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Des six brumes et plus encore – Un reportage sur la quarante-sixième édition du Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean

Par Sebastian Kluth, étudiant au Baccalauréat en enseignement au secondaire — profil univers social

Bonjour à  tous et à  toutes,

Cette semaine, j’aimerais vous parler de la quarante-sixième édition du Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui avait lieu entre le 30 septembre et le 3 octobre de cette année, qui désignait également la ville de Saguenay une des Capitales culturelles du Canada. Il y avait d’ailleurs en masse de culture enrichissante à  découvrir au Salon du livre. Le thème de cette édition était : «La clé de votre imaginaire» qui signifie selon le ministre Serge Simard une traduction parfaite «des possibilités pour chacun d’entre nous d’accéder à  ces univers créés par des auteur(e)s à  l’imagination fertile». Cette édition était une année de record avec plus de 20,000 visiteurs entre le jeudi et le dimanche. J’étais présent au Salon du livre lors de la journée où il y avait le plus de visiteurs, soit le samedi en après-midi.

Tous les genres littéraires étaient présents au Salon du livre, des bandes dessinées pour les enfants du maternel et des guides de voyages jusqu’aux dictionnaires historiques et les romans fantastiques. Les enfants s’amusaient à  rencontrer la mascotte Geronimo Stilton pour obtenir une dédicace, les adolescents visitaient un stand de dégustation de fromages et bières régionaux dans le centre d’achat à  côté du Holiday Inn d’Arvida où se déroulait le Salon du livre (en passant, je conseille chaleureusement les fromages «Oka» et «Boivin extra-fort» ainsi que toutes les bières de la brasserie «Unibroue»), les adultes assistaient aux tables rondes et discussions animées par des modérateurs de différentes stations de radio avec certains écrivains et les personnes âgées prenaient une pause bien méritée dans un petit salon à côté du Salon du livre pour prendre un café en paix. Des spectateurs timides et des intéressés qui voulaient poser des questions aux auteurs et représentants des différentes maisons d’édition aux gens déterminés qui arrivaient déjà  avec une grande liste d’achats précise le matin, toute une gamme de personnalités différentes s’y rencontraient et échangeaient. Malgré un grand nombre de visiteurs et quelques bouchons aux entrées, sorties et au centre de la salle d’exposition, il était encore possible de s’échanger personnellement et tranquillement avec certains auteurs et l’ambiance restait ainsi étonnement familiale et agréable. Presque toutes les couches de la société étaient présentes ce samedi après-midi et on peut ainsi constater que les Saguenéens et les Jeannois s’approprient davantage le Salon du livre qu’ils considèrent souvent comme « leur » Salon du livre. De plus en plus de gens s’identifient avec cet événement annuel.

Un événement spécial pour moi était la rencontre des auteurs et représentants de la petite maison d’édition « Les six brumes » basée à  la fois à  Drummondville et à  Sherbrooke et qui émerge de plus en plus. Les six brumes se réfèrent aux six genres de l’imaginaire : le fantasy, le fantastique, la science-fiction, l’horreur, le roman policier et le style inconnu qui reste à  vous de le découvrir. La maison d’édition est composée de bénévoles à  l’exception des auteurs déjà  publiés, et est exclusivement financée exclusivement par des fonds privés. D’ailleurs, dans un message sur leur site d’internet, la maison d’édition parle d’un événement enrichissant, chaleureux et accueillant au Saguenay-Lac-Saint-Jean et on y caractérise les Saguenéens et Jeannois comme des gens cultivés qui sont toujours à  l’écoute contrairement à  certaines expériences vécues durant les grands Salons du livre peu personnels dans les grandes villes.

