Tous les articles par Alexis St-Gelais

Alexis St-Gelais mène une double vie: sciences naturelles de jour, activisme politique le soir. C’est sur le programme de Chimie des produits naturels, exclusif à  l’UQAC, qu’il a arrêté son choix, non sans quelque conviction régionaliste… Il nous dresse le portrait d’un domaine fascinant et méconnu, de la façon la plus accessible possible, tout en faisant le lien avec le contexte plus large de la vie quotidienne de l’étudiant impliqué.

Fin de session graduelle

Par Alexis St-Gelais, étudiant au Baccalauréat en chimie des produits naturels

Salutations, chers lecteurs!

Cette session-ci, j’ai la chance de pouvoir terminer mes cours de façon graduelle. C’est l’un des bons côtés d’avoir des cours de laboratoires: le plus souvent, on fait entre cinq et dix manipulations dans la session. En comptant que certaines durent plus d’une semaine et qu’il y a quelques cours d’introduction, on termine généralement avant la fin officielle des cours. Mon cours d’anatomie et morphologie végétale, également, se termine deux semaines à  l’avance. Il ne me reste donc que deux examens finaux la dernière semaine (chimie aromatique et chimie inorganique). Mais le travail ne manque tout de même pas!

Cette semaine, j’ai réalisé les dernières manipulations de chimie analytique. Ce cours, précédé à  la première session d’un cours théorique, s’intéresse à  la composition exacte de solutions ou de différents objets. Par exemple, nous avons déterminé la teneur en vitamine C de comprimés vendus en pharmacie, afin de vérifier si les prétentions du fabricant quant à  la quantité fournie dans chaque pilule étaient vraies. La chimie analytique est présente dans énormément d’industries produisant des biens de consommation, le domaine de la protection et de l’étude de l’environnement, ou encore la récolte de preuves dans certaines enquêtes, par exemple. C’est une science qui fait beaucoup appel à  la statistique et cherche à  atteindre une grande précision. Elle représente l’un des débouchés majeurs pour un emploi en chimie.

Dans un tout autre ordre d’idées, j’ai découvert cette semaine que le laboratoire LASEVE tenait lui aussi un blogue, que vous pouvez consulter au http://uqac-laboratoirelaseve.blogspot.com/p/accueil.html . Vous pourrez en apprendre beaucoup plus sur les travaux passionnants qui s’y déroulent en le visitant, si cela vous intéresse.

Vôtrement vôtre,

Alexis

Expo et bio!

Par Alexis St-Gelais, étudiant au Baccalauréat en chimie des produits naturels

Bonjour à  tous!

La fin de semaine dernière a eu lieu la finale régionale de l’Expo-Sciences Bell du Saguenay-Lac-St-Jean, où j’étais impliqué sur le comité organisant la période de jugement. Bien en dehors de mes fonctions, j’ai ressenti une certaine fierté en découvrant qui les juges avaient choisi comme grandes gagnantes: deux jeunes scientifiques en herbes du Séminaire de Chicoutimi, Gabrielle Fortin et Noëlle-Alexandra Morin, ont remporté les honneurs avec un projet qui s’est réalisé en collaboration avec un des mes professeurs, M. Jean Legault, qui est aussi chercheur au laboratoire LASEVE. Les résultats obtenus par cette équipe, relativement à  l’activité anticancéreuse de certains extraits végétaux, sont assez étonnants. J’ai hâte de voir où les prochaines étapes des Expo-Sciences les mèneront.

Après ces quelques jours d’activité bourdonnante, j’ai replongé dans mon monde académique. Au programme aujourd’hui: une présentation orale sur les plantes parasites en Anatomie et morphologie végétale, soit le cours de biologie végétale au programme de la 2e session en Science des produits naturels. Moi qui trouvais que nous avions beaucoup parlé de biologie humaine et animale au secondaire et au Cégep, j’ai été servi dans ce cours avec une pléthore de nouveautés toutes plus intéressantes les unes que les autres. Ce cours nous fait découvrir l’organisation cellulaire des plantes, les différents « organes » qui les composent, leur croissance, leur origine et leurs fonctions, en profondeur. Le cours est ponctué d’observations de lames au microscope et de dessins d’observation.

