ENS.SECONDAIRE

L’art théâtral automnal au Saguenay

Par Sebastian Kluth, étudiant au Baccalauréat en enseignement au secondaire — profil univers social

Dans les prochaines semaines et lors de mes prochaines contributions pour le blogue de l’UQAC, j’aimerais parler des différentes formes d’art et des expositions et présentations qu’on a pu et qu’on peut encore visiter au Saguenay cet automne. J’aimerais commencer cette petite série avec un bref rapport sur l’art théâtral du Saguenay.

Je m’intéresse au sujet de l’art théâtral depuis que j’ai lu des pièces des écrivains français Molière et Camus, de l’écrivain russo-ukrainien Gogol, des dramaturges suisses Frisch et Dürrenmatt, du fameux poète Shakespeare ou encore des écrivains allemands tels que Schiller, Goethe et Büchner dans mon école secondaire en Allemagne. Il y a quelques années, j’ai également suivi un cours de théâtre en Allemagne et notre classe avait monté la pièce satyrique hautement critique et très intéressante «Romulus le Grand» de Friedrich Dürrenmatt dans laquelle j’ai incarné le rôle de l’empereur byzantin Zénon.

Lorsque j’avais la chance de prendre enfin un cours supplémentaire cette session-ci, j’ai décidé de suivre non seulement un cours sur l’histoire du cinéma, mais aussi un cours sur les techniques de jeu théâtral attaché au département des arts de l’université. Dans le cadre de ce cours fort dynamique, j’ai découvert non seulement des techniques différentes telles que le jeu masqué ou l’improvisation, des techniques respiratoires intéressantes et de nouvelles sortes d’étirement et d’exercices vocales, des danses traditionnelles ou des formes d’expression différentes, mais aussi le théâtre québécois. J’ai essayé plusieurs pièces de théâtre québécoises comme «Les beaux dimanches» de Marcel Dubé, «Wouf Wouf» écrit par Yves Sauvageau ou encore «La trilogie des dragons» de Robert Lepage avant de tomber en amour avec la pièce satyrique «Citrouille» de Jean Barbeau dont j’ai interprété une petite séquence de scène. Actuellement, je travaille avec un collègue sur une présentation d’une scène de «Le Bourgeois gentilhomme», une pièce du théâtre français par le fameux Molière. D’ailleurs, cette scène et d’autres scènes tirées d’autres pièces de théâtre diversifiées seront présentées au Pavillon des Arts pour le 13 décembre 2011 à  partir de 10 heures du matin. Il vaut vraiment la peine de faire un tour, c’est divertissant, engagé et même gratuit.

Dans le cadre de ce cours, j’ai pu voir deux pièces de théâtre dans la région. La première se déroulait au mois d’octobre. C’était «La robe de Gulnara», présentée au Centre culturel du Mont Jacob à  Jonquière par le Théâtre de la Rubrique. Cette coopération du Théâtre I.N.K., de la Compagnie dramatique du Québec et du Théâtre de la Bordée a su surprendre avec un scénario jouant dans la zone frontalière entre l’Arménie et l’Aserbaïdjan mettant en scène l’histoire tragique d’une jeune fille faisant partie d’un groupe de dix milles réfugiés d’un peuple minoritaire vivant dans des vieux wagons. Cette jeune fille avait par erreur tâché la robe de mariage de sa grande soe“ur quelques jours avant son mariage et s’est mise à  chercher à  nettoyer la robe ou la remplacer lors d’une véritable odyssée aux fonds de l’âme humaine. Cette interprétation de la pièce écrite par la Gaspésienne Isabelle Hubert était jouée avec beaucoup d’émotions pendant près de soixante-quinze minutes et il n’y avait pas peu de personnes qui avaient les larmes aux yeux à  la fin de la présentation. Il était remarquable à  quel point les acteurs adultes ont su jouer les rôles de la jeune fille Mika et son ami Mubaris avec beaucoup de réalisme et crédibilité. Les décors, les sons et aussi le jeu de lumière étaient détaillés et précieusement choisis.