J’ai notamment pu parler longtemps avec deux auteurs de cette maison d’édition, le jeune et sympathique Dominic Bellavance et le drôle Carl Rocheleau qui a aussi sa propre maison d’édition. Après une discussion longue et intense, je me suis acheté deux recueils de textes. Le premier s’appelle «L’aurore» et contient treize textes inédits touchant chaque catégorie des six brumes. Le deuxième est intitulé «Résonances» et présente dix-neuf histoires diversifiées en lien avec dix-huit municipalités de la MRC de Drummond. Certaines de ces histoires sont plutôt autobiographiques, d’autres historiques ou effrayants. L’auteur le plus connu ayant participé au projet est sans doute Patrick Senécal, écrivain de romans d’horreur et de suspense psychologique comme «Sur le seuil», «5150, Rue des Ormes» ou encore «Les sept jours du talion» qui ont tous été adaptés pour le cinéma récemment, que j’ai également pu rencontrer au Salon du livre et qui a signé sa partie dans ce recueil pour moi.  Un ami de moi, qui lit et achète généralement très peu et qui était visiblement fort impressionné et passionné par l’édition de cette année, a acheté le tout nouveau recueil de nouvelles fantastiques de la maison d’édition, intitulé «Morphoses» et écrit par Mathieu Fortin. Ce qui est intéressant par rapport à  ce livre est le fait que les histoires laissent la place à  des interprétations diverses et sont souvent métaphoriques. Ma petite amie a décidé d’acheter un roman de Dominic Bellavance, intitulé «Toi et moi, it’s complicated», un roman de style avant-garde intéressant qui présente l’histoire d’un adolescent qui ne se souvient pas trop du party de la nuit dernière et qui doit reconstituer les événements étonnants à  l’aide des informations et messages publiés par ses connaissances sur le «i-phone» et «facebook».

J’ai également pu rencontrer d’autres auteurs prometteurs comme Patrick Senécal dont je vous ai déjà  parlé, mais surtout François Lévesque qui écrit comme Patrick Senécal pour la maison d’édition «alire» qui est également bien connu pour ses romans de Jacques Côté («Nébulosité croissante en fin de journée») ou encore de Jean-Jacques Pelletier («La Faim de la Terre»).  Ses deux premiers romans noirs apparus à  cette maison d’édition ainsi que le troisième qui sortira d’ici peu de temps me semblent valoir une bonne lecture. Malheureusement, la plupart des visiteurs du Salon du livre se sont plus concentrés vers les maisons d’édition positionnées au centre de l’exposition et les auteurs plus connus et François Lévesque n’a pas été rencontré par beaucoup de visiteurs. Le même sort injuste a touché le jeune historien Jonquièrois Yves Dupéré qui présentait un tout autre genre au Salon du livre avec ses trois romans «Quand tombe le lys», «Les derniers insurgés» et «Un vent de révolte» qui touchent des événements différents dans l’histoire du Québec et présentent en même temps un univers authentique et des personnages crédibles et originaux. Même si ces deux derniers auteurs, qui n’étaient d’ailleurs que les deux exemples les plus intéressants selon moi parmi tant d’autres, ont été un peu négligés par les visiteurs, cela offrait l’occasion à  quelques individus intéressés de parler d’une manière familière et profonde avec eux sans être dérangé ou pressé.

Il serait quand-même souhaitable que les visiteurs ne viennent pas seulement en grand nombre au Salon du livre, mais qu’ils s’intéressent aussi davantage aux jeunes auteurs talentueux et moins connus qui passent souvent à  tort inaperçus et qui investissent beaucoup de temps et d’efforts personnels pour se présenter pendant plusieurs jours et de longues heures à  une grande foule bruyante. Personnellement, c’était la deuxième fois que je suis allé au Salon du livre et je voyais vraiment une amélioration cette année par rapport à  l’édition de l’année dernière, car la foule s’est plus concentrée sur les maisons d’édition et auteurs populaires, ce qui m’a permis de rencontrer les gens moins connus et de connaître de nouveaux livres et personnages fort intéressants. Cette édition était donc beaucoup plus intense et personnelle pour moi que celle de l’année dernière qui ressemblait vraiment plus à  une exposition ou un magasinage. Il est finalement certain que j’ai déjà  hâte d’aller à  la quarante-septième édition du Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean en 2011. J’espère que j’ai pu vous donner une idée de l’événement et je vous conseille d’y faire également un petit tour car il y a quelque chose d’intéressant à  découvrir pour tous les goûts.

