Tous les articles par Paul Kawczak

Quand on me demande une biographie, je dis généralement que j’aime le saumon fumé et je m’arrête là. Mais cette fois-ci je vais essayer… Je suis né le 12 novembre 1986 – scorpion – à Besançon, au cœur du Vieux Continent. J’ai grandi, grandi, beaucoup rêvé, puis j’ai eu envie de faire des études. Elles m’ont conduit en Suède puis au Québec, à Chicoutimi où je vis toujours. J’y termine un doctorat en lettres, je travaille sur le roman d’aventures des années 1920-1930. Mes études s’achèvent et en y pensant bien, tout s’est bien passé. Pour l’anecdote, je suis rentré à l’université en m’inscrivant dans un programme de mathématiques-physique, j’en sors avec un doctorat en lettres ! C’est la vie et c’est pour le mieux ! En plus, je me suis mis à écrire…

Bouche et pensée

Bouche et pensée1Par Paul Kawczak, étudiant au Doctorat en lettres

J’abordais, dans un billet précédent, le sujet des colloques et des communications. Je traitais avant tout de la dimension scientifique des colloques. J’aimerais ici en évoquer la dimension humaine.

Il n’y a pas de recherche scientifique isolée. Toute activité de recherche s’inscrit au sein d’un effort collectif et d’une communauté, et chaque colloque est l’occasion de rencontrer les membres de cette communauté. Aussi, les moments des repas sont-ils presque aussi important que ceux des présentations et des discussions. Rarement les organisateurs d’un colloque omettent de prévoir un ou plusieurs dîner et soupers réunissant les participant-e-s. Le café et les viennoiseries constituent également des points essentiels d’un colloque réussi.

Les plaisirs de la chair, précisément mettent de la chair autour de l’os scientifique, aussi savoureux sa moelle soit-elle. Il n’y a pas d’intellect, aussi performant qu’il soit, qui soit insensible aux actes essentiels du boire et du manger. Nombreux sont les moments du corps que l’on garde tabous, notamment concernant les déchets et la sexualité. Mais l’alimentation est un acte social, et même l’acte corporel social par excellence. En mangeant ensemble, à l’occasion d’un colloque, les professionnels de l’intellect réaffirment leur corporalité et les joies de leur corps.

Aussi, me semble-t-il, ce n’est pas un hasard si certaines des discussions les plus intéressantes, certains des contacts les plus fermement établis lors d’un événement scientifique le sont autour d’une table. L’acte de manger, en réaffirmant l’existence et les joies du corps, réaffirme l’humain dans sa sociabilité première. Boissons et mets sont le terreau de la pensée !

Je terminerais en remarquant que, dans la vie d’un universitaire, les colloques sont les grands moment de la bouche. Bouche pour parler, bouche pour manger. La vie de l’esprit, de sa communauté, est scandée de ces moments de la bouche, le plus grand grand trou de notre corps, par lequel nous échangeons nos secrets à ceux du monde.

Diffuser ses travaux

ImaginairePar Paul Kawczak, étudiant au Doctorat en lettres

La rédaction d’une thèse de doctorat est l’aboutissement de plusieurs années de travail régulier. Le titre de docteur implique un parcours humain et intellectuel d’une certaine exigence : en sus d’une recherche inédite sur un sujet particulier, le travail doctoral comprend la diffusion d’une partie de des travaux de recherche, l’organisation d’événements scientifiques ou encore des charges d’enseignement. J’aimerais, dans ce billet, plus particulièrement parler de la diffusion des travaux de recherches.

Tout travail scientifique s’effectue au sein d’une communauté, et aucune recherche n’a de sens si elle n’est n’est partagée avec cette communauté. Ceci s’applique pour la recherche doctorale, et les années de troisième cycle constituent un moment privilégié pour véritablement entrer, travaux en main, dans le monde de la recherche. Un-e jeune doctorant-e ou docteur-e est souvent évalué-e à l’aune de son implication scientifique dans la communauté universitaire.

Il existe, pour un-e doctorant-e, deux manières principales de faire connaître ses travaux : la communication et l’article.

La communication a lieu lors d’un colloque. Un colloque est un événement organisé autour d’une question particulière et/ou d’un thème particulier pour lequel un appel est lancé à la communauté scientifique sollicitant sa contribution. Le colloque réunit ainsi, pour un ou quelques jour, divers spécialistes autour d’un sujet bien précis. La nourriture y est généralement bonne. Chaque participant y présente – le plus souvent sous la forme d’une lecture – une communication d’une vingtaine de minutes exposant certains aspects de ses travaux. Ceux-ci sont ensuite discutés. Assez souvent un colloque est suivi d’actes, réunissant à l’écrit, les différentes communications présentées. C’est ainsi l’occasion pour l’étudiant-e de publier et d’enrichir son C.V.

Pour ce qui est des lettres, on trouvera un grand nombre d’appels à communication sur le site fabula.org.

L’article scientifique n’est pas nécessairement précédé d’une communication, toutefois une communication peu, une fois publiée, être considérée comme un article. L’étudiant-e qui veut publier un article peut répondre à un appel à contributions – d’une revue ou d’un recueil à venir par exemple – ou soumettre de façon spontanée, une proposition d’article à une revue. Tout article scientifique, issue ou non d’une communication, doit être évalué par des pairs, qui pourront proposer des modifications ou des ajouts. En ce sens, publier un article est plus exigeant que présenter une communication orale. Toutefois, et contrairement à la communication orale, l’article n’implique pas de nourriture offerte.

Je reviendrai, dans un prochain billet, sur mes expériences de colloque.

Non au surmenage!

Phot blog Paul_déc15Par Paul Kawczak, étudiant au Doctorat en lettres

The Guardian a récemment publié un article – lui-même rédigé à la suite d’un billet sur un blogue du Guardian consacré aux études supérieures – sur la détresse psychologique dans le monde académique, notamment celle affectant les doctorants. D’une part, cet article attire l’attention sur le fait qu’un nombre important d’étudiants au doctorat – non seulement au Royaume-Uni mais dans le monde entier – sont sujets à un stress élevé pouvant, dans certains cas, gravement affecter la santé mentale. D’autre part, on y constate qu’il existe, dans le monde académique, une culture de l’acceptation du surmenage. Le texte souligne que cette augmentation des exigences d’efficacité et de productivité sans considération pour l’équilibre mental de la personne n’est pas propre au monde universitaire mais également à celui du travail dans les sociétés occidentales.

Je profite donc de ce blogue pour réaffirmer certains principes élémentaires concernant le statut d’étudiant au doctorat qui est le mien :

  • Un doctorat ou une doctorante est une personne humaine qui en tant que tel, fondamentalement et indéniablement, a besoin d’une vie familiale et sociale.
  • La nuit est faite pour dormir et les fins de semaines pour se reposer. Il n’y a pas de recherche doctorale qui, normalement financée, ne puisse s’accomplir en 35 heures par semaine. La formation de personnes diplômées a un coût dont  les retombées sont toutefois immenses. La question de la masse de travail à accomplir est une question de financement, non une question de productivité. C’est une question politique.
  • L’accessibilité à une aide psychologique efficace est aussi une question de financement, aussi, donc, une question politique.
  • La perfection n’existe pas. Il faut faire ce que l’on peut avec ce que l’on a.
  • On ne devrait ne jamais, jamais, avoir honte de ses faiblesses, ni garder sa détresse pour soi.

–  On est pas là pour se faire engueuler (Boris Vian)