Archives pour la catégorie Chimie produits naturels

Pharmacognosie et produits naturels

Par Alexis St-Gelais, étudiant au Baccalauréat en chimie des produits naturels

Bonjour à  tous,

Veuillez excuser mon silence blogosphérique des dernières semaines. Pendant la relâche, mon ordinateur a décidé de me faire faux bond. Quant à  la semaine dernière, je l’ai passée en grande partie au LASEVE, en plus de mes nombreuses activités politiques extra-scolaires et d’un gros examen de pharmacognosie. Aujourd’hui, tel que promis, je me lance dans la présentation de ce cours fascinant mais exigeant.

La pharmacognosie est un domaine multidisciplinaire qui consiste à  connaître les plantes et les manières dont il est possible de les utiliser, spécialement d’un point de vue thérapeutique. Cette science recoupe la botanique, l’anatomie végétale, la phytochimie (chimie des plantes), la pharmacologie, la chimie analytique et instrumentale, la toxicologie et même un peu d’agronomie, si tant est que l’on désire cultiver une certaine plante en grande quantité pour produire un médicament. Elle englobe également toutes les techniques d’extraction, de caractérisation et de standardisation des plantes. Avec un programme pareil, il n’est pas étonnant d’apprendre que notre baccalauréat comprend deux cours théoriques et un cours de laboratoire de pharmacognosie

Un outil et une application concrète de la pharmacognosie est la pharmacopée. Il s’agit d’un livre encyclopédique regroupant des informations, indications, obligations et tests relativement à  l’utilisation principalement thérapeutique des plantes. Ces ouvrages ont force de loi: les pharmacopées nationales, là  où elles existent (celle du Canada est encore en cours d’élaboration pour les produits naturels, alors que les versions européennes sont parfois très anciennes), doivent servir de guides à  toute entreprise désirant offrir un produit pharmaceutique à  base de plantes. Elles indiquent quelle partie d’une plante donnée peut être utilisée, quelles propriétés il est possible de lui attribuer, la teneur minimale de diverses substances chimiques actives qu’elle doit contenir pour être considérée comme un médicament, le dosage, les contre-indications, des méthodes d’extraction et de traitement, etc.

Au Canada, les produits naturels sur les tablettes des pharmacies ne sont pas forcément soumises à  autant de règles. à€ l’aide de notre pharmacopée nationale encore incomplète, Santé Canada doit procéder à  l’homologation des produits naturels revendiquant des effets thérapeutiques.

L’organisme manque toutefois de moyens et de main-d’oeuvre devant le tsunami de nouveaux produits naturels mis sur le marché chaque année. Résultat: dès qu’une demande d’homologation est présentée, le produit peut être vendu… Bref, ce que vous acheté n’a peut-être même pas été testé. C’est l’une des raisons pour lesquelles le baccalauréat de Science des produits naturels a été mis sur pied: l’expertise dans ce domaine manque encore cruellement au Canada et au Québec.

Dans le cadre du premier cours de pharmacognosie, on passe en revue les grandes catégories de substances chimiques que l’on peut retrouver dans les plantes. Certaines vous sembleront sans doute familières, comme les sucres et glucides, les lipides et les vitamines, alors que d’autres, comme les saponines, les alcaloà¯des, les terpènes ou les coumarines, sont moins connues du public mais peuvent être tout aussi intéressantes. Pour chaque classe de composés, nous voyons des plantes qui en contiennent, leur nom latin, la partie utilisée pour la fabrication du médicament (cette partie est appelée drogue), le contenu chimique, les effets sur l’organisme et la toxicité, s’il y a lieu. C’est pour cela que le cours est assez dense: il contient beaucoup d’informations à  retenir.

Malgré le volume de matière, le cours de pharmacognosie est très apprécié des étudiants en Science des produits naturels. On commence avec ce cours à  plonger dans le vif du sujet de notre baccalauréat et à  entrevoir des applications concrètes de notre champ d’étude. C’est sans doute ce pourquoi bien des étudiants choisissent ensuite de réaliser leur projet de fin de baccalauréat en pharmacognosie, en travaillant sur des extraits de plantes!

Thérapeutiquement vôtres,

Alexis

Sortie aux champignons

Par Alexis St-Gelais, étudiant au Baccalauréat en chimie des produits naturels

Bonjour à  tous!

Jusqu’à  présent, le Baccalauréat en Science des produits naturels a été l’occasion de quelques sorties sur le terrain. Bien entendu, nous n’en faisons pas autant que les biologistes, mais rien ne vaut parfois l’observation directe des plantes pour mieux comprendre comment elles vivent et se développent.

Nous avions eu l’occasion, en anatomie et morphologie végétale (cours expliqué ici), d’aller nous promener au parc de la Rivière-du-Moulin, à  Chicoutimi, pour observer les arbres en compagnie de la professeure. Pour mon projet de fin de baccalauréat et mon herbier de botanique systématique, j’ai également passé plusieurs heures en forêt et ailleurs. La semaine dernière, dans le cadre du même cours, nous avons passé un après-midi à  découvrir davantage le monde moins bien connu des champignons.

C’est avec l’aide d’un mycologue amateur mais possédant néanmoins des connaissances impressionnantes que nous avons recueilli une tonne de champignons. La forêt mixte du Québec est, paraît-il, l’un des habitats les plus propices du monde au développement de ces Fungi. En effet, chaque espèce vit dans un habitat très spécifique: écorce d’une espèce d’arbre donnée, feuilles mortes, aiguilles de conifères tombées (à  raison d’un champignon par aiguille!), mousse spécifique… La présence de très nombreuses espèces d’arbres et d’habitats variés au sein de la forêt boréale offre donc à  une multitude de champignons différents de se développer dans nos boisés et champs.

