ÉTUDES LITTÉRAIRES

Étudier les Lettres

DSC_0185.image PaulPar Paul Kawczak, étudiant au Doctorat en lettres

Bonjour qui me lit !

Pour ce second billet de doctorant en lettres, j’ai envie de parler de ce que c’est pour moi d’étudier la littérature.

Pour commencer, il n’existe pas de définition de ce qu’est la littérature ! Il en existe plusieurs, chacune limitée, toutes complémentaires même si, parfois, contradictoires. Dîtes-vous qu’en physique quantique une particule n’acquiert ses propriétés qu’au moment de son observation. Une œuvre inconnue ou oubliée fait en quelque sorte de même, puis son statut évolue au fil des développements de la pensée critique. La bonne nouvelle, c’est que la littérature touche à l’indicible, à ce qui fait vibrer nos chairs et frémir nos peaux, à la pudeur que l’on réserve à nos proches. Tout ceci est le ciment invisible des Lettres. On ne se le dit pas, mais c’est précisément de ça que l’on parle.

Un autre point, c’est que nous sommes des lecteurs. Devenir lecteur prend du temps, je ne conseillerai jamais assez de lire, lire et lire encore. Ce n’est pas parce qu’une lecture relève du domaine de la critique universitaire – le nôtre – qu’elle se situe loin du cœur. Les idées ont leur vie, elles peuvent fonctionner comme des boîtes utiles dans lesquelles on range des choses bien plus étranges, des sentiments, des intuitions, des sensations. Goûter la démesure de Balzac, c’est savoir la place que prend sa théorie de l’énergie dans le contexte de la société post-révolutionnaire, mais c’est aussi goûter toute la force, la fébrilité et l’émotion des aspirations et des rêves de ses personnages. On ne peut être réceptif à toutes les idées et les sentiments de la littérature, certains nous touchent bien sûr plus que d’autres. Il faut toutefois prendre garde à ne pas se jeter à corps perdu dans le goût et le sentiment, une démarche universitaire devra toujours le contextualiser, le circonscrire, le problématiser. La sensibilité, en études littéraires, est l’équivalent de la combustion dans un moteur à explosion, elle ne sert à rien si elle n’est pas canalisée !

« Mais pour quel but ? À quoi tout cela sert-il ? » Nous demande-t-on souvent. La réponse est simple selon moi : pour comprendre l’être humain. Remarquez que personne ne dit à un étudiant en science politique « À quoi sert d’étudier la politique ? ». Toute société humaine implique une vie politique, il est essentiel pour bien agir d’étudier ce phénomène. Il en va de même pour la littérature : il n’existe aucune société sans littérature écrite ou orale. Il est essentiel pour agir collectivement au mieux d’étudier ce phénomène. En un mot : quelle est l’utilité d’un acte ou d’une chose pour qui ne se connaît pas ?

Ne pas oublier, donc, selon moi, que la littérature est vivante. Les grands noms, comme les petits, étaient, comme nous, jetés dans le monde, un peu perplexes. Les études littéraires ne visent ni à les défier ni à donner une cohérence a posteriori à leur œuvre et vie, mais à en comprendre la dynamique, les forces, les erreurs, les incertitudes… Ne pas oublier que la littérature, c’est aussi des éditeurs, des imprimeurs, des professeurs, des étudiants, etc…

Un jour un professeur nous a expliqué la différence entre une chose compliquée et une chose complexe : une chose compliquée est comme un nœud inextricable dont on démêle mal les différentes couches et intrications de fils, quelque chose que l’on saisit mal. Une chose complexe est complexe du fait qu’elle met en jeu plusieurs éléments organisés selon certaines relations. Toutefois chaque élément, et chaque relation sont identifiables et deviennent relativement simples pour celui qui prend le temps de comprendre. J’ai pensé depuis, qu’un bon étudiant devait être complexe, mais jamais compliqué.

Voilà pour aujourd’hui. Rien de ce que j’ai écrit là n’est particulièrement vrai ou particulièrement faux, à vous de voir !

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Paul Kawczak

Quand on me demande une biographie, je dis généralement que j'aime le saumon fumé et je m'arrête là. Mais cette fois-ci je vais essayer... Je suis né le 12 novembre 1986 – scorpion – à Besançon, au cœur du Vieux Continent. J'ai grandi, grandi, beaucoup rêvé, puis j'ai eu envie de faire des études. Elles m'ont conduit en Suède puis au Québec, à Chicoutimi où je vis toujours. J'y termine un doctorat en lettres, je travaille sur le roman d'aventures des années 1920-1930. Mes études s'achèvent et en y pensant bien, tout s'est bien passé. Pour l'anecdote, je suis rentré à l'université en m'inscrivant dans un programme de mathématiques-physique, j'en sors avec un doctorat en lettres ! C'est la vie et c'est pour le mieux ! En plus, je me suis mis à écrire...

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