ÉTUDES LITTÉRAIRES

Retour aux sources

Livres Michel TremblayPar Jessica Lavoie, étudiante au Baccalauréat en études littéraires françaises

L’année dernière, un professeur m’a demandé quel livre a déclenché, chez moi, le désir de transformer ma passion pour la littérature en un véritable projet de vie. Lorsqu’on m’a posé cette question, j’étais à ma première année de bac et je ne m’étais jamais questionnée à ce sujet. Effectivement, j’avais commencé des études littéraires sans même me demander pourquoi. La littérature n’était pas, à mes yeux, un choix de carrière parmi tant d’autres, elle était mon futur, tout simplement. Et pourtant, lorsque j’y réfléchis, je prends conscience qu’il n’en a pas toujours été ainsi…

Mon futur s’est dessiné un matin lorsque j’étais en quatrième secondaire. À l’époque, j’aimais l’école, mais je ne savais pas à quoi me destiner. Je me cherchais désespérément. J’avais les cheveux rouges, je portais des Converses et des chandails de Nirvana, vous voyez un peu le genre? C’est alors que l’enseignante nous lut la nouvelle « 1er buveur : Le pendu  » tiré des Contes pour buveurs attardés (1966) de Michel Tremblay. À ce moment, je n’avais absolument aucune idée de qui était cet auteur. Ainsi, il ne pouvait que me surprendre. Je dois avouer que pour une surprise, c’en était une! Les premières phrases me captivèrent immédiatement : « Dans mon pays, quand quelqu’un tue son voisin, on le pend. C’est idiot mais c’est comme ça. C’est dans les lois ». La principale force de cette nouvelle fantastique assez glauque était qu’elle se distinguait de tout ce que j’avais lu auparavant. En quelques mots seulement, Tremblay avait réussi à piquer ma curiosité. C’est pourquoi Contes pour buveurs attardés a été l’un des premiers livres que je me suis empressée d’acheter et de dévorer.

Par la suite, je me suis intéressé au théâtre de Tremblay avec des pièces majeures comme Les belles-sœurs (1968) et À toi, pour toujours, ta Marie-Lou (1971). Peu après, j’ai lu le roman La grosse femme d’à côté est enceinte (1978). Je lis toujours  avec bonheur les textes de Tremblay, car ils emploient un langage franc et émouvant qui fait inévitablement sourire. Ce que j’admire aussi dans l’œuvre de cet auteur est la forte personnalité de ses personnages, qui sont principalement des femmes. On ne peut faire autrement que de s’attacher à ses divers personnages qui témoignent tous d’une histoire qui nous est commune, une histoire dont nous sommes les descendants. L’œuvre de Tremblay dresse un portrait unique et saisissant de la culture et de la réalité québécoise des années soixante à aujourd’hui.

Dorénavant, je suis en mesure d’affirmer que c’est à Michel Tremblay et à ses Contes pour buveurs attardés que je dois l’intérêt que je porte aujourd’hui à la littérature et aux études s’y rattachant.

 

Pour plus d’informations concernant Michel Tremblay, cette figure majeure de la culture québécoise, je vous invite fortement à visiter le site de Radio-Canada : http://biographie.radio-canada.ca/personnalites/michel-tremblay

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Jessica Lavoie

Je me nomme Jessica Lavoie et je suis étudiante à la Maîtrise en lettres à l'UQAC. Je suis également détentrice d'un Baccalauréat en études littéraires françaises. La littérature représente beaucoup pour moi, c’est pourquoi j’aimerais l’enseigner au collège ou à l’université. Je suis convaincue que la littérature peut apporter encore beaucoup à la société et c’est pour cette raison que je n’hésiterai jamais à prendre sa défense. Mes articles vous transporteront dans deux mondes absolument merveilleux : celui de la littérature et celui de l’enseignement. J’espère que vous apprécierez le voyage!

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