Tous les articles par Alexis St-Gelais

Alexis St-Gelais mène une double vie: sciences naturelles de jour, activisme politique le soir. C’est sur le programme de Chimie des produits naturels, exclusif à  l’UQAC, qu’il a arrêté son choix, non sans quelque conviction régionaliste… Il nous dresse le portrait d’un domaine fascinant et méconnu, de la façon la plus accessible possible, tout en faisant le lien avec le contexte plus large de la vie quotidienne de l’étudiant impliqué.

Produits naturels… et médias

Par Alexis St-Gelais, étudiant au Baccalauréat en chimie des produits naturels

Bonjour à  tous,

L’une des facettes intéressante de notre formation, en Chimie des produits naturels, est la relative médiatisation du sujet. Récemment encore, nous apprenions par Radio-Canada que Santé Canada reporterait une fois encore la date d’application ferme de sa réglementation en matière de produits naturels. C’est dommage, mais pas étonnant: l’organisme fédéral manque de moyens pour arriver à contrôler l’énorme masse de produits naturels de toutes sortes qui déferlent sur les étalages. Notre formation existe en partie pour y remédier.

Mais je m’égare. Chaque fois qu’il est question de produits naturels, on s’expose à  une certaine polémique. Les tenants de la fabrication artisanale des produits ou encore les sceptiques rejetant la médecine traditionnelle au profit de remèdes « doux » se font immanquablement entendre, et on se rend parfois compte que les gens manquent d’informations. Bref, notre rôle, comme futurs professionnels, n’est pas uniquement d’œuvrer dans les laboratoires: nous devons aussi contribuer à  mieux faire connaître notre domaine au public.

Dans cette optique, notre association a préparé, cette semaine, une lettre ouverte au journal Le Quotidien, que vous pourrez retrouver ici. De quoi alimenter le débat…

Il faut garder en tête un certains nombre d’éléments lorsqu’on parle de produits naturels. Les gens confondent souvent « naturel » et « inoffensif », ce qui est pourtant loin d’être le cas. Certains des médicaments les plus toxiques dans l’arsenal médical sont des produits tout à  fait naturels. C’est sans parler des effets secondaires, des synergies ou interactions avec des médicaments sur ordonnance ou encore des produits naturels qui n’ont aucun effet, comme la glucosamine. Comme toute autre substance ingérée par le corps, il est plus que normal que l’àétat et le corps scientifique établissent des normes garantissant la sécurité et la qualité des produits.

Il n’est pas rare d’entendre que l’industrie saurait se réguler par elle-même… J’invite néanmoins les sceptiques à  venir lire ce blogue et à  engager la discussion avec moi pour comprendre toute la pertinence de développer une expertise dans les produits naturels. C’est une question de sécurité publique. Et le monde naturel a encore beaucoup à  nous offrir!

Médiatiquement vôtre,

Alexis

 

ps: ceci aura été mon dernier texte. J’espère que l’aventure vous aura plu! Je poursuivrai de mon côté mes différents projets d’études de 1er cycle et sans doute aux cycles supérieurs à l’UQAC… Au plaisir!

Nouvelle année, nouvelle session, nouveaux défis!

Par Alexis St-Gelais, étudiant au Baccalauréat en chimie des produits naturels

Bonjour à  tous!

Rude fin pour la dernière session… C’est ce qui explique mon silence prolongé sur les pages de ce blogue. Je me promets de vous reparler plus tard es cours de laboratoire de chimie inorganique et de chimie instrumentale que je n’ai pas eu le temps de vous présenter avec les tourbillons de novembre et décembre.

La quatrième session du programme de Science des produits naturels est un peu la continuation de la troisième. La botanique est remplacée par un cours de Physiologie végétale, les cours de pharmacognosie se prolongent avec Pharmacognosie II et le cours d’Analyse structurale et spectroscopique est en quelque sorte la suite de chimie instrumentale. à€ cet égard, la deuxième année d’une programme est d’une remarquable continuité. Mon horaire se complète avec un cours optionnel, Mécanismes réactionnels, et un cours d’enrichissement pour lequel j’ai choisi Nations et nationalisme, un cours de sciences politiques. Je tenterai de vous donner un aperçu de l’ensemble au fil du temps.

