auteur contemporain que vous verrez évoluer, et avec qui vous pourrez échanger.

Voilà pour aujourd’hui !

Bises !

La belle Christiane

Photo ChristianePar Paul Kawczak, étudiant au Doctorat en lettres

Salut amies amis !

Aujourd’hui je voudrais parler de quelqu’un sans qui la vie de doctorant et plus généralement celle d’étudiant en lettres est impossible ! Je veux parler de la belle Christiane Perron, l’agente à la gestion du dossier étudiant du module des lettres qui ne s’offusque pas du joli nom de secrétaire.

Qui a rencontré Christiane n’oublie pas la personne, son humour pince-sans-rire et son intelligence triple vitesse. Christiane connaît bien l’UQAC puisqu’elle y travaille depuis 1988 ; bibliothèque, registraire, département des sciences de l’éducation… elle a officié dans de nombreux secteurs avant d’arriver aux études littéraires. Et c’est aux lettres qu’elle se sent le mieux !

Qu’y fait-elle au juste ? Un billet de blogue ne suffirait pas à détailler toutes ses tâches, disons qu’elle gère la vie administrative de l’étudiant, de sa pré-admission à sa post-diplomation. Et encore, si ce n’était que cela… Christiane s’occupe également de la revue de création du module, La Bonante : de A à Z, lancement du concours, réception des textes, correspondance avec les participants, organisation du gala de remise des prix… Du temps de la revue Protée, elle en assurait le service des abonnements et le suivi des collaborations. Hors des murs de l’UQAC, Christiane confesse un petit faible pour la mise en page… Alors, quelques heures de fins de semaine, quelques soirées, elle corrige et met en page des mémoires de maîtrise ! Il faut dire que Christiane est passionnée par la langue française; ses péchés mignons: les grilles de mots croisés sans cases noires, et vous vous en douterez, le Scrabble ! Cela veut-il dire qu’elle travaille tout le temps, penchée sur un texte, un dossier, un tableau, des cases à remplir ?… Une fourmi des lettres ? Oui, mais une fourmi-cigale ; Christiane aime recevoir famille et amis, sans oublier ses deux grands enfants et sa petite-fille ! Christiane avoue volontiers être maternelle dans l’âme. De son métier, Christiane dit préférer le contact avec les étudiants. Avec elle, ils sont entre de bonnes mains. Christiane est un des piliers du module des lettres. Sa plus grande fierté est la confiance qu’on lui accorde. Nous nous reposons toutes et tous sur elle un peu. Sans oublier les sucreries sur son bureau…

Ah Christiane ! Si ça ne tenait qu’à moi, le numéro anthologie de La Bonante lui serait dédié…

Il se trouve que les Lettres m’ont mis sur son chemin, comme peut-être vous aussi qui me lisez, mais je sais que des Christiane, l’UQAC en regorge, qui font un travail indispensable, avec talent et passion!

Étudier les Lettres

DSC_0185.image PaulPar Paul Kawczak, étudiant au Doctorat en lettres

Bonjour qui me lit !

Pour ce second billet de doctorant en lettres, j’ai envie de parler de ce que c’est pour moi d’étudier la littérature.

Pour commencer, il n’existe pas de définition de ce qu’est la littérature ! Il en existe plusieurs, chacune limitée, toutes complémentaires même si, parfois, contradictoires. Dîtes-vous qu’en physique quantique une particule n’acquiert ses propriétés qu’au moment de son observation. Une œuvre inconnue ou oubliée fait en quelque sorte de même, puis son statut évolue au fil des développements de la pensée critique. La bonne nouvelle, c’est que la littérature touche à l’indicible, à ce qui fait vibrer nos chairs et frémir nos peaux, à la pudeur que l’on réserve à nos proches. Tout ceci est le ciment invisible des Lettres. On ne se le dit pas, mais c’est précisément de ça que l’on parle.

Un autre point, c’est que nous sommes des lecteurs. Devenir lecteur prend du temps, je ne conseillerai jamais assez de lire, lire et lire encore. Ce n’est pas parce qu’une lecture relève du domaine de la critique universitaire – le nôtre – qu’elle se situe loin du cœur. Les idées ont leur vie, elles peuvent fonctionner comme des boîtes utiles dans lesquelles on range des choses bien plus étranges, des sentiments, des intuitions, des sensations. Goûter la démesure de Balzac, c’est savoir la place que prend sa théorie de l’énergie dans le contexte de la société post-révolutionnaire, mais c’est aussi goûter toute la force, la fébrilité et l’émotion des aspirations et des rêves de ses personnages. On ne peut être réceptif à toutes les idées et les sentiments de la littérature, certains nous touchent bien sûr plus que d’autres. Il faut toutefois prendre garde à ne pas se jeter à corps perdu dans le goût et le sentiment, une démarche universitaire devra toujours le contextualiser, le circonscrire, le problématiser. La sensibilité, en études littéraires, est l’équivalent de la combustion dans un moteur à explosion, elle ne sert à rien si elle n’est pas canalisée !

« Mais pour quel but ? À quoi tout cela sert-il ? » Nous demande-t-on souvent. La réponse est simple selon moi : pour comprendre l’être humain. Remarquez que personne ne dit à un étudiant en science politique « À quoi sert d’étudier la politique ? ». Toute société humaine implique une vie politique, il est essentiel pour bien agir d’étudier ce phénomène. Il en va de même pour la littérature : il n’existe aucune société sans littérature écrite ou orale. Il est essentiel pour agir collectivement au mieux d’étudier ce phénomène. En un mot : quelle est l’utilité d’un acte ou d’une chose pour qui ne se connaît pas ?

Ne pas oublier, donc, selon moi, que la littérature est vivante. Les grands noms, comme les petits, étaient, comme nous, jetés dans le monde, un peu perplexes. Les études littéraires ne visent ni à les défier ni à donner une cohérence a posteriori à leur œuvre et vie, mais à en comprendre la dynamique, les forces, les erreurs, les incertitudes… Ne pas oublier que la littérature, c’est aussi des éditeurs, des imprimeurs, des professeurs, des étudiants, etc…

Un jour un professeur nous a expliqué la différence entre une chose compliquée et une chose complexe : une chose compliquée est comme un nœud inextricable dont on démêle mal les différentes couches et intrications de fils, quelque chose que l’on saisit mal. Une chose complexe est complexe du fait qu’elle met en jeu plusieurs éléments organisés selon certaines relations. Toutefois chaque élément, et chaque relation sont identifiables et deviennent relativement simples pour celui qui prend le temps de comprendre. J’ai pensé depuis, qu’un bon étudiant devait être complexe, mais jamais compliqué.

Voilà pour aujourd’hui. Rien de ce que j’ai écrit là n’est particulièrement vrai ou particulièrement faux, à vous de voir !