ÉTUDES LITTÉRAIRES

Rédaction, mon amour

Image Paul maiPar Paul Kawczak, étudiant au Doctorat en lettres

Rédaction, mon amour

Amies, amis ! L’été s’en vient et la vie universitaire est pour beaucoup mise en parenthèse, mais pas pour tous… Faites l’expérience de vous promener dans une bibliothèque universitaire au mois de juillet, vous y trouverez quelques âmes solitaires, quotidiennement attablées devant un ordinateur portable, une pile de livres à leur côté : ce sont des doctorants en rédaction… J’ai moi-même été de ce monde, rédigeant tant bien que mal, chapitre après chapitre, une thèse dont je n’apercevais pas toujours le bout et me répétant inlassablement ce mantra en guise d’encouragement : une bonne thèse est une thèse terminée…

J’ai moi-même été de ce monde, disais-je, accomplissant ce que j’ai pu. Or, si je suis loin d’avoir tout compris le processus de rédaction, que j’ai mené tant bien que mal, me débattant souvent dans les mers du doute et de l’incertitude – on admire la métaphore – il me semble que m’ayant maintenu à flot et rejoint le rivage de la correction – la métaphore se file –, j’ai retenu quelques leçons que je peux dispenser sous la forme de conseils aux matelots qui se jettent à l’eau…

Premièrement, éviter les métaphores douteuses du type de celles dans laquelle je viens de m’enliser… Plus sérieusement, le conseil le plus important que je donnerais à qui commence la rédaction de sa thèse – ou de son mémoire de maîtrise – est celui de la clarté. Ce n’est pas le style qui mènera votre projet à terme, mais le contenu, ne cherchez pas à faire de belles phrases, mais articulez des arguments. Pour ma part, je procède en dessinant pour chaque chapitre et paragraphe le schéma argumentatif qui le constitue, puis je traduis le schéma sous forme de phrases en privilégiant le fameux principe du less is more. Le schéma d’idée doit-être précis et détaillé au possible, les phrases ont pour but premier de le transmettre avec clarté. Cette simplicité est, selon moi, ce qu’il y a de plus difficile dans la rédaction, mais elle garantit la qualité et même l’élégance de votre rédaction.

Rappelez-vous, je faisais, dans un billet précédent, la distinction entre la complexité et la complication. Votre argumentaire doit être complexe, mais jamais compliqué. Toute idée dont vous ne maîtrisez pas clairement les tenants et aboutissants doit être repensée et clarifiée. De quoi je parle et pourquoi ? Reste la question maître. N’hésitez pas à classer et à schématiser : pour exemple j’ai l’habitude de dessiner des tableaux à entrées thématiques et poétiques résumant les livres sur lesquelles je travaille et dont je remplis les cases de courtes citations ; cela me permet d’évaluer rapidement la façon dont je peux intégrer le livre à un argumentaire.

Cinq heures par jour de rédaction, cinq jours par semaine est un bon rythme.

Pour le reste, faites-vous confiance, forgez et rappelez-vous que personne n’est parfait forgeron…

Et n’oubliez pas qu’il n’y a pas que la thèse dans la vie ! Surtout l’été !

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Paul Kawczak

Quand on me demande une biographie, je dis généralement que j'aime le saumon fumé et je m'arrête là. Mais cette fois-ci je vais essayer... Je suis né le 12 novembre 1986 – scorpion – à Besançon, au cœur du Vieux Continent. J'ai grandi, grandi, beaucoup rêvé, puis j'ai eu envie de faire des études. Elles m'ont conduit en Suède puis au Québec, à Chicoutimi où je vis toujours. J'y termine un doctorat en lettres, je travaille sur le roman d'aventures des années 1920-1930. Mes études s'achèvent et en y pensant bien, tout s'est bien passé. Pour l'anecdote, je suis rentré à l'université en m'inscrivant dans un programme de mathématiques-physique, j'en sors avec un doctorat en lettres ! C'est la vie et c'est pour le mieux ! En plus, je me suis mis à écrire...

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