Tous les articles par Janick Fortin

Je me présente, Janick Fortin, fille, étudiante en Baccalauréat avec majeur en conception de jeux-vidéo. Mon cheminement mental concernant mon choix de carrière fut assez… fourmilier. Dentiste, Architecte, Chiropractienne, Psychologue, Kinésiologue et puis maintenant Conceptrice de jeux-vidéo. Non, je ne les ai pas tous essayés. En fait, j’ai essayé kinésiologie 1 an, je n’ai pas aimé. Je me suis rendu compte qu’en fait, depuis que je suis jeune, je croyais être quelqu’un que je ne suis pas. Je suis certaine de ne pas être la seule à qui c’est arrivé. Ce n’est pas une étape très facile je vous avouerai. Mais pour faire une histoire courte, j’ai réussi. Je suis maintenant là où je veux être, ce que je fais m’inspire, j’en mange et je me sens bien. Si jamais tu es dans la même situation, essaie. Le meilleur professeur que tu peux avoir c’est toi-même, écoute-toi et ouvre tes yeux. La réponse tu l’as en toi… Oui, « so deep » mais ça reste vrai :).

Une fin de session légère

blog Janick Avril

C’est la fin de session ! Les vacances arrivent ! Ou pas… Cette fin de session ne signifie pas toujours la même chose pour tout le monde. En fait, ça dépend de notre cheminement… Pour certain, elle annonce un été à s’amuser avant le retour en cours, tandis que pour d’autres, c’est le commencement d’une autre vie. Je pourrais vous dire également à quel point c’est la folie furieuse ces temps-ci : les examens, les travaux, etc. Mais ce n’est pas le cas pour moi. Pour ma part, la fin de session est plutôt légère. Je retourne à l’école la session prochaine et j’ai de super plans pour l’été. Mes amis autour de moi sont tous finissants. Je les suis dans leur processus de recherche d’emploi dans le domaine. Je vous avouerai que je suis envieuse. J’ai tout de même fait le choix de retourner à l’école une session de plus… j’assume! Mais ça me donne le goût… D’autant plus que nous avons la chance d’avoir une multitude d’opportunités dans ce bac, qui nous fait vivre pleinement la réalisation d’un jeu. L’avant-goût était parfait, j’ai adoré. Et c’est de ça que je voulais vous parler.

Rappelez-vous : j’ai dit que ma fin de session était plutôt légère. Pourquoi je ne serais pas dans le « jus », moi ? En fait, j’ai été dans le « jus » toute la session. J’avais un cours, cette session-ci, qui était extrêmement chargé. Par contre, il s’est terminé il y a 3 semaines. C’est pourquoi la fin de session ne m’affecte pas. Ce cours était la participation au Concours Ubisoft 2015. En équipe de 8 (3 programmeurs et 5 artistes pour nous), nous devions réaliser un prototype pour Ubisoft. Les organisateurs du Concours ont désigné des contraintes et un thème, et nous devions faire un jeu avec ça en 10 semaines. Notre jeu : Dies Noctem. Je n’ai jamais autant travaillé. J’étais toujours à mon laboratoire. Mais vous savez quoi ? Il n’y a rien d’aussi trippant. Notre équipe était très motivée. On adorait tous notre jeu. Tu sais que tu es à la bonne place quand tu adores travailler autant. Je vous avouerai que la réponse des gens vis-à-vis notre jeu a beaucoup aidé à rendre l’expérience encore plus excitante. Nous devions tous aller présenter notre jeu chez Ubisoft. Tous les participants du concours étaient là pour présenter leurs créations, mais aussi pour jouer aux autres jeux et pour en discuter. L’ambiance était parfaite. C’est vraiment un moment spécial lorsque d’autres personnes que toi-même essaient ton jeu. Je n’ai jamais été aussi contente de regarder des gens s’amuser. Certains revenaient plusieurs fois pour rejouer. Parmi les participants, il y avait aussi des juges. Ils venaient jouer et analyser nos jeux. Il y avait 8 prix, donc 8 juges. La présentation s’est très bien déroulée. Aucun bogue majeur n’a fait surface. Les gens s’amusaient et les juges également. Nous avions hâte de savoir ce que les juges avaient pensé de notre jeu. Ils nous ont fait attendre 2 semaines pour la remise des prix… c’était BEAUCOUP TROP LONG !