Sur cela, je vous souhaite également une bonne semaine de rêlache!

Sebastian

L’histoire de l’odyssée d’un jeune Allemand qui rêvait de vivre au Saguenay

Par Sebastian Kluth, étudiant au Baccalauréat en enseignement au secondaire — profil univers social

Bonjour à  tous et à  toutes,

Comme vous venez sûrement de remarquer, il y a un nouveau blogueur sur ce site et j’aimerais profiter de mon premier petit article pour raconter une histoire bien intéressante : la mienne.

Je m’appelle Sebastian Kluth et je suis né dans la ville de Leverkusen dans l’ouest de la République fédérale d’Allemagne en 1989, juste un an avant la réunification du pays, qui était à  l’époque encore séparé. Leverkusen est une ville d’environ 160,000 habitants de nos jours, donc un petit peu plus grande que la Ville de Saguenay. Il s’agit d’une ville industrielle avec quelques quartiers ruraux plus verts, connue pour son usine «Bayer», une firme de chimie et de médicaments, qui développe notamment des produits pharmaceutiques pour le monde entier dont le plus connu est sans doute l’«Aspirine». Sinon, la ville est également beaucoup connue en Europe pour son équipe de soccer, le «TSV Bayer 04 Leverkusen» qui a gagné la Coupe UEFA en 1988 et qui a réussi d’atteindre la finale de la Ligue des champions de l’UEFA en 2002. Beaucoup de joueurs nationaux ont connu de grands succès dans cette équipe, notamment Michael Ballack, l’ancien capitaine de l’équipe nationale.

J’ai grandi dans un des quartiers plutàŽt naturels et tranquilles. Dès ma jeunesse, j’ai adoré voyager et je me suis mis à  apprendre des langues le plus vite possible. J’ai commencé à  apprendre le français à  partir de onze ans et au début de mon école secondaire, deux ans plus tard, j’ai choisi d’apprendre l’anglais. Un an plus tard le latin, un autre an après le russe et je continue à  apprendre d’autres langues encore aujourd’hui, comme l’innu-aimun que j’ai appris l’année dernière. Grâce à  des échanges scolaires, j’avais réussi de connaître des gens de la France, de l’Angleterre et de la Russie et lorsque j’ai eu le choix de partir pour une année complète à  l’étranger à  l’âge de seize ans, j’étais décidé que je voulais venir au Québec. Pourquoi le Québec? Premièrement, le français est ma langue préférée et sans aucun doute la langue dans laquelle je suis le plus avancé, à  part ma langue maternelle. Je voulais donc aller dans un pays ou une province francophone. Deuxièmement, je suis quelqu’un qui adore tout ce qui touche la nature comme les saisons, les animaux, le plein air et je savais que le Canada avait beaucoup de beaux paysages diversifiés. Troisièmement, j’avais fait de nombreux voyages en Europe, mais je n’avais jamais véritablement quitté le continent et ce projet de passer une année à  l’étranger me permettait de découvrir un autre continent, soit l’Amérique du Nord. Dès mon premier voyage scolaire en France quand j’avais douze ans, je disais déjà  à  mes parents que j’aimerais aller au Québec un jour et c’est quatre ans plus tard que j’ai réalisé ce rêve.

