Tous les articles par Xavier St-Gelais

Je m’appelle Xavier St-Gelais et je suis étudiant en deuxième année au Baccalauréat en linguistique et langue française à l’UQAC. Ce programme me passionne et me fait apprendre une pléthore de choses nouvelles quotidiennement. Je suis chaque jour plus convaincu de mon choix et j’envisage déjà de poursuivre mon cheminement aux cycles supérieurs. La linguistique vaut vraiment la peine d’être découverte, et je me propose, à travers mes articles, de jeter la lumière sur cette science méconnue!

Démystifions la linguistique

Livre billesPar Xavier St-Gelais, étudiant au Baccalauréat en linguistique et langue française

Je suis un espion un peu spécial, pas comme les autres, parce que je me présente d’entrée de jeu : Xavier St-Gelais, étudiant en linguistique et langue française, à votre service! Je me joins avec plaisir à l’équipe de blogueurs étudiants de l’UQAC. Voici ce que je vous propose : vous serez mon MI6 et moi, votre James Bond. Je vous prêterai mes yeux et vous raconterai comment se passent les choses dans le monde « secret » de la linguistique. Mais d’abord, pour que vous sachiez à qui vous avez affaire, permettez-moi de vous donner un peu plus de détails sur mon parcours.

Je suis né à Chicoutimi il y a 20 ans dans une famille de musiciens. On m’a appris à aimer la musique classique très tôt : j’ai d’ailleurs commencé à jouer du cor français à 9 ans, ce qui est plutôt inhabituel. J’ai donc eu une formation musicale relativement tôt et j’ai développé une oreille acérée avec les années. Lorsque j’ai quitté le conservatoire, je me suis intéressé à d’autres instruments, surtout à l’harmonica. Pendant l’adolescence, c’étaient les Beatles et Supertramp qui faisaient vibrer ma corde musicale. C’est dans cette atmosphère un peu moins rigoureuse que j’ai essayé le piano, la guitare, le mélodica, la guimbarde, le djembé et la clarinette, sans pousser très avant mon apprentissage pour chacun d’entre eux. Avec des amis, j’ai cherché à mettre cette polyvalence à profit. Nous avons composé quelques chansons. L’une d’entre elles m’a même mené à participer au concours Cégeps en spectacle en 2011, alors que j’étais en première année d’un DEC en sciences humaines. Outre la musique, j’ai également beaucoup écrit, j’ai fait de la photographie pendant plusieurs années et je me suis adonné au graphisme. Sans qu’il soit extrêmement flamboyant, j’ai un côté artistique fort développé!

Des parents soucieux de nous offrir, à mon frère et à moi, des vacances enrichissantes chaque été ont su faire naître en moi un grand amour de la découverte. D’innombrables voyages dans les Maritimes, en Ontario et en Nouvelle-Angleterre, jumelés à l’anglais intensif en 6e année, m’ont rendu débrouillard dans la langue de Shakespeare. Avec le Programme d’étude internationale, j’ai aussi été initié à l’espagnol. Toutefois, je n’ai jamais éprouvé d’élan de passion particulier pour ces deux langues. J’aimais surtout découvrir de nouveaux mots en français et écrire des phrases toujours plus alambiquées. Ça a été mon style pendant la majorité du secondaire, jusqu’à ce que je me découvre un certain sens de l’humour, que j’ai tenté de combiner à mon penchant pour l’écriture en produisant quelques parodies et textes drôles que je publiais sur un blogue. Ce n’est donc pas ma première expérience en tant que blogueur!

Je ne me suis jamais réellement senti intéressé par les matières vues à l’école jusque vers 18 ans. J’ai alors été attiré par la sociologie. C’est d’ailleurs par l’entremise d’un cours dans ce domaine que j’ai rencontré une Italienne… dont je suis tombé amoureux et que j’ai rejointe quelques mois plus tard! Coup de foudre pour la personne et pour le pays. Je me suis mis à apprendre l’italien par moi-même avant d’organiser un séjour linguistique de 9 mois à Rome entre la fin de mon cégep et mon inscription à l’université. Cette année hors du Québec m’a permis de devenir bilingue et de me rendre compte de ma passion pour l’histoire des mots : l’italien étant très proche du français, j’ai vite constaté qu’une bonne part du lexique moderne de cette langue ressemblait à d’anciens mots français et vice-versa. Par exemple, l’adjectif usuel quietoqui signifie « tranquille », fait penser au français inquiet… formé sur l’ancien français quiet, qui a le même sens que quieto. Vous pensez aussi à l’anglais? Et vous avez raison! Le français a eu une énorme influence sur cette langue au cours de son histoire.

Je n’ai eu cesse de me poser des questions sur l’origine des différences entre ma langue et l’italien et je suis revenu de ce périple avec la ferme intention de m’inscrire dans un programme relié aux langues. J’ai hésité entre la traduction et la linguistique avant d’opter pour cette dernière, sentant qu’elle me permettrait de poursuivre en recherche.

On peut se demander ce qui m’a amené vers la linguistique. Ma grand-mère croit que mon grand-père, Belge d’origine et professeur au Cégep de Jonquière dès son ouverture, m’a transmis son amour de cette discipline. Quand j’étais enfant, il me parlait wallon et me poussait à apprendre toujours plus et à m’intéresser aux faits de langue. Il est vrai que c’est un domaine dans lequel ont étudié plusieurs membres de ma famille. Néanmoins, ce qui m’a réellement poussé vers le Baccalauréat en linguistique et langue française à l’UQAC, outre à la position avantageuse de l’université, c’est le désir d’explorer ma langue plus profondément et d’en découvrir les moindres rouages.

Le programme, qui m’a fait découvrir la phonétique, la lexicographie, l’étymologie et l’histoire du français, la linguistique différentielle et la sociolinguistique, m’a enchanté dès le début et continue de m’émerveiller. Ce que la linguistique se propose de faire, c’est l’analyse scientifique du langage. Croyez-moi : si vous choisissez ce programme, on vous demandera ce qu’on y apprend. Et la réponse n’est pas simple. Ce qui est sûr, c’est que l’objectif n’est pas l’apprentissage de plusieurs langues. C’est plutôt de chercher à expliquer les mécanismes qui sont à la base de la communication humaine. D’où vient le sens et comment le construit-on? Quels sons peut-on produire? Quels sont les liens de parenté entre les langues? Comment parlait-on le français au temps de Louis XIV? La formation offerte à l’UQAC se concentre sur la langue française, mais les notions apprises sont applicables à toute langue.

Cette longue parenthèse me ramène à mon propos initial : je veux être votre espion. Parce que peu de gens savent ce qu’est la linguistique et parce que c’est une science qui mérite d’être connue. Elle se subdivise en une foule de domaines extrêmement intéressants que j’ai le plaisir de découvrir petit à petit pendant mes études. Je pense donc qu’il est important qu’on la démystifie, qu’on la rende accessible. Elle a le désavantage de n’être enseignée ni au primaire, ni au secondaire, ni dans la plupart des programmes collégiaux. Néanmoins, son objet d’étude, soit la langue, que nous utilisons tous dans toutes nos activités, est fondamentalement intéressant.

J’espère donc, à travers mes articles, vous faire voir combien la linguistique a à offrir et vous rapporter mon expérience au sein d’un programme fantastique, à dimension humaine, dans lequel il est facile de s’épanouir.

Je vous dis donc à très bientôt pour une prochaine chronique sur ce blogue!

Xavier