Tous les articles par Ariane Néron Lapointe

Je me nomme Ariane Néron Lapointe et je suis étudiante en dernière année au Baccalauréat en science politique. Jusqu’à l’âge de 20 ans, entre l’histoire, la criminologie, la communication et la science politique mon cœur balançait. Depuis, je suis tombée follement amoureuse de tous ces moments dans la vie des hommes où les idéologies, les mouvements sociaux, les politiques publiques, les relations de pouvoir… forgent cette science politique qui est désormais mienne et qui, je l’espère, me permettra de susciter chez vous de l’intérêt.

Ce n’est qu’un aurevoir : l’éloge de la réussite

cenestquunaurevoirPar Ariane Néron Lapointe, étudiante au Baccalauréat en science politique

Dans ce dernier article pour le blogue UQAC, alors que je m’apprête à tirer ma révérence d’une des expériences les plus significatives de mon existence, c’est-à-dire mon baccalauréat en science politique, je me demandais quelle était la plus grande des réussites. Je suis de ceux pour qui la réussite est une valeur cardinale, mais pas cette réussite pour laquelle nos résultats scolaires et les offres qui en découlent fascinent. Loin de moi l’idée d’en faire une réussite illusoire, cependant, elle ne s’inscrit pas au-delà de l’histoire, cette histoire que nous les hommes en tant qu’hommes façonnons.

Durant ces trois dernières années, je demeure persuadée que ma plus grande réussite repose sur une leçon d’humilité qui m’a été enseignée tout au long de mon parcours universitaire : l’Être. Depuis 2011, j’ai rencontré des gens extraordinaires avec qui j’ai fait travaux, projets et voyages, mais surtout avec qui j’ai grandi. Outre mes camarades, ce sont mes professeurs qui ont fait de moi l’étudiante qui fera son dernier examen ce lundi. Remplis de convictions et de réflexions, mes professeurs m’ont amenée vers le dangereux chemin de l’introspection. Au-delà de l’expérience universitaire, ces professeurs, engagés et intègres, ont défini non pas ce que l’on doit être dans cette société, mais ce qu’il faut devenir. Ils n’ont pas formé une travailleuse, mais une citoyenne, une militante, une intellectuelle qui ne peut accepter le statu quo tel qu’il est, car pour les générations antérieures et les générations futures nous devons Être. Être est la plus belle des réussites et cela demande du courage. Malgré les adversités qui se dresseront sur mon chemin, la patience et la générosité de mes professeurs m’accompagneront et me donneront le courage nécessaire pour Être.

Merci.

Réflexion : se tenir debout

Par Ariane Néron Lapointe, étudiante au Baccalauréat en science politique

setenirdeboutSamedi dernier, j’ai eu la chance de participer, pour une seconde fois, aux Portes ouvertes de l’UQAC en tant que guide. Tout comme l’an dernier, j’ai été heureuse de constater le lot de jeunes étudiants passionnés du secondaire et du collégial qui ont le courage de leurs ambitions. J’ai particulièrement été touchée par un étudiant en travail social au collégial qui rêvait de devenir travailleur de rue, le tout en me spécifiant que le salaire lui importait peu. Devant une telle déclaration, je ne pouvais m’empêcher de sourire et de porter ma réflexion sur la lutte que nous devons entreprendre au sein de notre université.