Nous sommes retournés à Montréal pour assister à la cérémonie au théâtre Rialto. Wow… L’endroit était incroyable et le moment, encore plus : consommations gratuites, plein de gens importants qui se mêlent à vous, des hors-d’œuvre, de la musique et… la remise des prix. C’était un des moments les plus heureux de ma vie! Nous avons été nominés 6 fois sur 8 et avons gagné 2 prix, soit défi technique et prix spécial du jury. Tous nos efforts ont été récompensés. Ça valait grandement les longues heures de travail et les nuits blanches. Voilà pourquoi ma fin de session est légère. Ce cours est terminé depuis 3 semaines. Donc le « rush » de fin de session n’est même pas comparable à ce que j’ai vécu tout au long de la session. C’est du gâteau.

Toutes les expériences qu’on acquiert au cours de notre cheminement dans ce programme sont inoubliables. Je souhaite à tout le monde de vivre la même chose. C’est une gamme d’émotions extraordinaires. Saisissez toutes les occasions de réaliser un jeu qui s’offrent à vous. Plus tôt vous en ferez, plus tôt vous aurez la certitude d’être au bon endroit.

Bon, eh bien c’était mon dernier article pour cette session. Bon été 🙂

Janick

Pour plus d’informations sur notre jeu

Le Jam de la relâche

Le Jam de relâche photo

La mi-session, la semaine de lecture, la semaine de relâche…appelez-la comme vous voulez, pour moi c’est synonyme de semaine de fou! Cette semaine n’est pas de tout repos. En fait, pour combler le vide des cours en pause, nous avons plus de travaux et plus d’études. De plus, j’ai beaucoup plus d’heures au travail puisque, techniquement, je n’ai plus de cours. Cela dit, une chance qu’elle existe cette « pause » car c’est un bon moment pour rattraper ses retards.

Ne paniquez pas, cet article n’est pas que pour vanter les avantages et désavantages de la mi-session car je n’ai pas tant de choses à dire à ce sujet. Je vous parlerai en fait d’un événement spécial auquel j’ai participé, qui se déroule à l’université pendant la relâche et qui s’adresse à nous, étudiant(e)s en informatique ou jeux vidéo. Cette activité se nomme  « GameJam » ou plutôt « WonderJam », afin d’être fidèle à la tendance de cette session-ci. Cet événement consiste à concevoir un jeu vidéo en 48 heures. Les participants se regroupent en équipes de 4 à 6 personnes. Les équipes peuvent être formées de programmeurs et d’artistes (NAD) ou seulement de programmeurs.  Par contre, les artistes ne participent qu’à un seul «GameJam» sur deux durant l’année. Comme les artistes sont malheureusement peu nombreux, il arrive que certaines équipes ne comptent que des programmeurs, comme ce fut le cas pour mes équipes des  années passées… 🙁

Le déroulement

La première journée, les participants sont invités à s’installer : se trouver un espace, brancher les ordinateurs et s’assurer d’avoir tout le matériel nécessaire. L’endroit où se déroule l’événement dépend du «GameJam». Quand les artistes se déplacent au Saguenay, le «GameJam» se déroule à l’université. Autrement, on peut choisir notre endroit, ce qui donne lieu à différentes ambiances et expériences. Je parlerai dans cet article seulement de celui qui s’est déroulé ce mois-ci.