Le monde des champignons est un peu déroutant pour qui ne s’y est jamais frotté. L’identification d’une espèce fait souvent appel à  l’odorat et… au goût. On est loin des pratiques ayant cours dans les laboratoires de chimie, o๠respirer et à  plus forte raison goûter une substance est formellement contre-indiqué! Attention: goûter ne signifie pas manger. On peut goûter (presque) tous les champignons, même toxiques, pour autant qu’on ne les avale pas. Le goût permet parfois de distinguer des espèces qui se ressemblent extérieurement.

Quant à  l’aràŽme, c’est tout aussi déroutant. De nombreux champignons possèdent une odeur familière, comme nous avons pu le constater. Cependant, en l’absence de l’objet normalement associé à  cette odeur, la plupart des gens (dont je suis) deviennent incapable de reconnaître des fumets pourtant familiers. Nous avons pu humer des champignons sentant l’érable, d’autres les patates crues, d’autres encore la farine humide. Un art qui semble bien difficile à  maîtriser…

Quant à  la question que bien des gens se posent: y a-t-il des champignons mortellement toxiques au Québec? Une espèce l’est effectivement: l’amanite vireuse. Si vous en consommez, vous aurez, après quelques heures, des symptàŽmes semblables à  ceux d’une gastro-entérite (il est déjà  trop tard pour réagir, puisque la toxine a pénétré le sang). Toutefois, le malaise passera. Ce n’est qu’après quelques jours que des douleurs au foie apparaissent, puisque l’organe est peu à  peu détruit. La mort survient au bout d’une dizaine de jours dans environ la moitié des cas. De ce que j’en comprends, la toxine empêche peu à  peu le corps de synthétiser des protéines! C’est donc une mort peu agréable et à  éviter. Le problème, c’est que l’amanite ressemble beaucoup aux agarics, des champignons pour leur part tout à  fait comestibles. Il faut rester sur ses gardes.

Pour le reste des champignons québécois, du moins dans ceux d’une taille suffisante pour être mangés en bonne quantité, rien n’est réputé être mortel à  la consommation. Mais bon, l’univers des champignons est encore méconnu: on pourrait toujours avoir de mauvaises surprises… Le tout demeure pourtant fascinant à  découvrir.

Mycologiquement vàŽtre,

Alexis

Projet de fin de bac 101

Par Alexis St-Gelais, étudiant au Baccalauréat en chimie des produits naturels

Bonjour à  tous,

Cela fait déjà  une fois ou deux que je fais référence à  un « projet de fin de baccalauréat » dans mes billets. Ce dernier, dont la nature est peut-être floue pour ceux qui ne s’y sont jamais frotté, est une composante importante du programme en Science des produits naturels (et, je suppose, de la plupart des programmes universitaires).

De mon càŽté, comme je vous l’ai déjà  dit, j’ai décidé de me lancer dans un projet de longue haleine dès cet été, en travaillant en dehors de mes cours et bien davantage que ce qui est normalement exigé. Rassurez-vous toutefois: nul besoin de vous lancer dans des recherches très imposantes pour réussir! Je fais quelque peu figure d’exception.

En temps normal, le projet de fin de baccalauréat se réalise au cours de la troisième année, à  la session d’automne, dans le cadre d’un cours nommé « Projet et séminaire I ». Anciennement, il était possible de choisir « Projet et séminaire II » lors de la dernière session d’hiver, mais celui-ci n’est plus officiellement listé dans les cours offerts. Je connais toutefois certains étudiants ayant tout de même réussi à  l’obtenir.

Le plus agréable, dans le cadre de ce cours, c’est qu’il est possible de travailler dans le domaine de son choix. Toutes les matières abordées dans le cadre du programe de Science des produits naturels sont accessibles. L’extraction sur des plantes et la synthèse chimique sont les plus populaires, mais la chimie analytique ou inorganique et bien d’autres encore peuvent tout aussi bien être sollicitées. C’est donc la chance, au cours du baccalauréat, de finalement travailler hors du cadre de laboratoires préparés par les professeurs pour se lancer dans quelque chose d’un peu plus gros.

Le cours « Projet et séminaire I » à  proprement parler constitue au total l’équivalent d’environ 2 semaines à  temps plein dans le laboratoire, à  raison d’une journée par semaine. L’étudiant est jumelé avec un professeur ou un chercheur du département en fonction de son choix de projet. Si on a déjà  une idée de ce sur quoi on veut travailler, il faut en discuter avec le responsable du cours. Dans le cas o๠aucun projet précis n’a été ciblé par un étudiant, le département sera en mesure de lui faire une série de propositions, le plus souvent en lien avec les recherches en cours.

Même si les étudiants qui, comme moi, décident de débuter le projet dès la deuxième année sont rares, rien ne nous empêche de consacrer davantage de temps que le seul cours à  notre projet! De plus, le cours « Projet et séminaire II » peut servir à  prolonger le travail, ou encore à  réaliser un autre projet, par exemple en essayant un autre domaine.

Bien sûr, puisque tous sont très curieux de savoir ce sur quoi les autres ont travaillé (et puisqu’il faut bien nous évaluer!), une courte présentation orale du projet devant les professeurs et étudiants, d’une durée d’environ 20 minutes, vient conclure ce travail, en plus du rapport écrit. L’an passé, les projets présentés étaient fort intéressants. J’ai hâte de voir ce que les finissants de cette année nous réservent!

Cent-unement vàŽtre,

Alexis