Les coordonateurs de cette année scolaire à  l’étranger m’avaient trouvé une famille bien gentille à  Shipshaw, au sein de la Ville du Saguenay, o๠j’ai vécu sur une ferme laitière pendant un an. Pendant mes trois premières semaines au Québec, j’ai suivi un programme pour les nouveaux arrivants au Cégep de Jonquière. J’y ai fait la connaissance de jeunes Allemands, Brésiliens, Mexicains et Japonais qui partageaient le même rêve que moi et qui sont parti aux quatre les quatre coins de la province après ces trois semaines, tandis que moi et mon frère d’accueil brésilien sommes restés au Saguenay. Durant ces trois semaines, qui étaient peut-être les plus enrichissantes de ma vie, j’ai appris les bases de la langue québécoise avec ses jurons (!), j’ai fait la connaissance de la musique québécoise et des artistes tels que Jean Leloup ou à‰ric Lapointe, j’ai visité des attractions touristiques telles que la vieille Pulperie à  Chicoutimi, le Cap Trinité, l’Odyssée des Bâtisseurs à  Alma, le parc d’aventure «D’Arbre en arbre» près de Saint-Félicien, le zoo de Saint-Félicien et plus encore. Je me suis fait beaucoup d’amis et j’ai déjà  commencé à  tomber en amour avec le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Après cet été génial, j’ai fait mon cinquième secondaire à  Polyvalente Jonquière. Je me suis impliqué au maximum dans les activités de l’école pour m’intégrer et connaître le plus de gens possible. J’ai participé à  la radio étudiante, j’ai fait du soccer, du badminton et du volleyball et j’avais également du succès dans mes études grâce à  une belle intégration de ma part, de bons enseignants compétents et des élèves et amis qui me soutenaient en tout temps. Durant l’année, je suis également tombé en amour avec une québécoise de la région et peu de gens croyaient que notre relation pourrait durer jusqu’au-delà  de mon année d’échange. En fait, la plupart des gens se sont trompés, j’ai invité cette fille en Allemagne après mon année scolaire et par la suite, on s’est vu durant les grandes vacances et aujourd’hui, je suis toujours avec elle et ce fera bientàŽt quatre ans.

J’avais donc accumulé un tas de belles expériences en 2006 et 2007 et quand je suis retourné en Allemagne pour finaliser mon parcours scolaire là -bas, je savais déjà  que je voulais retourner au Saguenay par la suite. Avec l’aide et le soutien de mes parents, j’ai commencé à  faire des démarches vraiment compliquées pour pouvoir me réaliser un autre rêve, celui de faire des études universitaires à  l’étranger. Je suis allé dans l’enseignement car j’y ai fait de très belles expériences et car j’avais depuis longtemps le rêve d’exercer ce métier un jour. Mais avant d’arriver à  Chicoutimi en été 2009, il fallait avoir tous les papiers, certificats et visa pour les ambassades canadiennes et québécoises, il fallait que je m’inscrive à  l’université, que je me trouve une place aux résidences, il fallait que je sois libéré de mon service militaire obligatoire en Allemagne et que je me sépare de ma famille et mes amis qui sont restés en Allemagne. J’ai pris de grands risques et ces démarches ont été une période très difficile dans ma vie. Et lors de mon arrivée au Québec en août 2009, un tas de problèmes m’attendait. Il y avait des difficultés avec mon inscription et mes assurances, on m’avait donné des fausses informations sur mes démarches d’immigration, un déménagement compliqué m’attendait, mes anciens amis n’étaient souvent plus disponibles pour moi ou avaient beaucoup changé et ça ne semblait plus finir.

Depuis cet été 2009, je me suis installé aux résidences, je me suis créé un nouveau chez moi, je suis dans mon troisième trimestre à  l’université et après deux ou trois années très difficiles (pendant lesquels j’étais des fois proche de tout abandonner et de désespérer), je suis particulièrement fier d’avoir réussi à  réaliser mon rêve et d’être au Saguenay. Je vois finalement les fruits de mes efforts. Je suis devenu beaucoup plus indépendant et mature et je me suis battu pour être ici et être en mesure d’écrire ces lignes aujourd’hui. Je me suis rendu aussi loin, parce que je le voulais vraiment. Le Québec et mon passage à  l’université, ce ne sont pas juste des étapes dans ma vie: pour moi, c’est comme le début d’une nouvelle vie. Je compte d’étudier ici, me marier ici, travailler ici, vieillir ici.

Et avec ma participation au sein des blogueurs de l’université, un nouveau chapitre intéressant commence également…