Dans une société de plus en plus individualiste, la lutte et le débat sont devenus tabous; il suffit de regarder l’immobilisme social devant des enjeux tels que l’environnement, la santé ou encore l’éducation pour s’en rendre compte. À cet effet, depuis son entrée au pouvoir, le gouvernement du Québec fait de nombreuses compressions dans divers domaines et l’éducation n’y échappe pas. Cependant, notre université doit rester une université et c’est en ce sens que notre recteur a décrété qu’il avait atteint la saturation et ne pouvait plus effectuer de coupures à défaut de nous enlever nos professeurs (petite blague de circonstance). Mon but ici n’est pas de jeter le blâme sur mon institution scolaire, mais de poursuivre une réflexion en marche depuis les évènements de 2012. Entre une augmentation des droits de scolarité et un investissement massif de l’État dans l’éducation, les Québécois s’entre-déchirent, et ce, sans faire un véritable débat. Nous laissons donc l’institution universitaire s’effondrer, mais plus encore, nous forçons le système à mettre progressivement en branle une hausse des droits de scolarité. Personnellement, je crois qu’une hausse est porteuse d’un rapport de pouvoir spécifique : elle influence le choix du programme d’étude. En vue de l’endettement qu’elle génère, l’étudiant va faire un calcul coût-avantage où il va prioriser un domaine universitaire débouchant sur un métier concret, mais surtout qui apparaît rentable.

Si une jeunesse endettée est une jeunesse docile, il en sera de même pour nos universités qui, faute de financement, le deviendront en ne formant pas des citoyens, mais seulement des travailleurs. Évidemment, notre passage à l’université doit être un tremplin pour notre entrée dans le marché du travail, mais l’université doit aussi offrir un bagage culturel et intellectuel. Avec ce bagage, nous devons nous tenir debout devant l’adversité afin que nos universités et les étudiants qui les composent puissent être guidés par leur passion, car seule la passion doit orienter l’étudiant dans son cheminement scolaire.

Et après?

ArianePar Ariane Néron Lapointe, étudiante au Baccalauréat en science politique

Alors que l’automne amène son lot de défis – pluie, noirceur, vent, fraicheur –, cette ambiance se veut particulièrement propice à l’introspection. Entre les travaux et l’étude qui envahissent notre espace vital lors de la mi-session, octobre est le mois des grandes décisions pour ceux qui devront réorienter leur parcours scolaire, et ce, dès la session d’hiver. Je suis de ceux-là.
Jusqu’ici, je n’avais qu’à me préoccuper que de mon Baccalauréat en science politique, baccalauréat qui, avouons-le, avait été assez difficile à choisir vu l’inventaire des possibilités offertes. D’emblée, je connaissais les contingences de mon parcours scolaire en sachant très bien que mon avenir n’était pas déterminé d’avance, que la science politique ne m’autoriserait ni le titre de politicien, de diplomate ou encore de professeur. À mon baccalauréat, je savais qu’il y aurait un après. L’idylle s’achève donc et me voilà confrontée à cet après. Devant le grand jour du grand soir, je dois m’orienter vers ce que je veux devenir, ce que je veux être, car en science politique, dans les sciences humaines en général, c’est vouloir être, peut-être, quelque chose d’autre que ce notre époque nous dicte; c’est ce choix qui s’avère déterminant. Par conséquent, l’après m’obsède et me fait entrer dans une introspection sans fin qui oscille avec le tic tac du temps m’amenant à me poser un tas de questions. Dois-je faire une maitrise? Si oui, quelles seront mes perspectives? Voudrais-je devenir une militante active? Voudrais-je faire de la recherche? Dois-je seulement demeurer en science politique? J’ai pris beaucoup de temps à apprivoiser cette science politique et maintenant qu’elle ne m’offre plus la sécurité d’un baccalauréat, je dois, d’une certaine façon, la quitter. Et après? Qui me dit que je dois décider avant l’échafaud du 1er novembre. En octobre, les questions s’enchainent et ne trouvent pas de réponse définitive. Il y a peu, je présentais mon baccalauréat au Salon ZigZag, salon qui présente chaque année une panoplie d’opportunités scolaires – postsecondaires, collégiales ou universitaires – pour ceux qui, comme moi, doivent aussi faire un choix. C’est en regardant les jeunes de 17 ans que je me suis dit qu’il était un peu tôt pour faire un choix si essentiel; moi-même, à 23 ans, je suis encore bien jeune pour décider, dans ce monde si incertain, où je voudrais être dans 10 ans.
Et si l’on se donnait rendez-vous dans 10 ans?
Ariane