Quant à  la présentation sur les plantes parasites, il s’agit d’une sorte de travail de session où des équipes d’étudiants sont mises à  contribution dans la prestation du cours, en exposant certaines portions plus particulières de la matière à  partir de leurs recherches, comme les mécanismes de la chute des feuilles, le mutualisme des plantes avec des champignons et des bactéries, etc. J’aime particulièrement le sujet que mon équipe a reçu, car il nous a permis de découvrir des plantes étranges qui, de par leur nature parasitique, affichent une apparence qui sort de l’ordinaire. Je vous laisse sur cette photo d’une Hydnora africana qui, malgré son apparence, n’est pas carnivore! En fait, cette fleur sans tige ou feuilles dégage une odeur de pourriture qui attire de petits scarabées. Ils s’y introduisent par le côté et, pouvant difficilement sortir en raison des poils (la fleur est un peu vieille et trop ouverte sur la photo), passent beaucoup de temps à  tourner en rond dans la fleur, qu’ils pollinisent avant de pouvoir s’échapper. La nature est pleine de ressources!

Parasitiquement vôtre (mais pas trop quand même!),

Alexis

C’est dans la poche!

Par Alexis St-Gelais, étudiant au Baccalauréat en chimie des produits naturels

Pas plus tard que jeudi dernier, j’ai reçu la réponse tant attendue de l’UQAC au sujet de ma demande de bourse pour l’été: j’ai été accepté! Je pourrai donc travailler pendant 16 semaines complètes dans les laboratoires de recherche LASEVE, avec certains de mes professeurs.

Qu’est-ce que le labo LASEVE? L’acronyme signifie « Laboratoire d’analyse et de séparation des essences végétales ». Il s’agit véritablement de l’un des centres névralgiques du programme en science des produits naturels. C’est là  que l’on collecte de nombreuses plantes possédant un potentiel pharmaceutique, desquelles on extrait des cocktails de substances par diverses méthodes. On met ensuite différentes cultures biologiques (virus, bactéries, cellules cancéreuses, etc.) en présence de ces mélanges et on repère ceux o๠une activité intéressante thérapeutique a été observée.

Des extractions et des séparations successives permettent de réduire peu à  peu le nombre de molécules différentes présentes dans chaque mélange, de manière à  finir par obtenir celle(s) qui présente(nt) un intérêt pharmaceutique. On en étudie ensuite la structure et l’activité de manière plus spécifique et, dans certains cas, les façons de la rendre plus efficace ou de la synthétiser à  plus grande échelle.

Acide bétuliniquePar exemple, les chercheurs du labo ont beaucoup travaillé sur l’acide bétulinique, une substance possédant (entre autres) des propriétés anticancéreuses. On l’extrait de plusieurs plantes, dont le bouleau à  papier dans nos forêts. Ils ont cherché à  améliorer les voies de synthèse de ce produit à  partir d’autres molécules y ressemblant beaucoup, mais ne présentant pas exactement la même composition. De plus, l’acide bétulinique est relativement peu soluble dans l’eau, donc dans le sang, ce qui complique son utilisation. Les chercheurs d’ici ont étudié des manières de régler ce problème en y greffant un dérivé de sucre, ce qui permet de faire entrer le médicament dans le métabolisme et d’augmenter sa solubilité. Ces recherches sont prometteuses.

J’ai très hâte de pouvoir enfin voir ce que représente un emploi dans un laboratoire. J’adore mes cours pratiques, mais rien ne vaudra ce test pour vérifier si je suis bien à  ma place. C’est donc une excellente nouvelle pour moi!

Bétuliniquement vàŽtres,

Alexis