POLITIQUE

Réflexion : se tenir debout

Par Ariane Néron Lapointe, étudiante au Baccalauréat en science politique

setenirdeboutSamedi dernier, j’ai eu la chance de participer, pour une seconde fois, aux Portes ouvertes de l’UQAC en tant que guide. Tout comme l’an dernier, j’ai été heureuse de constater le lot de jeunes étudiants passionnés du secondaire et du collégial qui ont le courage de leurs ambitions. J’ai particulièrement été touchée par un étudiant en travail social au collégial qui rêvait de devenir travailleur de rue, le tout en me spécifiant que le salaire lui importait peu. Devant une telle déclaration, je ne pouvais m’empêcher de sourire et de porter ma réflexion sur la lutte que nous devons entreprendre au sein de notre université.

Dans une société de plus en plus individualiste, la lutte et le débat sont devenus tabous; il suffit de regarder l’immobilisme social devant des enjeux tels que l’environnement, la santé ou encore l’éducation pour s’en rendre compte. À cet effet, depuis son entrée au pouvoir, le gouvernement du Québec fait de nombreuses compressions dans divers domaines et l’éducation n’y échappe pas. Cependant, notre université doit rester une université et c’est en ce sens que notre recteur a décrété qu’il avait atteint la saturation et ne pouvait plus effectuer de coupures à défaut de nous enlever nos professeurs (petite blague de circonstance). Mon but ici n’est pas de jeter le blâme sur mon institution scolaire, mais de poursuivre une réflexion en marche depuis les évènements de 2012. Entre une augmentation des droits de scolarité et un investissement massif de l’État dans l’éducation, les Québécois s’entre-déchirent, et ce, sans faire un véritable débat. Nous laissons donc l’institution universitaire s’effondrer, mais plus encore, nous forçons le système à mettre progressivement en branle une hausse des droits de scolarité. Personnellement, je crois qu’une hausse est porteuse d’un rapport de pouvoir spécifique : elle influence le choix du programme d’étude. En vue de l’endettement qu’elle génère, l’étudiant va faire un calcul coût-avantage où il va prioriser un domaine universitaire débouchant sur un métier concret, mais surtout qui apparaît rentable.

Si une jeunesse endettée est une jeunesse docile, il en sera de même pour nos universités qui, faute de financement, le deviendront en ne formant pas des citoyens, mais seulement des travailleurs. Évidemment, notre passage à l’université doit être un tremplin pour notre entrée dans le marché du travail, mais l’université doit aussi offrir un bagage culturel et intellectuel. Avec ce bagage, nous devons nous tenir debout devant l’adversité afin que nos universités et les étudiants qui les composent puissent être guidés par leur passion, car seule la passion doit orienter l’étudiant dans son cheminement scolaire.

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Ariane Néron Lapointe

Je me nomme Ariane Néron Lapointe et je suis étudiante en dernière année au Baccalauréat en science politique. Jusqu’à l’âge de 20 ans, entre l’histoire, la criminologie, la communication et la science politique mon cœur balançait. Depuis, je suis tombée follement amoureuse de tous ces moments dans la vie des hommes où les idéologies, les mouvements sociaux, les politiques publiques, les relations de pouvoir... forgent cette science politique qui est désormais mienne et qui, je l’espère, me permettra de susciter chez vous de l’intérêt.

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