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Et si on décidait des règles ENSEMBLE ?

Par Suzie Tardif, étudiante au Baccalauréat en éducation préscolaire et enseignement au primaire

J’ai bien aimé les principes de base de la méthode d’intervention proactive présentée dans mon cours «Enseignement aux élèves ayant des problèmes émotifs et d’ordre comportemental». Brièvement, celle-ci est le reflet d’une gestion de classe établie par les élèves, dont le leader est l’enseignant.

Ce qui est important, entre autres, c’est de décider en groupe des règlements de la classe, mais également, des conséquences du non-respect de ceux-ci. Dans une classe dite démocratique, l’enseignant et les élèves devraient conjointement présenter leurs attentes dans la classe, en vue d’un accord commun (Glasser, 1996).  Le fait de coconstruire les règlements augmente le sentiment d’appartenance des élèves pour leur classe et il est difficile pour un enfant de réfuter une conséquence qu’il a préalablement établie…

«Plusieurs auteurs s’entendent pour dire que les règles de vie doivent traduire des comportements que l’on désire voir en classe et ses critères doivent être observables, mesurables et clairement déterminés pour éviter la confusion chez les élèves» (Massé, Desbiens et Lanaris, 2006).

Selon Trudeau, Desrochers et Tousignant, ces règles, au nombre de 5 (Glasser, 1996 et Caron, 1994), doivent se rapporter aux 5 domaines de vie en classe: tâche, respect de l’environnement, respect de l’autre, les procédures, respect de soi) devraient être connues, comprises, partagées, raisonnables et appliquées avec constance. Il importe également que les règles et leurs conséquences soient affichées dans la classe.

L’enfant doit donc comprendre quel est son manquement, pourquoi il reçoit une conséquence et quel est le comportement attendu par l’enseignant. De cette manière, il comprend davantage l’effet de ses comportements.

Cette méthode, bien qu’elle semble efficace, ne peut pas faire l’unanimité. L’enseignant qui décide de l’utiliser doit être à  l’aise  avec elle et doit l’utiliser dès le début de l’année scolaire.

Pour ceux qui sont animateurs dans des camps de vacances, sachez que cette méthode peut aussi être appropriée. Je me souviens  l’avoir utilisée lors de la Semaine de relâche des Débrouillards. Au début de la semaine, j’avais demandé aux enfants de cerner 5 règlements essentiels qu’ils désiraient voir respectés. Ceux qui ne respectaient pas ceux-ci perdaient les billets nécessaires au tirage du vendredi. J’ai été ravie de constater que les enfants avaient eu de bons comportements hebdomadaires.

L’été passé, mes collègues du Camp des débrouillards et moi, avions décidé d’établir quelques règlements estivaux (puisque les groupes changeaient toutes les semaines, il importait que ceux-ci soient le reflet d’une certaine régularité). Par contre, tous les lundis, nous demandions aux enfants de faire un consensus quant au règlement  »mystère ». Mes collègues pourraient confirmer que fort souvent, c’est ce règlement qui était le plus respecté.

à‰videmment, certains règlements proposés n’étaient pas très efficaces et c’est à  ce moment que l’idée de leader entrait en jeu. Les animateurs commentaient les idées des enfants en les appuyant quand elles étaient intéressantes et en les guidant vers d’autres pistes lorsqu’elles l’étaient un peu moins (ex: pouvoir jouer à  des jeux vidéos).

à€ la lumière de cet article, force est de constater que cette méthode d’intervention s’avère efficace lorsque les élèves sont impliqués dans le processus décisionnel (Feliziani, 2012). Par contre, pour qu’elle soit fonctionnelle, les enfants doivent participer à  toute la planification de la gestion de la classe, ce qui comprend également l’établissement des conséquences à  mettre en place lorsqu’un enfant ne respecte pas la règle qu’il aura choisie.

Références:

  • Caron, J. (1994). Quand revient septembre (vol.1). Montréal: Les éditions La Chenelière.

  • Feliziani, Maryse (2012). Notes de Cours «Enseignement aux élèves ayant des problèmes émotifs», Université du Québec à  Chicoutimi.

  • Glasser, W. (1996) L’école qualité: enseigner sans contrainte. Montréal: à‰ditions Logiques.

  • Les activités des Débrouillards: http://www.lesdebrouillards.qc.ca/

  • Massé, L., Desbiens, N. et Lanaris, C. (2006). Les troubles de comportement à  l’école: prévention, évaluation et intervention. Montréal: Gaà«tan Morin à‰diteur, La Chenelière à‰ducation, Montréal. 400 pages.

  • Trudeau, H., Desrochers, C., Tousignant, J.-L. et al. (1997). Et si un simple geste donnait des résultats
Guide d’intervention personnalisée auprès des élèves. Montréal , Québec : Chenelière/McGraw-Hill.
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Je me nomme Suzie Tardif et je suis étudiante à la Maîtrise en éducation. J'ai terminé, en 2013,  mon Baccalauréat en éducation préscolaire et en enseignement primaire à l'Université du Québec à  Chicoutimi. À travers mes articles, vous pourrez découvrir trois passions qui m'inspirent : l'éducation, l'orthophonie et les voyages. Bonne lecture !

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