Ensuite, j’ai pu assister au mois de novembre à  la pièce «L’Hôtel du libre échange» qui était présentée directement à  l’UQAC dans le Petit Théâtre du Pavillon des Arts par le Théâtre Les Têtes Heureuses dont mon professeur Christian Ouellet faisait partie. Il s’agit d’une pièce vaudevilliste en trois actes par le français Georges Feydeau qui met en scène une histoire loufoque dans laquelle un homme marié à  un vrai dragon désire la jeune femme de son assistant et veut profiter d’une belle nuit romantique dans un hôtel borgne et chaotique. Au lieu de cela, les deux amants rencontrent une panoplie de caractères qu’ils connaissent beaucoup mieux qu’ils aimeraient et ne cessent pas de mettre les pieds dans le plat durant une vraie odyssée d’événements ridicules. La nuit tourne en désastre complet et les deux infidèles risquent de tout perdre, mais toutes les cartes ne sont pas jouées lorsque quelques surprises les attendent au lendemain. Cette pièce dynamique de deux heures et quart avec entracte a su impressionner avec un jeu courageux des comédiens incluant des scènes de caresses entre le désir et la folie durant lesquelles les comédiens ne se gênaient pas de se toucher et même de se déshabiller partiellement. Mais ce n’étaient point pas ces scènes tendues d’érotisation qui marquaient le plus, mais le travail détaillé des différents caractères, l’un plus antipathique que l’autre. Mis en scène par Rodrigue Villeneuve, la pièce se concentrait sur l’histoire originale intemporelle qui n’avait rien perdu de son charme. La pièce n’était soutenue que par quelques décors simplistes, mais efficaces, des accessoires et costumes élégants, mais assez courants pour ne pas être trop traditionnels, quelques bouts de chansons françaises et de musique classique bien connues ainsi que quelques bruits enregistrés ainsi qu’un jeu de lumières efficace délimitant les champs d’action autant que l’atmosphère de la pièce d’une manière géniale. Notons que plusieurs éléments visuels et oraux signaleurs pour  les différents personnages comme le bégaiement, le lâchement d’un lacet ou l’emploi d’un vilebrequin ajoutaient de temps en temps une petite touche slapstick, dérivée de la commedia dell’arte à  la pièce en créant des situations comiques exagérées.

Bref, ce cours de techniques de jeu théâtral a su réanimer et renforcer en moi ma passion pour le théâtre et je vais tenter de suivre de plus près les nombreuses pièces de théâtres à  découvrir dans la région. Je vous conseille de vous renseigner sur les différentes activités qui se déroulent à  proximité dans le Pavillon des Arts de notre université en espérant de vous y croiser un moment donné.

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Je suis né le 21 août 1989 à  Leverkusen, en Allemagne, une petite ville industrielle sur le Rhin entre Cologne et Dusseldorf en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. L'entreprise Bayer qui produit entre autres de l'Aspirin ainsi que l'équipe de soccer Bayer 04 Leverkusen viennent de ma ville natale. Depuis ma jeunesse, je m'intéresse énormément aux langues et cultures étrangères. J'ai appris le français, l'anglais, le latin, le russe, l'innu-aimun, le japonais et le mandarin à part de ma langue maternelle qui est l'allemand et j'ai pu visiter beaucoup de pays lors d'échanges scolaires. Depuis l'automne 2009, je poursuis un Baccalauréat en enseignement secondaire avec le profil univers social qui m'offre une panoplie de cours différents de plusieurs domaines comme l'enseignement, la pédagogie, la philosophie, l'histoire, la géographie, l'économie et les sciences politiques. En dehors de mes études, je travaille comme portier et bossboy pour le MAGE-UQAC au BarUQAC et comme professeur d'anglais pour le Centre de Langues Sagamie avec des employés de CGI. J'écris également régulièrement pour le Griffonnier, le journal des étudiants de l'UQAC et j'ai ma propre émission de radio à  la CEUC Radio qui s'appelle "à” Canada". Pour d'autres informations, venez faire un tour sur mon blogue: http://kluseba.eklablog.com

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