Après la préparation vient l’attente. L’attente du moment décisif : l’annonce des contraintes et du thème imposé. Je vous explique… Chacune des équipes obtient deux contraintes parmi  les choix suivants : tower defense, course, rythmique, romance, beat ‘em all, platformer, etc. Mon équipe et moi avons cette année reçu : beat ‘em all et course… À ce moment-là, c’est le néant. On croit toujours avoir obtenu les pires contraintes… Mais en fin de compte on s’en sort bien, vous verrez! Pour ce qui est du thème, il est général et toutes les équipes doivent le respecter. Cette année il s’intitulait : Plus de peur que de mal. Une fois l’annonce terminée, la création doit envahir les participants. Ils n’ont que 48 heures pour pondre un jeu… vous vous rappelez? Alors, pour ce qui est du concept, ils se doivent de l’imaginer assez rapidement. Pour ma part, la décision du concept constitue une étape cruciale. L’équipe qui se rendra jusqu’au bout de son idée, qui se doit d’être incroyable… gagnera probablement! C’est pourquoi, au cours des 4 derniers «GameJam»  où  j’ai participé, nous prenions cette décision autour d’un souper, afin d’avoir les idées claires.  Un petit truc : Ne pensez pas trop gros, minimalisez! Dans le processus de conception, c’est inévitable, il faut toujours couper… Si vous devez couper le principal plaisir de votre jeu, c’est la cata. Une fois le concept trouvé et clos, l’enfer peut donc commencer. Coder… Coder… Coder… Manger… Coder… Coder… Coder… Manger… Coder… Coder… Boisson… Dodo (facultatif).  Personnellement, je ne trouve pas que c’est une bonne décision de ne pas dormir… Quand je suis fatiguée, et je ne suis pas la seule, j’en suis sûre, ma logique n’existe plus… pire je deviens « contre-logique ». Alors, durant un événement comme cela, DORMEZ! Par contre, c’est toujours amusant, pour nous dormeur, de revenir le lendemain matin et de voir des gens qui ne se sont pas reposés, avec leur tronche de mort. Ensuite, à la dernière journée, dans le meilleur des cas, les participants ont un jeu jouable. Cette journée est consacrée au débogage ou au bogage … tout est possible. Effectivement, cette phase est cruciale… même décisive. Tous les membres de l’équipe doivent coder leur jeu, et rapidement. De nombreux bogues peuvent s’y glisser, et souvent ceux-ci sont très durs à repérer ou même à éliminer. C’est pourquoi je vous rappelle: DORMEZ. On se doit d’être très alerte cette dernière journée.

Enfin, les juges.  Oui… parce que nous sommes jugés bien sûr. Ceux-ci sont des membres de l’industrie, ils ont tous une place  importante quelque part dans une compagnie de jeu…Aucune pression, je sais. Les jeux sont donc présentés aux juges. Ils délibéreront ensuite afin de nommer 3 positions ainsi qu’un coup de cœur. Les prix ne sont pas toujours les mêmes, mais ça tourne autour d’argent, de tablettes, de jeux et plus encore.

Comme je l’ai mentionné plus tôt, j’ai participé au «WonderJam» cette année ainsi qu’à 3 autres «GameJam» les années précédentes. Je suis donc une habituée. Nous n’avons pas gagné cette session-ci, malheureusement, mais l’expérience qui en ressort est indescriptible. On apprend à pousser nos limites, à travailler en équipe, à s’entraider. De plus, les juges et d’autres personnes de l’industrie viennent nous encourager et même parfois nous aider, ce qui est très enrichissant. J’ai appris énormément pendant ces 4 «GameJam». On dit qu’on apprend de ses erreurs et, effectivement, c’est le cas. Je vous avouerai que la première fois, j’avais extrêmement peur. Je craignais d’être un boulet pour mon équipe, d’être incapable de faire quoi que ce soit. Vous savez quoi ? Nous avons gagné la deuxième place cette année-là… pas pire.  Évidemment, ce n’est pas un moment de repos, on ne dort pas beaucoup et on s’échauffe le crâne. Par contre, les résultats en valent la peine. La fierté est au rendez-vous, croyez-moi. Même si votre jeu est le plus pourri de la place, vous n’en sortirez pas plus ou pas moins satisfait que les gagnants.

 

Bien que ma mi-session ait été très éprouvante, elle a débuté sur une note amusante et enrichissante grâce à cet événement incroyable.  Je recommande à tout le monde ayant  l’opportunité de participer à cet évènement de ne pas hésiter à le faire. C’est une expérience à vivre au moins une fois dans une vie de programmeur (et même plus d’une fois, si vous en avez la chance). Je vais continuer à en faire toute ma vie… c’est certain.