En même temps, mon projet au laboratoire progresse. Je devrais pouvoir en arriver à  isoler une ou deux molécules pures au cours des prochaines semaines lorsque j’aurai trouvé comment surmonter une dernière petite difficulté de solubilité. J’ai hâte de pouvoir contempler la structure de ces substances. Je vais également présenter une nouvelle demande pour un stage au LASEVE cet été, afin de poursuivre ce projet à  fond.

Plus largement, le programme entreprendra une étape importante ce printemps. Puisqu’il est relativement neuf, il est nécessaire de procéder à  une évaluation globale du baccalauréat en Science des produits naturels. Les autorités de l’université ont entrepris des démarches à  cet effet et, comme représentant de notre association étudiante au Conseil de module des Sciences fondamentales, j’aurai peut-être l’occasion de participer à  la mise en place de l’évaluation. J’espère pouvoir contribuer à  améliorer le programme pour le rendre encore plus attrayant et complet à  l’avenir!

Pour le reste, n’oubliez pas: 2011 est l’année internationale de la chimie. Bonne année à  tous!

Continuellement vôtre,

Alexis

Des plantes vertes en plein novembre

Par Alexis St-Gelais, étudiant au Baccalauréat en chimie des produits naturels

Bonjour à  tous,

Alors que les premières traces de givre apparaissent le matin sur l’herbe, il ne reste plus grand chose de vert dans nos forêts et nos champs. Pourtant, j’ai encore la chance d’observer de la verdure, et d’assez près merci, chaque mercredi, en botanique systématique. Ce cours, qui occupe toute ma journée (à  l’exception d’une période avant l’heure du dîner), est divisé en deux parties: un cours théorique le matin et une période de travaux pratiques l’après-midi. Il s’agit d’un cours adressé aux biologistes, mais intégré à  notre formation en Science des produits naturels, au même titre qu’Anatomie et morphologie végétale (qui est un prérequis pour botanique).

Qu’est-ce que la botanique systématique? C’est l’étude des plantes, champignons et algues (plus quelques autres organismes) sous l’angle morphologique, reproducteur ou autre, et leur classification (espèces, familles, ordres, etc.). Dans le cadre du cours théorique, chaque groupe de plante est passé en revue et son cycle de reproduction est étudié. Aujourd’hui, par exemple, nous avons étudié les lycopodes, aussi appelés « courants verts », que vous pouvez observer dans nos forêts (voir photo).

Un exemple de lycopode

Personnellement, ma partie favorite est le cours pratique, qui dure tout l’après-midi. Je crois vous avoir déjà  fait part de mon devoir d’été, à  savoir de récolter toute une gamme de plantes en vue de constituer un herbier. L’aventure, bien que parfois éprouvante, a été agréable pour moi: j’ai un certain plaisir à  observer les plantes en forêts et la possibilité de pouvoir les identifier est gratifiante. Tout au long de la session, nous utilisons le classique livre du frère Marie-Victorin, la Flore laurentienne, pour trouver les espèces que nous avons récolté et constituer un herbier en bonne et due forme, contenant une trentaine de plantes de différents habitats.

Nos aptitudes d’identification seront également mises à  l’épreuve dans un test vers le début de décembre. S’il est facile d’identifier les conifères et les arbres, il en va autrement de certains types de plantes, comme les aubépines ou les fleurs des champs composées (tout ce qui ressemble à  des pissenlits ou des marguerites, par exemple). Des heures et des heures de plaisir! Tous n’apprécient pas autant que moi l’expérience, mais les plantes me fascinent et j’adore donc le mercredi après-midi.

Je vous laisse, j’ai des plantes à  ajouter à  mon herbier!

Lycopodiquement vàŽtre,

Alexis