 

Sur ce je vous donne le lien de mon jeu si vous voulez essayer, amusez-vous bien 🙂

https://www.dropbox.com/sh/ulzldaapicx03m2/AAAIu8ss_SJF2TqwfYyalcyPa?dl=0

Janick

 

Oui, je suis une fille.

Oui , je suis une fille photo

Lorsque je me présente pour la première fois à des gens et qu’ils me demandent mon domaine d’études, cela cause toujours beaucoup d’étonnement. Qu’est-ce qu’une fille trouve aux jeux vidéo? C’est comique, parce que je ne m’étais jamais questionné sur le sujet avant de me le faire demander.  Une chose est certaine : j’ai choisi d’aller dans un baccalauréat où la gent masculine est nettement prédominante. Si je n’ai pas faux, je suis la seule fille de mon année dans ce bac. Parfois, nous sommes appelés à suivre des cours d’informatique où je perds ma rareté. Je ne suis jamais vraiment seule. Certains me demanderont si les garçons que je côtoie chaque jour me traitent bien. Eh bien oui, car je suis des leurs. Je n’ai subi aucune discrimination. Pourtant, j’aurais pu, c’est possible, ça arrive souvent, partout et n’importe quand. Par contre, je m’en suis sauvée, l’ambiance du bac m’a sauvée. C’est difficile à expliquer, mais l’univers des « geeks », c’est un monde à part. Un monde que j’aime. On s’aime et on s’entraide. Il est important de mentionner que je me suis fait plein de bons amis tout au long de mon bac que j’espère garder toute ma vie.  Alors, si jamais vous craignez l’accueil qu’une fille reçoit dans un bac comme celui-ci, n’ayez pas peur : ils nous aiment 🙂 . On dit que la logique et les mathématiques, c’est la branche des hommes. Mais rien n’empêche qu’une fille puisse s’y distinguer! Alors, personnellement, quand je réussis mieux qu’un de mes amis, dans un devoir ou un examen, je suis encore beaucoup plus fière de moi, ah ah ah! Pour ce qui est de l’industrie, d’année en année on voit de plus en plus de femmes au sein des équipes de programmeurs. J’ai assisté à quelques conférences, en visitant le MIGS 2014, qui parlaient de l’importance d’accepter les minorités (femmes et autres ethnies) au sein de la conception de jeu afin d’y apporter différentes approches. Je crois donc qu’au niveau de l’industrie, la sensibilisation est amorcée; il n’y a donc aucun problème à être une femme, même qu’on en recherche.

Retour à la question du début : qu’est-ce qu’une fille trouve aux jeux vidéo? Pour ma part,  plein de choses. Ma passion pour les jeux vidéo remonte à mon enfance avec mon petit hérisson préféré, Sonic, et depuis, j’y suis accro. Si mes parents ne m’avaient pas arrêtée, j’aurais joué sans arrêt. C’était mon hobby, mon passe-temps. Le jeu vidéo était fait pour moi : c’était une  façon de soulager mon esprit d’enfant rêveur et de créer l’impossible. Ce que j’aime le plus des jeux est que nous sommes maîtres de la destinée d’un personnage. On peut s’attacher ou s’identifier à lui, suivre son histoire et même mettre notre créativité et notre imagination à l’œuvre (par exemple : Les Sims).  Tout cela me passionne, mais je ne croyais pas en faire une carrière. Jeune, tu crois que tout ce qui est aussi fascinant vient d’ailleurs. Je ne croyais pas avoir la possibilité de faire ça un jour ni même les connaissances pour le faire. Maintenant que c’est le cas, je n’ai jamais vécu quelque chose d’aussi gratifiant. Quand je regarde les résultats, j’ai souvent peine à croire que moi, j’ai réalisé ça. Être fière de ce qu’on réalise c’est un sentiment incomparable.

Vous voulez savoir qu’est-ce qu’une fille peut bien trouver aux jeux vidéo? Pour moi, c’est le mélange de fierté, de plaisir, d’imagination et de dépassement de soi. Le sexe ou bien les origines ne définissent pas ce qu’on devrait aimer ou faire…

 

Janick